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11/11/2011

A la onzième heure du onzième jour du onzième mois de la onzième année ...

 Rememberance-day.jpg

Encore un onze novembre.

Mais cette année c'est celui qui se cale sur le triple 11.

Le 11.11.11.

Mais à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de la 18ème année du XXeme siècle, l'armistice de la plus grande boucherie humaine alors pertpétrée s'achevait sur presque tous les fronts (pas aux Balkans, par exemple).

Et depuis, c'est un jour de souvenir.

Souvenir représenté par le coquelicot dans les pays anglo-saxons.

A cause du poème 'In Flanders Fields" (trop guerrièrement traduit "Au champ d'honneur", en français)

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

 We are the dead. Short days ago,
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved and now we lie
In Flanders fields

Take up our quarrel with the foe:
To you, from failing hands, we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields

Quelle connerie la guerre ...

 

 

 

 

 

 

 

 

Au champ d'honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l'espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts,
Nous qui songions la veille encor'
À nos parents, à nos amis,
C'est nous qui reposons ici,
Au champ d'honneur.

À vous jeunes désabusés,
À vous de porter l'oriflamme
Et de garder au fond de l'âme
Le goût de vivre en liberté.
Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d'honneur.

 

... et la raison pour laquelle on voit des coquelicots à la boutonnière des anglo-saxons pendant deux semaines chaque debut novembre.

Car le coquelicot fleurit particulièrement bien sur les champs de batailles sanglant, et sur ceux des Flandres en 1915.

Rouge comme le sang des morts et des blessés.

Rouge comme le sang des hommes.

Jetés dans la guerre, non par héroïsme, mais pour assouvir la cupidité de certains d'entre eux.

A une époque où se profile une grande crise économique et où ceux, les financiers, qui nous y ont précipités prennent ostentiblement le pouvoir pour imposer aux peuples leurs potions amères, il ne faudrait pas oublier qu'une des sorties de crise reste toujours pour eux la guerre.

La cupidité est au pouvoir.

Contre les peuples.

Malgré les déclarations lénifiantes des incompétents (comme Sarkozy).

Ceux-ci et ceux-là n'hésiteront pas à nous précipiter de nouveau dans la guerre civile et sociale, plutôt que de renoncer à leurs pouvoirs et à leurs profits.

Ils proneront d'ailleurs bientôt chez nous, comme en Grèce, l'Union Nationale.

Mais il n'est peut-être pas encore trop tard.

Qui sait ?

Pas moi !

Mais je ne veux pas voir refleurir les coquelicots sur les champs d'horreur.

Pas y salud !

Zgur_

 

 

Et aussi :

Mes autres billets sur le 11 novembre :

 

11/11/2010

En ce 11 novembre 2010, découvrons "La Marseillaise des requins" de Gaston Couté (1911)

En ce 11 novembre 2010, il ne reste plus que trois ou quatre vétérans (seulement deux, selon wikipedia français) de cette abominable boucherie que fut la première guerre mondiale.

Contrairement à ce qu'on nous dit souvent, la guerre n'est pas une fatalité. Non. Elle n'est que le fruit nauséabond d'actions parfaitement humaines. Et pour des intérêts qui sont souvent bien éloignés de ceux des pauvres gars qui vont se faire trouer la peau loin de chez eux.

En ce jour de souvenir, je voudrais partager avec vous une découverte récente, la "Marseillaise des requins" de Gaston Couté, écrite en 1911.

Gaston Couté avait préssenti la boucherie guerrière à venir entre les deux pays (en plus de dénoncer les massacres coloniaux en cours)

 

La Marseillaise des requins - Gaston Couté
Interprétation : Bernard Meulien,

 

Allez ! petits soldats de France
Le jour des poir's est arrivé.
Pour servir la Haute Finance
Allez vous en là-bas crever !
Allez vous en là-bas crever!
Tandis qu'au cœur de la fournaise
Vous tomb'rez, une balle au front,
De nos combin's nous causerons
En fredonnant la " Marseillaise " !

Aux Armes, les enfants !
Formez vos bataillons !
Marchez ! marchez ! Nous récolt'rons
Dans le sang, des sillons !

Allez ! guerriers pleins de courage,
Petits fils de la liberté,
Allez réduire en esclavage
De pauvr's Arbis épouvantés !
De pauvr's Arbis épouvantés !
Dans leurs douars, que le canon tonne
Plus fort que le tonnerr' d'Allah :
Nous align'rons pendant c'temps-là,
Des chiffres en longues colonnes !

Aux Armes, les enfants !
Formez vos bataillons !
Marchez ! marchez ! Nous récolt'rons
Dans le sang, des sillons !

Allez-y ! qu' les cadavr's s'entassent
Par centaines et par milliers,
Que la plaine où les balles passent
N'soit plus qu'un immense charnier !
N'soit plus qu'un immense charnier !
D'vant l'récit de tout's ces misères,
En ouvrant le journal de d'main,
Nous song'rons, nous frottant les mains :
" Ça n'biche pas trop mal, les affaires ! "

Aux Armes, les enfants !
Formez vos bataillons !
Marchez ! marchez ! Nous récolt'rons
Dans le sang, des sillons !

Allez ! si les autres voraces,
Si tous les requins d'Outre-Rhin,
Font en c'moment un' sal' grimace
Ça n'nous défris' pas l'moindre brin
Ça n'nous défris' pas l'moindre brin
Un' nouvelle guerre ? on s'en fout, puisque
C'est vous qui marcheriez encor
Pour défendre nos coffres-forts
Alors ! franch'ment, NOUS qu'est-c'qu'on risque ?

Aux Armes, les enfants !
Formez vos bataillons !
Marchez ! marchez ! Nous récolt'rons
Dans le sang, des sillons !

Nous entrerons dedans la place
Après que vous n'y serez plus :
Nous y trouverons vos carcasses
Près des carcasses des vaincus !
Près des carcasses des vaincus !
Et sur les tombes toutes proches,
Se r'joignant à deux pieds dans l'sol
Avec l'or du meurtre et du vol
Nous emplirons froid'ment nos poches !

Aux Armes, les enfants !
Formez vos bataillons !
Marchez ! marchez ! Nous récolt'rons
Dans le sang, des sillons !

 

Un texte qui, quasiment un siècle après, n'a pas, hélas, perdu de sa pertinence ni de son actualité.

Oui, comme a dit plus tard Paul Valéry :

"La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas".

Ou Anatole France :

"On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels"

Ne l'oublions jamais !

Et ne laissons pas agir impunément les fauteurs de guerre.

PAZ y Salud !

Arf!

Zgur

 

Un grand merci à Sullymu pour avoir mis cette chanson sur Dailymotion et pour son texte explicatif.

Plus d'infos sur Gaston Couté (1880-1911) le gâs qu'a mal tourné... sur un site consacré à ce chansonnier libertaire du début du XXème siècle et  mort à 31 ans, là :  gastoncoute.free.fr

J'ai trouvé les paroles de sa marseillaise anti guerre sur www.antiwarsongs.org

 

Sur le 11 novembre :

2008 Pas d'armistice pour le maljournalisme

2008 Quand viendra la guerre mondiaux, tout le monde cadavéré

2007 L'émotion, c'est bien joli mais faudrait voir à ne pas oublier les fauteurs de guerre!

2006 Quelle connerie la guerre ...

 

"La guerre, c'est bon à quoi ?  A absolument RIEN !"


11/11/2007

L'émotion, c'est bien joli mais faudrait voir à ne pas oublier les fauteurs de guerre!

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11 novembre 2007.

Commémoration de l'armistice. De la fin de la Grande Boucherie.

La "Der des Der", qu'ils disaient alors, ne sachant pas qu'il y en auraient tant d'autres. 

 

11 novembre 2007.

Il reste deux anciens combattants survivants, 110 ans, exhibés par les médias comme des bêtes sauvages en voie d'extinction inexorable.

 

11 novembre 2007.

Et le cirque Sarkozy qui continue sous couvert de modernisation ou de dépoussiérage d'une cérémonie "figée" ("En moins d'une semaine, les services de l'Elysée ont transformé une cérémonie figée en une célébration pédagogique de la paix en Europe voulue par le président." dit l'AFP, qui sera, n'en doutons pas, reprise telle que par tous les medias).

 

11 novembre 2007

Et voilà qu'on nous refait le coup de la lettre poignante lue à la Nation pour l'émouvoir.

Et voilà Sarkozy dans son "allocution brève mais lyrique, prononcée devant un parterre de jeunes" (selon l'AFP) qui nous dit:

"En ce 11 novembre, nous ne rendons pas seulement l'hommage de la nation à tous les morts sur le champ de bataille", a déclaré le chef de l'Etat, "nous nous souvenons aussi que de tant de sang et de larmes est né un grand rêve de paix".
 

En oubliant que cette première guerre "mondiale" (tiens, à ce propos, on n'a pas beaucoup entendu parler des troupes coloniales dans les commémorations!) ne s'est pas déclenchée ex nihilo, à partir de rien, et que beaucoup de forces obscures ont longtemps travaillé à en préparer le terrain. Je ne saurai que vous conseiller de voir d'une manière ou d'une autre le documentaire qu'ARTE a diffusé en juillet 2006 sur Basil "Zaharoff, faiseur de guerre" ou de  lire la notice de wikipedia qui lui est consacrée et dont voici un extrait :

 

"Dans les années précédant la Première Guerre mondiale, les possessions de Zaharoff s'étendirent à d'autres zones pour aider son commerce d'armes. En rachetant L'Union Parisienne des Banques (qui était généralement associée à l'industrie lourde) il put mieux contrôler les arrangements financiers. En prenant le contrôle du journal Excelsior il put s'assurer de lignes éditoriales favorables à l'industrie de l'armement. Il n'avait plus besoin d'autre chose que d'honneurs. Ce qui fut fait en créant une maison de retraite pour les marins français, faisant ainsi de lui un membre de la Légion d'honneur. Une chaire en aérodynamique à l'Université de Paris en fit un officier et, le 31 juillet 1914 (le jour de l'assassinat de Jean Jaurès) Raymond Poincaré signa le décret le hissant à la dignité de chevalier de la Légion d'honneur.

La branche anglaise de la Vickers à elle seule sur la durée de la guerre produit 4 bâtiments de lignes, 3 croiseurs, 53 sous-marins, 3 navires auxiliaires, 62 bâtiments légers, 2328 canons, 8 millions de commandes d'acier, 90000 mines, 22000 torpilles, 5500 avions et 100000 mitrailleuses. En 1915 Zaharoff eut des relations très proches avec Lloyd George et Aristide Briand. On raconte qu'à une visite à Aristide Briand, il aurait laissé une enveloppe contenant un million de francs pour les veuves de guerre, sur le bureau de ce dernier."



11 novembre 2007

Et Sarkozy ne va pas tarder à nous faire une nouvelle entourloupe avec une bonne cause :

"En ce 11 novembre, nous ne rendons pas seulement l'hommage de la Nation à tous les morts sur le champ de bataille [...]. Nous nous souvenons aussi que de tant de sang et de larmes est né un grand rêve de paix [...]."

"Aujourd'hui en nous souvenant, nous célébrons l'avenir, un avenir de paix, un avenir de fraternité entre les nations, un avenir de compréhension et de solidarité entre les peuples. Cet avenir, nous lui avons donné un nom, l'Europe. Ne l'oublions jamais".

 

Alors, combien de temps avant qu'il ne taxe de fauteurs de guerre les opposants au "mini traité" européen?

Ou de profanateurs de sépultures de poilus ceux qui exigent un référendum sur la question ?

Pas longtemps, vous verrez.

Je tiens les paris.

 

11 novembre 2007 et les suivants : 

"On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels" a dit Anatole France.

Ne l'oublions jamais ! 

Arf!

Zgur

 

 

Remarque :

En cherchant de la documentation, pour écrire ce texte, je suis allé à la source, au texte du président publié par le site Elysee.fr. Et j'ai vu en gros les manipulations du texte par les journalistes: citations tronquées, réarrangement des phrases dans un ordre différent, oubli de certain terme (pas beaucoup vu "la cause sacrée de la Patrie" dans les articles!). Une palme spéciale pour e JDD, allez-y voir si vous avez le temps. C'est édifiant.

 

EDIT : en partant du même'un autre sujet, SuperNo a fait un très bon billet ! Arf ! ;0)
 
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