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13/09/2013

Des riches toujours plus riches ... et pour toujours ?

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NON,  malgré les incantations plus ou moins sincères,
le "ruissellement" de la richesse vers le bas ne fonctionne PAS !


Il y a des lectures, qui, au delà de leur grand intérêt, sont quand même un peu désespérantes.

Ainsi en est-il de l'article d'Emmanuel Todd dans Marianne n°855 sur le dernier livre de Thomas Piketty "Le capital au XXIe siècle" (Seuil, 2013).

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Extrait de l'article dans Marianne :

"Toutes les sociétés du passé peuvent être dites patrimoniales parce que dominées par une richesse héritée et concentrée. Que leur croissance moyenne ait été de 0.5%, 1 ou 2 % ne fait guère de différence dans la très longue durée si le taux de rendement du capital est de 5%. Nous aurons toujours au final, une société dans laquelle les 10% les plus riches détiennent 80% du capital et les seuls 1% des plus riches, la moitié.

1789 ne change rien. L'âge démocratique des livres d'histoire, entre 1789 et 1914, époque de l'alphabétisation de masse et de la diffusion du droit de suffrage, n'a permis aucune déconcentration du capital. Les 1% les plus riches détiennent un peu plus de 50% du capital en 1810, 60% en 1910. De tels résultats invitent à une sérieuse relecture de Tocqueville. Et des économistes : aucune autocorrection dans le temps, comme celle qu'avait suggéré Simon Kuznets au coeur de la guerre froide, aucun de ces retours automatiques à l'équilibre dont les économistes raffolent mais qu'on ne voit jamais. Ce sont les guerres du XXe siècle qui ont mis le capital et la rente au tapis, à travers les destructions physiques, l'inflation, les taxations d'urgence. En 1945, enfin le capital est maitrisé. L'âge du travail, des études et de la méritocratie peut s'épanouir. Les 1% supérieurs sont enfin définis par le travail plutôt que par l'héritage.

La démocratisation économique d'après 1945 ne prend cependant pas la forme d'une redistribution générale des cartes. Les 50% d'en bas continuent de ne rien posséder. L'innovation majeure de l'après-guerre est l'émergence d'une "classe moyenne patrimoniale", la possession de quelque choses par les "40% compris entre les 10% du haut et les 50% du bas : un logement, quelques réserves monétaires moins biens placées et moins rentables que la masse des très hauts revenus. Mais quand même, c'est une classe moyenne, selon Aristote, capable de donner à la société un socle de stabilité, et de la bloquer d'ailleurs."

[...]

"En l'absence d'une correction par l’État, la remontée de la société patrimoniale sera inexorable [après la période de la reconstruction].

Notre prise de conscience est lente. Les baby-boomers qui sont aux commandes croient encore que notre société est méritocratique, que l'effort et le succès scolaires sont la voie vers de hauts niveaux de vie. Les diplômes restent nécessaires, mais année après année, le poids de la fortune familiale détermine un peu plus le niveau de vie des individus, par héritage ou donation. Nous sommes en France à un point d'équilibre : les 1% des plus hauts revenus du travail s'équilibrent. Mais le retour aux commandes de riches non-diplômés et programmé."

[...]

"Au terme de ce livre, on a plutôt envie de se demander quelle crise surprenante et brutale permettra à nos pays vieillis, une remise à plat des compteurs et un redémarrage démocratique. Ou au contraire l'émergence, dans un monde toujours plus riche mais redevenu formidablement inégalitaire, de formes de domination souples et totales comme on n'en a jamais vu dans l'histoire."

(NB:  les mises en gras sont de moi. Z.)

Voilà.

Pas très optimiste, tout ça.

J'avoue que je ne le suis pas non plus et je ne suis pas tout seul (cf entre autres le livre d'Eric Verhaeghe dont j'ai déjà parlé ici).

Et ça fait un long moment que je vois venir une guerre civile et sociale généralisée.

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Car à moment donné, un catalyseur quelconque finira par allumer la mèche vers l'explosif social instable dans lequel nous baignons avec de plus en plus de conscience depuis que la "crise" est devenue chronique.


Comme disait avec justesse Alain Bertho :

"Une des raisons de l'exaspération, c'est que les préoccupations populaires ne sont pas mises à l'agenda politique officiel."

Cette exaspération croissante finira bien pas s'exprimer,

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Mais pas forcément en bien, et elle peut aussi être instrumentalisée (cf Aube Dorée en Grèce).

 

Mais encore, comme disait The Selecter en 1979 :

"Everyday... things are getting worse"

Déjà !

Mais ...

"Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres?"

Et sur un mur de Paris :

politique,Piketty,Emmanuel Todd, Le capital au XXIe siècle,guerre civile, ploutocratie

Alors qui sait ?

...

Mais pas de quoi se réjouir d'avance.

Arf !

Zgur_



Voir aussi chez France Info : "La concentration du patrimoine est une menace pour la démocratie"


21/02/2010

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°4 : clientélisme

Vu l'actualité et la proximité des élections régionales, il me semble nécessaire de reprendre cette série à vocation éducative (voir les épisodes précédents par les liens ci-dessous)

 

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Un exemple parmi d'autres

CLIENTÉLISME : subst. masc.
POLITIQUE

Etymologie : du latin cliens, client, plébéien qui se plaçait sous la dépendance d'un riche patricien ou patron.

Historiquement, le clientélisme est la pratique qui permet à une personne disposant de richesses d'obtenir, moyennant des avantages financiers, la soumission, l'allégeance d'un ensemble de personnes formant sa "clientèle".

Par extension, le clientélisme désigne l'attitude politique d'une personne ou d'un parti qui cherche à augmenter le nombre de sa "clientèle politique" par l'octroi d'avantages injustifiés en échange d'un soutien futur, lors d'élections notamment. Bien que le vote se déroule dans un isoloir, ce soutien est la manifestation d'une forme de solidarité, de dépendance, de relation "hiérarchique" ou, tout au moins d'une "reconnaissance du ventre". Cette pratique, courante sous la IIIe République, pouvait consister à "acheter" les voix d'électeurs par divers moyens : subventions, obtentions d'emplois, facilités diverses, "tournées" dans les cafés...

Le terme clientélisme est utilisé de manière péjorative par ceux qui veulent le dénoncer. Il s'apparente à la démagogie, lorsqu'il s'agit, par exemple, de favoriser une partie de la population dans le but d'obtenir ses suffrages.

Source : http://www.toupie.org/Dictionnaire/Clientelisme.htm

 

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait etc. etc.

Arf !

Zgur

 

Bonus :

"Bon" sang ne saurait mentir : Marie-Luce Penchard, fille de Lucette Michaud Chevry

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« Et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de la Réunion, au bénéfice de la Martinique, et de me dire, enfant de la Guadeloupe, je ne suis pas capable d'apporter quelque chose à mon pays, mais à quoi je sers ?».
« Même si je vis en métropole, mon coeur est ici et restera ici ! Et je n’ai envie de servir qu’une population, c’est la population guadeloupéenne !»

 

Ajout du 23.02.2010 :

Le clientélisme ne sévit aps que dans le monde politique, mais souvent avec sa complicité (législative), lire : "Le clientélisme universitaire a un bel avenir" par Pierre Jourde

 

Piqures de rappel :

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°1 : népotisme

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°2 : ploutocratie

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°3 : oligarchie


14/12/2008

Un président comme on n'est pas prêt d'en avoir

Texte du 01.11.2007, mise à jour des liens le 14.12.2008

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J'ai du voir ce film d'Henri Verneuil une bonne dizaine de fois et je ne m'en lasse pas.

Ce monologue-harangue est un morceau de bravoure comme Gabin les aimait et comme Miche Audiard savait les trousser pour Gabin.

Régalez-vous :

 

Extraits :

« La politique, Messieurs, devrait être une vocation... Elle l'est pour certain d'entre vous... Mais pour le plus grand nombre, elle est un métier... Un métier qui, hélas, ne rapporte pas aussi vite que beaucoup le souhaiteraient, et qui nécessite d'importantes mises de fonds car une campagne électorale coûte cher ! Mais pour certaines grosses sociétés, c'est un placement amortissable en quatre ans... Et s'il advient que le petit protégé se hisse à la présidence du Conseil, le placement devient inespéré... Les financiers d'autrefois achetaient des mines à Djelitzer ou à Zoa, ceux d'aujourd'hui ont compris qu'il valait mieux régner à Matignon que dans l'Oubangui et que de fabriquer un député coûtait moins cher que de dédommager un Roi Nègre !... Que devient dans tout cela la notion du Bien Public ? Je vous laisse juges...»

...


« Durant des années, à travers le monde, j'ai visité des mines, des camps de personnes déplacées... j'ai vu la Police charger les grévistes, je l'ai vue aussi charger des chômeurs... j'ai vu la richesse de certaines contrées, j'ai vu l'incroyable pauvreté de certaines autres... Durant toutes ces années, je n'ai jamais cessé de penser à l'Europe... Monsieur Chalamont a passé une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi... Nous ne parlons forcément pas de la même Europe. Lorsqu'il y a quelques mois, les plus qualifiés parmi les maîtres-nageurs de cette assemblée sont venus me trouver pour éviter une crise de régime, j'ai pris un engagement... celui de gouverner... Or, gouverner ne consiste pas à aider les grenouilles à administrer leur mare !...

Tout le monde parle de l'Europe... Mais c'est sur la manière de faire cette Europe que l'on ne s'entend plus... C'est sur les principes essentiels que l'on s'oppose...»

...

Si cette assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières... Cette Europe, qui a l'étrange particularité de vouloir se situer au-delà des mers, c'est-à-dire partout... sauf en Europe!... Car je les connais, moi, ces européens à têtes d'explorateurs !

...

- Je vous reproche simplement de vous être fait élire sur une liste de gauche et de ne soutenir à l'Assemblée que des projets d'inspiration patronale !

- Il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l'apprendre !

- Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre!

 

 

Trahisons, conflit d'intérêt, népotisme, ploutocratie, oligarchie, magouilles d'appareils, ce film évoquant la quatrième république fiinissante est pourtant d'une terrifiante  justesse en nos temps de fascination du pouvoir pour l'argent.

La précision de certaines phrases ne fait qu'en souligner leur actualité.

Arf!

Zgur

 

Le Président, un film d'Henri Verneuil (1961)

03/11/2007

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°3 : oligarchie

A la demande quasi-générale, troisième leçon de vocabulaire :

 

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 Pour le savoir (un peu), cliquez sur le livre

 

OLIGARCHIE, subst. fém.


A.Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus ou de familles, à une classe sociale restreinte et privilégiée. Au XVIIIe siècle le gouvernement municipal des villes avait donc dégénéré partout en une petite oligarchie (Tocqueville, Anc. Rég. et Révol., 1856, p.114). Jusqu'à la fin du XIXe siècle, on a vécu sur une typologie des régimes politiques héritée des Grecs, qui opposait la monarchie, l'oligarchie et la démocratie. Monarchie ou gouvernement d'un seul, oligarchie ou gouvernement de quelques-uns, démocratie ou gouvernement de tous (Traité sociol., 1968, p.5):

1. De même que dans la société actuelle l'influence de la bourgeoisie possédante et capitaliste, si elle est dominante, n'exclut pas pourtant toute influence de la démocratie et du prolétariat, de même l'État, expression et organe de cette société, est un composé d'oligarchie bourgeoise et capitaliste, de démocratie et de puissance prolétarienne.
Jaurès, Ét. soc., 1901, p.178.


P. méton. [Dans ce système pol.] Groupe restreint de personnes détenant le pouvoir. Bien que la puissance et l'argent se perpétuassent dans les mêmes familles, on tolérait l'oligarchie, parce qu'on avait l'espoir d'y atteindre (Flaub., Salammbô, t.1, 1863, p.99). Se courber sous le sabre d'une oligarchie militaire à qui la France doit Sedan et qui, détruisant par son impéritie les forces vives de l'armée, ne tolère point les critiques sous prétexte qu'elle est «l'armée» (Clemenceau, Iniquité, 1899, p.229):

2. L'existence d'une Chambre des Lords pouvait paraître absurde à des esprits qui n'admettaient pas de représentation sans élection; Disraëli montrait que le danger était plus grand encore de l'élection sans représentation. Une oligarchie de politiciens professionnels pouvait se faire élire, et gouverner un pays sans en être l'image...
Maurois, Disraëli, 1927, p.102.


B.P. anal.
1. [Dans une entreprise, un organisme, etc.] Organisation dans laquelle le pouvoir de décider, de diriger appartient à un petit nombre d'individus; p. méton., groupe restreint de personnes détenant ce pouvoir. Dans son évolution technocratique, l'entreprise publique a perdu tout caractère socialiste. À l'intérieur elle tend à enfanter des oligarchies professionnelles (Chenot, Entr. national., 1956, p.119):

3. ... une petite couche d'administrateurs gérant l'institution d'en haut, et jouissant d'une stabilité complète dans leurs fonctions dont le renouvellement est automatiquement assuré par une assemblée se conformant aux indications données par les dirigeants eux-mêmes. Là encore des études (...) seraient utiles pour préciser la réalité et la portée de cette propension à l'oligarchie dans les groupes de pression.
Meynaud, Groupes pression Fr., 1958, p.114.


2. Groupe restreint de personnes dominant l'activité d'un pays dans un secteur donné. Maladie profonde d'une société où sous couleur de servir la patrie, tous les intérêts des vieilles oligarchies s'organisent en des états-majors de caste, avec l'aide de l'Église, pour reprendre, sous les formes de la démocratie, l'antique e.ploitation de la France (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p.551). Beaucoup [de journaux] furent les instruments des oligarchies occultes qui avaient intérêt à incliner l'opinion pour dominer l'État (Mauriac, Journal 4, 1950, p.226).
[Constr. avec un adj. indiquant le domaine dans lequel s'exerce la domination] Nous formerions une oligarchie intellectuelle, d'autant plus acclamés de la foule que nous serions moins capables de la flagorner (Bloy, Désesp., 1886, p.250). Il n'y a d'obstacle au développement de la justice sociale que la coalition de l'oligarchie financière (...) avec l'Église romaine, qui prétend détenir l'universelle autorité, et s'en servir, justice ou injustice, pour l'avantage de son pouvoir (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p.382).

 

 

Comme toujours ...

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait etc. etc. 

Arf !

Zgur

02/11/2007

Enrichissons notre vocabulaire - leçon n°2 : ploutocratie

Deuxième leçon de vocabulaire :
 
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(Cliquez sur l'image pour la liste des invités)

 

PLOUTOCRATIE, subst. fém.
POLITIQUE


A. −1. Système politique ou ordre social dans lequel la puissance financière et économique est prépondérante. Ayant jeté (...) les yeux sur la France, il vit que, sous le nom de république, ce pays était constitué en ploutocratie, et que (...) la haute finance y exerçait un pouvoir souverain (A. France, Révolte anges, 1914, p.182). Identifiée au libéralisme, elle [la démocratie] glisse vers la ploutocratie (Vedel, Dr. constit., 1949, p.250):

. J'appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses (...), où la capacité et la moralité s'évaluent généralement (...) par la fortune, de telle sorte, par exemple, que le meilleur critérium pour prendre l'élite de la nation soit le cens.
Renan, Avenir sc., 1890, p.415.

 Source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/ploutocratie

 

Toute ressemblance avec Pluto est une erreur

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Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé ne serait etc. etc. 

Arf !

Zgur 

 
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