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31/01/2007

Les plombiers fuient la Pologne à cause des 35 heures et de la fiscalité


medium_plombiermaudit.2.jpgLes élucubration pseudo-économiques et totalement idéologiques d'Axel de Tarlé (le matin sur Europe 1) ont fait déjà l'objet de mon premier billet sur ce blog. Il continue à m'échauffer les oreilles quand celles-ci entendent les billets comme celui de ce matin mercredi 31 janvier 2007, consacré au fameux plombier polonais.

Ca commence fort par une phrase qui, l'air de rien, devrait sonner comme la reconnaissance d'un mensonge de la campagne de matraquage qui a eu lieu juste avant le référendum européen:

"Le plombier polonais n'était pas un mythe"

 

Moi qui croyais benoitement ce qu'on m'avait dit à longueur de colonnes en 2005: que l'histoire du plombier polonais qui vient dans nos villes nos campagnes pour voler nos filles et notre travail, ce n'était qu'un gros mythe. Voire un gros mensonge propagandiste noniste à tendance xenophobe!

 Aujourd'hui ce n'est plus un mythe.

Une réalité alors?

medium_plombierpolonais.jpg

 

Mais ne croyez pas qu'Axel de Tarlé va reconnaitre s'être trompé un jour car la suite c'est : 

"sauf qu'il n'est pas allé en France mais en Grande-Bretagne. On estime que 500.000 Polonais vivent aujourd'hui de l'autre côté de la Manche. Les Polonais se sont également installés en Allemagne, 600.000, et en Irlande, 250.000. Ce qui est énorme rapporté à ce petit pays de 4 millions d'habitants. Les Polonais représentent aujourd'hui plus de 6 % de la population irlandaise. Ils ont colonisé des quartiers entiers de Dublin."

medium_travail_au_noir.jpegLà on ne sait pas s'il faut se réjouir ou se plaindre. Little Warsaw à Dublin, waouh! A part ça, ils bossent dans quoi, les polonais de Dublin? Dans la finance et l'assurance? Dans les centres d'appel? Dans la plomberie générale ou spécialisée? Au noir ou dans les règles? On n'en saura pas plus.

Mais il est intéressant de savoir qu'en Allemagne, les polonais n'ont pas pris les emplois des plombiers mais ceux des allemands dans les abattoirs. Libération du 16.04.05 citait le salaire de 3€ de l'heure pour les polonais employés. Le député chrétien-démocrate Gerald Weiss affirmant sur Deutschlandradio que « 26 000 bouchers allemands ont perdu leur travail parce que des salariés polonais ont accepté ces conditions de misère ».

 

Vient ensuite l'explication qui justifie l'exode selon de Tarlé: 

"Bien, il s'agit à chaque fois de jeunes, venus tenter leur chance à l'Ouest, où le niveau de vie est 5 fois plus élevé."

Bien, c'est de la bonne allocation de ressources humaines ça, bien fidèle aux lois du marché. Le jeune polonais, plombier ou pas, et bien il va là où il y a du pognon. Un peu comme le Sénégalais, le Malien ou le Turc, sauf qu'il n'a ni détroit de Djebel Altar ou du Bosphore à traverser, le polonais. Il a même des papiers européens, lui.

"Mais, pour la Pologne, c'est une catastrophe. En l'espace de quelques années, le pays a perdu plus d'un million de jeunes. Ce serait l'une des plus grandes migrations humaines en temps de paix. Les régions de l'Est notamment deviennent fantomatiques. Dans les cafés, il n'y a plus aucun jeune, dit-on."

Un peu comme dans une ville de nos belles provinces lorsque l'usine du coin est fermée pour cause de délocalisation en Chine, ou en Roumanie. Et qu'on propose aux futurs ex-employé(e)s des contrats locaux en Roumanie ou Thailande à 110 euros par mois!medium_guerreco.jpg

"une des plus grandes migrations humaines en temps de paix"? 

Et la guerre économique alors? 

 

Mais le plus beau est pour la fin :

"Au point que Varsovie a lancé une campagne de publicité pour essayer de retenir ses jeunes. Le gouvernement joue sur la fibre patriotique en comparant, les jeunes qui restent, aux combattants de la Seconde Guerre Mondiale, qui n'ont pas fuit et sont restés pour défendre le pays."

Je ne sais pas comment on dit cocorico en polonais (ou l'équivalent patriotique) mais comparer les conséquences de la construction européenne à la guerre contre les nazis, il n'y a pas beauoup de nonistes à l'avoir osé. 

Et enfin arrive l'acmé, le climax de la simili-pensée Tarléienne :

"Mais, le secret espoir de Varsovie, c'est qu'un jour tous ces jeunes rentreront au pays, fort de leur expérience à l'Ouest. C'est sûr, ils seront alors tous, très anglophiles, très germanophiles. Espérons que d'ici là, ils auront oublié que la France leur a fermé les portes au nez, au nom de son combat contre le "plombier polonais".

Et voilà, l'arnaque : la France leur aurait fermé la porte au nez à ces enfoirés de plombiers polonais aux chalumeaux entre les dents qui n'existaient même pas tant qu'il s'agissait de voter OUI au projet de TCE.

Mais comme la France a voté NON, elle sera bien bien punie dans le futur de ne pas les avoir accueillis, ceux qui n'existaient pas.

Joli sophisme dans une collection pourtant déjà bien fournie. 

A ce rythme là, je crois que dans quelques semaine l'Axel va nous raconter que le réchauffement de la planète, c'est la faute au NON français au projet de traité européen. 

medium_starwars.jpg

 

Il y a des jours où je ne devrais pas écouter la radio.

Mais il serait mieux quand même qu'on n'y entende plus (seulement) ce genre de propagande.

 

Zgur 

 

28/08/2006

« Évidemment » le piratage …

medium_pirate.gifQue les choses soient claires, les chroniques économiques du matin des radios m’énervent prodigieusement. Leurs a priori idéologiques se camouflent difficilement derrière une soi-disant neutralité et une objectivité journalistique qui reste à démontrer.

Aujourd’hui 28 août 2006, sur Europe 1, c’est un coutumier du raccourci, Axel de Tarlé, qui nous entretenait ainsi de la chute d’un distributeur de disques au Etats-Unis :

 " - Towers Records en faillite.

- Tower Records c’est un peu l’équivalent de la FNAC ou de Virgin aux Etats-Unis et pour la deuxième fois en deux ans le célèbre disquaire américain s’est déclaré en faillite aux Etats-Unis. En cause : la chute des ventes de CD qui ont encore reculé de 6% l’an dernier dans le monde.

- Et tout ça à cause évidemment du piratage."

 

Tout est dans ce  "évidemment" prononcé par le journaliste qui relance les différents sujets de la chronique d’Axel de Tarlé. Car sans même connaître ce sujet (Tower records), on peut se poser légitimement la question de savoir pourquoi la déconfiture d’une entreprise serait « évidemment » due à une cause unique et « évidemment » totalement extérieure à l’entreprise.

 La remarque de la chronique d’Axel de Tarlé sous entend :

- que les dirigeants de Tower Records ne sont pour rien dans la faillite de leur entreprise,

- que cette faillite n’est que la conséquence de la baisse des ventes MONDIALES de CD,

- que cette baisse est le seul fait du piratage.

Il semble cependant que les choses soient un peu plus complexes que cela.
Créée en 1960 à Sacramento par Russ Solomon dans le drugstore de son père ; Tower Records a su, pendant 40 ans, profiter des évolutions du marché du disque aux Etats unis. Se développant petit à petit, Towers Records ouvre un magasin à San Francisco en 1968, un à Tokyo en 1973 et , grand saut pour une chaîne régionale états-unienne, à New-York en 1983, au bon moment pour bénéficier du boom du Compact Disc qui va durer un quinzaine d’année. (1).

Tower Records, c’est aujourd’hui 89 magasins dans 20 états des Etats-Unis dont 44 en Californie. Selon la Recording Industry Association of America, il s’est vendu plus de 705 millions de CD en 2005 (-8% par rapport à l’année précédente) dont 13.6 million sur internet (+199% par rapport à 2004) (2)

Pourtant, le distributeur « n'a pas réussi à s'adapter à un paysage en évolution rapide, avec l'irruption d'acteurs comme le magasin en ligne Amazon.com, le géant de la distribution Wal-Mart, ou le développement de la musique numérique. » comme l’écrit le journal québécois Le Devoir (3) qui ajoute que « Wal-Mart cause dans doute du tort à Tower en bradant les CD pour en faire des produits d'appel qui lui permettent de remplir ses magasins ». Cité par le San Francisco Chronicle, Don VanCleave, président de la Coalition des disquaires indépendants états-uniens, rappelle que chaque magasin Tower Records avait son propre acheteur, responsable de son stock, ce qui permettait au magasin de refléter les préférences de sa clientèle locale. Puis la compagnie a décidé de centraliser les achats. Conséquence : une uniformisation de l’offre (2).

Internet n’est donc qu’une partie du problème de Tower Records, la mauvaise gestion stratégique de la direction de l’entreprise semble en cause, sans oublier la concurrence de la grande distribution tentaculaire.

On est loin du piratage, non ?

On est loin de toute « évidence », non ?

J’attend avec impatience les explications prochaines d’Axel de Tarlé sur les bienfaits de la loi DAVDSI sur la création musicale et audio visuelle.

Zgur


Sources :
(1)http://www.pbs.org/newshour/bb/business/july-dec06/music_...

(2)http://sfgate.com/cgi-bin/article.cgi?f=/c/a/2006/08/26/T...

(3)http://www.ledevoir.com/2006/08/28/116839.html

Dessin de Georges Mathieu 

 

 
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