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10/09/2009

L'hymne de Wall Street par 10cc en 1974 est toujours d'actualité

De 10cc, on connait surtout le "slow qui tue" "I'm not in love", lot de consolation lacymal des soirées rateau.

Mais Godley et Creme, les deux têtes artistiques de ce groupe superstar des années soixante-dix sont des musiciens particulièrement doués pour une musique à la fois efficace, commerciale mais conservant une personnalité certaine. De plus leurs paroles sont parfois particulièrement sarcastiques.

Ainsi ce "Wall Street Shuffle" de 1974, qui est une de mes chansons préférées de 10cc (avec le non moins sarcastique "Dreadlock Holidays"):

 

 

Do the Wall Street shuffle
Hear the money rustle
Watch the greenbacks tumble
Feel the Sterling crumble

You need a yen to make a mark
If you wanna make money
You need the luck to make a buck
If you wanna be Getty, Rothschild
You've gotta be cool on Wall Street

You've gotta be cool on Wall Street
When your index is low
Dow Jones ain't got time for the bums
They wind up on skid row with holes in their pockets
They plead with you, buddy can you spare the dime
But you ain't got the time
Doin' the....
Doin' the....

Oh, Howard Hughes
Did your money make you better?
Are you waiting for the hour
When you can screw me?
'Cos you're big enough

To do the Wall Street Shuffle
Let your money hustle
Bet you'd sell your mother
You can buy another

Doin' the....
Doin' the....

You buy and sell
You wheel and deal
But you're living on instinct
You get a tip
You follow it
And you make a big killing

On Wall Street

 

Le temps a bien passé depuis 1974, mais les interrogations et les intuitions de la chanson sont toujours autant d'actualité en ces temps d'affirmation de la moralisation du capitalisme et de condamnation morale des vilains traders (ark ! ark ! ark !) :

...

Oh Howard Hugues

Ton argent t'a-t-il rendu meilleur ?

Attends-tu le bon moment

Où tu pourras me baiser

Parce que tu est assez gros


Pour jouer le jeu de Wall Street

Et faire tapiner ta monnaie

Tu pourrais même vendre ta mère

Pour en acheter une moins chère

...


Un rêve de banquier et de trader, non ?

De quoi avoir envie de nettoyer la planête !

Arf !

Zgur

 

 

22/05/2008

Giscard, inventeur du gestionnaire castré

 1982314072.jpg

 

Cela fait 34 ans que Giscard a été élu à l'Elysée, comme l'a rappellé Guy Birenbaum le jour anniversaire de cette élection le 19 mai.

Dans l'excellent livre de l'excellent John Saul "Mort de la mondialisation" (dont j'ai déjà parlé et sur lequel je reviendrai bientôt), j'ai trouvé ce cinglant portrait de Giscard qui méritait plus qu'une simple citation en commentaire chez Birenbaum :

"Giscard représentait un nouveau style d'homme politique. C'était le spécialiste. L'homme qui pouvait vous débarrasser de vos soucis grâce à son expertise financière. En comparaison de dirigeants comme Charles de Gaulle ou Konrad Adenauer - qui intégraient les sentiments des citoyens à leurs vastes schémas - c'était un dirigeant calme, dépassionné, moderne. Et même postmoderne. C'était le visage même de l'Etat-nation postnationaliste.

Cependant Giscard est parvenu au pouvoir en plein milieu des crises fondatrices du pétrole, de l'inflation, du chômage et de l'absence de croissance. Il a contre attaqué du ieux que pouvait un technocrate, c'est à dire sans le moindre impact. Les taux d'intérêt étaient si élevés qu'ils acculaient à la faillite le secteur privé sans pour autant permettre de contrôler l'inflation. Giscard est devenu perplexe, découragé.
Et puis un soir, il est apparu à la télévision pour s'adresser aux gens. Il leur a annoncé que de grandes forces globales étaient à l'œuvre. C'étaient des forces nouvelles. Des forces inévitables. Des forces tenant à l'interdépendance économique. un gouvernement national n'y pouvait pas grand chose,. Il était impuissant.

Cette apparition historique a sans doute représenté la déclaration initiale présentant la globalisation comme une force échappant au contrôle des hommes. Ce fut aussi l'invention du nouveau dirigeant : le gestionnaire castré. Cette vision a créé une vraie mode chez les dirigeants à tous les niveaux. La réponse facile à la plupart des problèmes difficiles consistait à se lamenter publiquement d'être sans pouvoir. Impuissants. [...] Ce n'étaient pas des problèmes à résoudre. C'étaient des manifestations de la réalité globale. Avec ses amis dirigeants ou gestionnaires dans d'autres pays, tout juste pouvait-on du mieux possible arrondir les angle grâce au management des détails."

 in John Saul "Mort de la globalisation" Payot 2006 pp 130-131

 
Sinon pour moi, l'élection de Giscard en 1974, c'est la vérification du pronostic électoral de ma maman qui avait dit "S'il se présente, il sera élu". C'est aussi la rumeur de la maladie qui aurait du limiter son mandat à un an ! Le syndrôme du mensonge médical pompidolien, sans doute.

Souvenirs partiels de jeunesse. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais plus intéressé par le foot que par la politique.

Cela m'a vraiment passé.

Arf !

Zgur 

 

L'illustration est la couverture  par Wolinski d'un livre paru en 1975.

 
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