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09/01/2014

Non, méfiez-vous, ce ne sont pas les "charges" qu'ils veulent baisser, mais les salaires

politique,economie,salaire,cotisation,charges,conférence gestculée

Pendant que Dieudonné, Valls et les autres cons amusent la galerie et font diversion à coup de quenelles et de décisions politico/judiciaires mal ficelées et inefficaces, la propagande anti cotisations sociales continue plus que jamais de battre son plein dans les médias et sans doute dans les arrières-boutiques de notre république vermoulue (cf le Sénat protecteur de #Dassault).

D'exigences répétées depuis plus de 30 ans par le Medef au "choc de compétitivité" et au pacte de "responsabilité" promis par notre président PS social-libéral enfin sorti du placard (non, il n'a pas changé, il a juste avoué), réduire les "charges sociales" semblent être, selon la petite musique lancinante de la propagande au quotidien de la LQR, la panacée pour retrouver la compétitivité des entreprises d'aujourd'hui (et des emplois de demain parait-il*). 

Certains pourraient y croire, et surtout croire que cela leur donnera de meilleurs salaire, plus de pouvoir d'achat une vie meilleure et du boulot.

Mais c'est là une grosse erreur. La première étant d'ailleurs de parler de charges (un poids), la où il s'agit de cotisations (un flux).

Il ne s'agit pas de charges dont on parle dans un salaire, mais de cotisations.

Le salaire TOTAL, c'est salaire net + cotisations salarié + cotisation employeur.

La TOTALITÉ.

Dans un monde libéral pur et parfait qui voudrait se libérer de toute forme de "collectivisme" (comme je l'entends parfois à ce sujet), le patron devrait vous donner TOUT votre salaire total et à vous de vous démerder pour vous assurer (pour la santé, contre le chômage, pour votre retraite, etc.) auprès d'organisme par vous choisis (en théorie).

On voit bien comme ça, que les cotisations sociales ne sont QUE du salaire différé, pour le cas où on serait malade, au chômage ou à la retraite. Avec un soupçon (+ ou - gros) de redistribution des salaires les plus élevés vers ceux les moins élevés.

Voilà, en gros.

Alors baisser les "charges" c'est quoi POUR EUX ?

C'est avant tout supprimer les cotisations patronales et les remplacer par ?

...

rien !

ou par un truc qui disparaitra bien vite. Car tellement mal foutu que beaucoup voudront sa disparition.

Tout ça est particulièrement bien expliqué dans la video suivante

"Savoir lire la fiche de paye"


 

Un excellent extrait d'une excellente conférence gesticulée de la SCOP LE PAVE que j'ai découvertes au printemps. Elles sont toutes passionnantes, faites circuler, et faites les bosser.

Voir là : http://www.scoplepave.org/conferences-gesticulees **

Je vous fais aussi remarquer qu'on n'entend jamais le MEDEF et ses amis mettre en cause les taux de rendement du capital (ROE à 15 ou 20% par an !) alors que les taux d'emprunt sont historiquement bas ainsi que l'inflation.

Bien.

Je vous laisse réfléchir là-dessus (comme dit Gustave Parking).

Arf !

Zgur_

 

 

* mais aujourd'hui étant le demain d'hier, je ne vous pas venir les emplois du demain de la compétitivité retrouvée d'hier

** A voir aussi : l'explication sur les réformes des retraites par les mêmes.

28/08/2013

Pourquoi nous sommes mal payés

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Voici un premier extrait d'un livre que j'ai lu cet été et dont je vous reparlerai très prochainement :

    "..., l'idée que l'on doit mériter son salaire par l'effort n'imprègne pas d'emblée le tissu social. Les ouvriers eux-mêmes ne sont pas motivés par l'idée de "mériter" leur salaire. Comme le raconte André Gorz dans Les métamorphoses du travail*, le travailleur des premières manufactures n'a pas l'objectif de "travailler plus pour gagner plus", autrement dit de mériter son salaire par l'effort. Si on le paye davantage, il travaille moins : il travaille le temps qui lui est nécessaire pour vivre. D'où la stratégie des premiers capitalistes : payer les ouvriers une misère, afin qu'ils soient obligés de travailler pour vivre.

    Dans tous les cas, si les "libéraux" de l'époque des lumières attendaient l'avènement d'un  peuple de travailleurs indépendants, ce qui s'impose est bien plutôt la réalité d'un misérable prolétariat, littéralement condamné à la survie. Caractérisant le libéralisme économico-politique, l'idéal révolutionnaire du travailleur, sujet de droit, possédant sa force de travail, laisse place à l'idéal libéral (au sens d'un libéralisme cette fois purement économique) du travailleur comme "objet" dans le processus de production : un travailleur qu'il s'agit de bien gérer, de manière à assurer une productivité maximale. Le capitalisme transforme la "liberté de travailler" en une nouvelle forme d'esclavage, vidant de sont sens le "mérite" des textes et idéaux révolutionnaires."

Angélique Del Rey, "La tyrannie de l'évaluation",
ed. La Découverte, Paris 2013, pp 17-18

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Cet extrait n'est pas représentatif du contenu du livre d'Angélique Del Rey (non, rien à voir avec Lana ! ;0) mais si je savais déjà que "Travailler plus pour gagner plus" était une escroquerie (sarkozyste)**, j'ai appris qu'elle vient de loin.

Je reviendrai très vite sur le contenu de ce bouquin passionnant, qui explique et démystifie quelques croyances simplistes de nos sociétés du "mérite", et des classements et évaluations qui les sous-tendent soi-disant de façon "objective".

Ça cogne.

Dur.

Arf !

Zgur_

 

 

* André Gorz, Les Métamorphoses du travail, Gallimard, 2010

 

** Les gens les plus riches ne tirent pas de leur travail  la plus grande partie de leurs revenus , n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas, demandez donc à Mme Bettencourt qui n'a jamais travaillé. CQFD

 

 

 

 

 
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