30.11.2008
Petits conseils de lectures aux journalistes de Libération et à son directeur

C'est à chaque fois pareil.
A chaque fois que la dure réalité de notre monde moderne rencontre de façon un peu normale le cours de la vie de ce spécimen humain encarté qui conchie les blogueurs.
Ca couine alors chez les journaleux qui se croient au dessus du vulgum pecus.
Dernier exemple en date avec la mésaventure arrivée à quelqu'un de Libération.
Voir sur Article11.info, le texte du Charançon libéré "Face à la morgue policière, le cri du grand journaliste blessé. C’est toujours émouvant, un scribouillard qui découvre la réalité…"
Voir aussi sur Backchich.info, le billet de Sébastien Fontenelle "Vittorio de Fillipis déraille"
Certains - dont les journalistes et le patron de Libération - semblent découvrir que dans notre beau pays, certains policiers (et aussi certains gendarmes) se comportent d'une manière fort peu républicaine et bien éloignée des principes qui ont fondé, me semble t il, notre semblant de démocratie.
Alors voici une petite bibliographie récente qui pourra mettre vos pendules à l'heure :
Présentation de l'éditeur
" Voici le compte rendu, sans ajout romanesque, d'une mésaventure désagréable qui m'est arrivée une nuit de la fin février 2007. Vers deux heures du matin, à mi-parcours des dix-neuf heures pendant lesquelles je suis resté enfermé sans comprendre ce qu'il m'arrivait, la policière qui prenait ma déposition m'a dit - je ne sais toujours pas si elle faisait de l'humour - que ça me donnerait peut-être des idées pour un roman.
Pour l'instant, je me contente de ne rien oublier. "
Lire aussi ce qu'en disait Pierre ASSOULINE en avril 2007
"Un témoignage qui est vraiment bienvenu justement parce qu’il n’a rien d’extraordinaire. Pas de torture, pas de coups, pas d’insultes. Juste le grand jeu du petit personnel de la répression. Ca fait réfléchir. Aujourd’hui c’est lui, demain nous. Des histoires comme celle-là, les Français en vivent tous les jours par centaines, et les Français basanés plus radicalement encore et sur un mode nettement plus humiliant. Il ne l’a pas écrit pour se plaindre d’une horreur sans nom mais pour dénoncer des comportements hors de proportion avec le délit. Il l’a fait parce que d’autres ne peuvent pas le faire."
Présentation de l'éditeur
-Tu as les papiers du véhicule ? Nous sommes le 6 janvier 2005. Il est 14 heures, en plein centre de la capitale. Alex Ursulet, avocat parisien d'origine martiniquaise, est abordé à un feu rouge par trois policiers. D'emblée, ce tutoiement installe ce " banal " contrôle d'identité dans l'humiliation discriminatoire. L'épreuve se terminera quatre heures plus tard, quand les policiers se décideront à relâcher leur victime innocente, qu'ils auront traînée au commissariat, insultée, menottée dans le dos et enchaînée au radiateur. Quelques jours plus tard, la presse révèle l'affaire, qui fait aussitôt grand bruit. Alex Ursulet est inondé de messages de sympathie et de témoignages similaires au sien. Une évidence s'impose dans tous ces courriers: il n'est même plus nécessaire, aujourd'hui, d'être Noir ou Arabe pour risquer de se faire tabasser dans un commissariat. Désormais, ce genre de mésaventures arrive même aux Blancs fortunés. Mais, évidemment, c'est pire pour les " métèques "... Lui-même fils d'avocat, longtemps marié à la fille d'un ancien ministre de Jacques Chirac, ex-militant et responsable RPR, Alex Ursulet avait toujours joué en bon petit soldat la carte de l'assimilation. Mais ses yeux, tout à coup, se dessillent. Non, la police française ne cultive pas assez les valeurs d'égalité et de fraternité. Oui, elle fonctionne comme un corps opaque. Et les bavures des brebis égarées sont trop souvent couvertes. Ce livre n'est pas un brûlot" anti-flics ". Ce n'est pas davantage un témoignage apitoyé et nombriliste sur le propre cas de l'auteur, mais plutôt l'examen clinique, par un pénaliste réputé, des dérives qui, si elles devaient se poursuivre, menaceraient notre démocratie.
"La police, un état dans l’État ? 250 000 policiers armés et nantis de pouvoirs exhorbitants et arbitraires (130 000 dans la police nationale, gendarmes, douaniers). Ils forment une contre-société avec un esprit de corps à toute épreuve. D’où le danger de dérive totalitaire quand les policiers dépassent leur fonction, jouent les justiciers ou adoptent l’idéologie de l’extrême-droite. L’utilisation de l’arme de service dans la vie civile est courante puisque sous Joxe, il a été possible d’acheter son arme. Certains policiers possèdent de véritables arsenaux et se servent de balles quadrillées. Le symbole de l’arme, son pouvoir, le manque de formation des policiers de base amènent à outrepasser les droits de la fonction. De là, les bavures quotidiennes et ordinaires : contrôle au faciès, tutoiement et insultes. Qui osera se plaindre ou se rebeller ?"
“Je savais que Nicolas Sarkozy était un ministre de l’Intérieur dangereux. J’en ai eu, au-delà de toutes mes craintes, la confirmation”
Alors que dire, maintenant qu'il est président de la république ?
Qu'on vous avait bien prévenu ?
Ou vous rappeler un peu de vocabulaire :
Vedel, Dr. constit., 1949, p. 402.
Zola, Débâcle, 1892, p. 628.
Faudrait dire aux personnes en charge des citations dans le CNRTL, qu'il y a plein d'autres exemples pour illustrer la notion.
Pas qu'à eux d'ailleurs.
Zgur
23:56 Publié dans Humeur, Journalisme, Livre, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique, police, bavure, sarkozy, rajsfus, alexis ursulet, christophe barbier













