14.11.2009
Le temps des émeutes
Il y a quand même des matins où France Inter ne mérite vraiment pas le surnom de la peste Inter que lui a attribué PLPL puis le PlanB. Ce matin samedi 14 novembre, par exemple, on a pu entendre chez Laurence Luret l'anthropologue Alain Bertho nous parler du temps des émeutes.
C'est non seulement le titre de son dernier bouquin paru chez Bayard, mais surtout selon lui le moment historique mondial dans lequel nous sommes retombés comme deux fois par siècle environ (cf le printemps des peuples en 1848, les émeutes autour de la révolution bolchévique, mai 68).
Mais surtout un moment historique mondial qui va durer un peu, selon Alain Bertho.
Et pas pour rien, car les raisons abondent et ne sont pas très glorieuses pour les élites qui nous gouvernent:
"Une des raisons de l'exaspération, c'est que les préocupations populaires ne sont pas mises à l'agenda politique officiel."
Des émeutes contre la mort de jeunes (par la police) aux émeutes contre les conséquences de la mondialisation et la financiarisation de l'économie (émeutres de la faim ...), jusqu'aux émeutes étudiantes et de la jeunesse scolarisée sur tous les continents, répondant au discours simplement disiplinaire et répréssif dui monde des adultes et des "décideurs".
Tout l'entretien est disponible en podcast sur le site de France Inter
La liste des émeutes dans le monde (pas dans Le Monde, non!) est sur le blog d'Alain Bertho http://berthoalain.wordpress.com/
Alors ?
No Future ?
...
Let's riot ?
...
Depuis le temps qu'on le dit ...

Dans tous les pays, les polices sont prêtes ou se préparent à l'affrontement.
Et l'exaspération monte
Avec la crise qui s'accroit pour les plus faibles et profite encore aux plus riches.
Alors inéluctable, l'affontement ?
Zgur
Ajout du 15.11.2009 17h00
On peut aussi lire l'interview d'Alain Bertho dans "Les Inrockuptibles" :
Extrait : "L’exaspération populaire est à la hauteur de l’arrogance des pouvoirs étaticofinanciers et de l’autisme des organisations politiques. Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour que la séquence de l’affrontement soit durable. Et face à la révolte, c’est une logique militaire qui l’emporte à São Paolo comme à Urumqi, à Athènes comme à Villiers-le-Bel, à Alger comme à Dakar. Quand la guerre devient d’une certaine façon un mode de gouvernement, on peut craindre l’escalade. De part et d’autre."
Et le post de C LA ROSE du 23.10.2009 qui reprend une interview avec l'IRIS
Ajout du 18.10.2009
Lire avec intérêt le billet de Slovar "Vitrines de Noël : Les futurs "jouets" des policiers disponibles à Milipol" ainsi que le témoignage de Catherine Charles présidente de l’Arppi, "L'archipel des Robocops" (signalé par Affreux, Sale, Bête et Méchant - merci à lui).
Les force de "l'ordre" sont prêtes pour faire régner le "droit à la tranquilité" (des uns), c'est sûr.
Message personnel : Et Hop !
18:40 Publié dans Humeur, Journalisme, Politique, Radio / Télévision, Web | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, économie, émeutes, le temps des émeutes, alain bertho, france inter, laurence luret
25.02.2009
L'été de la rage ?
Lu dans contrinfo.info, cette brève sur le pronostic d'un été chaud au Royaume Uni
La police britannique se prépare à un « été de la colère » sociale ( The Guardian)
lundi 23 février
"Selon Le Guardian, la police se prépare à un “été de la rage” où les victimes de la crise économique descendraient dans la rue pour manifester contre les institutions financières.
L’officier britannique le plus gradé en charge du maintien de l’ordre a évoqué le spectre d’un retour aux émeutes des années 80 avec des gens ayant perdu leur travail, maison ou économies devenant les « fantassins » d’une vague de manifestations de masse potentiellement violentes.
Le superintendant David Harthorn qui dirige la branche de maintien de l’ordre de la Metropolitan Police a déclaré au Guardian que des personnes de la classe moyenne qui n’auraient jamais pensé à aller manifester seraient désormais enclines à venir cette année y décharger leur colère.
Il a dit que les banques étaient devenues “des cibles probables” et particulièrement celles qui continuent a verser des bonus généreux tout en recevant des milliards d’argent public provenant de nos impôts. De même, sont des cibles les sièges des compagnies multinationales et d’autres institutions financières dans la City rendues responsables de la crise financière."
Source : www.contreinfo.info (traduction Zgur)
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
Black man gotta lot a problems
But they don't mind throwing a brick
White people go to school
Where they teach you how to be thick
An' everybody's doing
Just what they're told to
An' nobody wants
To go to jail!
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
All the power's in the hands
Of people rich enough to buy it
While we walk the street
Too chicken to even try it
Everybody's doing
Just what they're told to
Nobody wants
To go to jail!
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
Are you taking over
or are you taking orders?
Are you going backwards
Or are you going forwards?
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
White riot - I wanna riot
White riot - a riot of my own
"White Riot" des Clash (1977), c'est quand même mieux que "L'été s'ra chaud" d'Eric Charden, non ?
Arf !
Zgur
Edit 25.02.09 : changement d'illustration
01:16 Publié dans Journalisme, Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : politique, economie, musique, crise, émeutes, sarkozy, guardian, été 2009, white riot, the clash
09.07.2008
L'incendiaire volontaire

S'il existe des pompiers volontaires, nous, maudits français, avons la grande malchance d'avoir élu (pas par moi) comme président un véritable incendiaire volontaire.
Et récidiviste.
Après avoir mis le feu aux banlieues en 2005, alors qu'il n'était "que" ministre de l'Intérieur et déjà - dans sa tête - candidat à la présidentielle, le voilà qui entend mettre le feu aux relations sociales.
"Désormais, lorsqu'il y a des grèves, personne ne s'en aperçoit", a t-il ainsi déclaré devant le conseil national de l'UMP.
D'abord qu'est ce que le président soi-disant "de tous les français" va faire devant une instance partisane ?
Se préparer à un régime de parti unique ? Avec quelques croupions, pour la forme (il a bien déjà "plusieurs cerveaux", selon certaine).

Mais surtout, il le fait exprès.
- Pour préparer la montée de chacun contre tous.
- Pour préparer l'exaspération des gens qui s'en aperçoivent, eux, quand y a des grèves.
Car ils les subissent dans leurs déplacements et dans leurs démarches et qui sont chauffés à blanc par la bêtise de certaines grêves (l'arrêt de fonctionnement de la ligne A du RER l'autre jour suite à une agression est un exemple flagrant de faute stratégique totalement contre productive des syndicats de la RATP.) et attisés par tous les supplétifs de l'info à la Pernault (cf l'article sur le traitement de la grève chez AstraZeneca par la Voix du Nord dans LePlanB de cet été)
- Pour continuer à faire accepter, petit à petit l'imminence de la "nécessité" d'un état policier.
Car tout se met doucement en place
-> fichage des géneurs (salut EDVIGE, salut HADOPI)
-> sécurisation depuis l'époque de la place Bauveau des nominations à des postes sensibles pour des proches, non seulement politiquement, mais aussi proches amicalement du chef de l'état.
-> habitude donnée au public de voir la police rafler et piéger dans les préfectures, d'abord des étrangers sans papiers, (et demain qui d'autre?)
Il ne manque plus qu'une petite stratégie de la tension alimentée par un attentat terroriste, par exemple, pour que s'assouvisse la tentation du pouvoir de passer en force et outre les libertés publiques, déjà bien malmenées.
Un attentat terroriste serait un bon pretexte pour un Patriot Act à la française.
Mais un bon automne TRES chaud socialement, doublé d'émeutes dans les banlieues serait aussi un joli prétexte.
Car à force de prétendre que ces mouvement sont organisés (ce qui n'était manifestement pas le cas les dernières fois), ils vont finir par le faire, s'organiser.
Et là ce n'est pas le 9.3 qui va s'embraser.
Mais plutôt Neuilly ou le VIIème...
Au grand bonheur ou malheur de ce pouvoir discrédité qui fait la guerre au peuple - et même souvent à son propre camp.
Comment cela finira t-il ?
Je ne sais ...
Mais ce que je sais,
C'est que ...
Fallait pas les inviter !
(ouais, malgré l'inanité de l'autre choix))
Fallait pas les inviter !
Quant à moi ...
Bientôt ...
Cassos !
Arf !
Zgur
19:59 Publié dans Humeur, Journalisme, Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, emeutes, banlieues, incendiaire
28.11.2007
Embedded !
"Un millier d'hommes, une forêt de casques, de boucliers, de matraques, de flash-balls, quelques fusils à pompe. Des CRS en nombre et en tenue encadrent les petits groupes des BAC, les brigades anticriminalité, chargés des interpellations.
Les rues désertes
Tout autour, une nuée de journalistes filment par-dessus l'épaule des gradés, photographient les CRS sous le nez, tendent des perches pour saisir les ordres, au milieu de policiers impassibles qui font comme s'ils ne remarquaient rien, loin de la nervosité des nuits précédentes. L'Etat a décidé de reprendre les choses en main, et tient à ce que ça se sache."
"la situation était "sous contrôle" mardi soir tard dans "la Zac" de Villiers-le-Bel et on dénombrait plus de journalistes que de jeunes dans la rue."
Et il y en a plein des extraits comme ceux là.
Révélateur, non ?
Etonnez vous après ça que les medias aient "mauvaise presse" dans les quartiers.
Et si les autorités arrêtaient de donner systématiquement leur absolution aux forces de l'ordre AVANT le début de la moindre enquête, la population aurait peut-être un peu plus confiance en elles.
Et si les medias arrêtaient de relayer complaisamment (au début) les informations fournies par la police, on n'en serait pas là.
Le spot de I>Télé se veut surement très intelligent, il prouve surtout par l'absurde la dépendance choisie par la plupart des chiens de garde et surtout de leur hiérarchie.
Dommage pour les rares journalistes qui ne le sont pas (des chiens de gardes).
Zgur
17:40 Publié dans Humeur, Journalisme, Politique, Radio / Télévision | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : embedded, emeutes, Villiers-le-bel, accident, journalistes, banlieues, quartiers













