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09/09/2013

Un peu de beauté (perdue) dans ce monde de merde (6) : Indiens par Edward S. Curtis & Talking Heads

Billet du 05.04.2009 maj 09.09.2013 (remis la chanson des T.H.)


On connait tous les photos d'indiens prises il y a un siècle par Edward S. Curtis sans connaitre forcément son nom.

En voici quelques unes choisies parmi les milliers de son oeuvre monumentale.

12curtis.jpg
cheyenne indian-warriors.jpg
Guerriers cheyennes
 
Canon De Chelly - Navaho.jpg
"Le canon de Chelly, en territoire navajo"

 

Et écoutons le vent avec Mojique, et avec les "Têtes parlantes".


 

Mojique sees his village from a nearby hill
Mojique thinks of days before americans came
He sees the foreigners in growing numbers
He sees the foreigners in fancy houses
He thinks of days that he can still remember...now.

Mojique holds a package in his quivering hands
Mojique sends the package to the american man
Softly he glides along the streets and alleys
Up comes the wind that makes them run for cover
He feels the time is surely now or never...more.

The wind in my heart
The wind in my heart
The dust in my head
The dust in my head
The wind in my heart
The wind in my heart
(come to) drive them away
Drive them away.u

Mojique buys equipment in the market place
Mojique plants devices in the free trade zone
He feels the wind is lifting up his people
He calls the wind to guide him on his mission
He knows his friend the wind is always standing...by.

Mojique smells the wind that comes from far away
Mojique waits for news in a quiet place
He feels the presence of the wind around him
He feels the power of the past behind him
He has the knowledge of the wind to guide him...on.

The wind in my heart
The wind in my heart
The dust in my head
The dust in my head
The wind in my heart
The wind in my heart
(come to) drive them away
Drive them away.

 

Et à celles et ceux qui ne comprendraient pas pourquoi certains n'ont pas confiance dans les traités signés par les occidentaux et les étatsuniens en particulier, je conseille d'aller réviser l'histoire des guerres indiennes.

Et pas la peine de me taxer d'antiaméricanisme primaire. Ce pays a de magnifiques qualités mais il a le gros défaut d'oublier ses propres défauts. Et d'oublier la tache indélébile sur laquelle il s'est bâti, comme beaucoup d'autres pays fondés sur le principe de Terra Nullius, justifiant la colonisation (ça vous rappelle pas autre chose?).

Alors profitez de la beauté perdue que nous évoquent les photographies de Curtis et la chanson des Talking Heads.

Poussières dans ma tête
Le vent dans mon coeur...

 

Paz y Salud !

Zgur

 

voir aussi Un peu de beauté dans ce monde de merde (5) et toujours chez l'ami Fleuryval



 D'autres "Un peu de beauté dans ce monde de merde"

04/09/2013

Mais puisqu'on vous dit depuis toujours que le nucléaire est sans danger

Billet du 16.03.2011 MAJ le 04.09.2013 (avec ajout du cadre 2013)

 

Tiens, j'ai retrouvé ce vieux dessin de Cabu* dans mes archives.

Il doit dater du début des années 90 et provenir du Canard Enchaîné.

Je l'avais gardé pour son sens ... finalement prophétique.

politique,nucléaire,japon,tchernobyl,fukushima


A vous de compléter le dernier rectangle.

Arf jaune !

Zgur

 

 

*Bien que j'aime beaucoup certains de ses dessins, je n'oublie pas le silence (la lâcheté ?) de Cabu lors de l'affaire Siné-Val-Charlie.

 

 

Et lisez le FUKUSHIMA REALTIME

03/09/2013

Une heure avec Jacques Ellul, l'homme qui avait presque tout prevu

Billet revu et augmenté le 03.09.2013 à13h00


Dans son billet sur "La célébration du vide" du Grand Journal de Canal Plus, Authueil fait référence à un livre et à la pensée de Jacques Ellul.

La pensée d'Ellul est très intéressante mais j'avoue humblement que j'ai eu beaucoup de mal à lire en partie un de ses bouquins. Trop ardu pour moi.

Et il en a écrit une soixantaine !

Alors je me suis contenté de lire des articles sur lui ainsi que l'excellent bouquin de Jean-Luc Porquet dont je vous conseille vivement la lecture :

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Ou d'écouter ce qu'on trouve de lui

En voici pour presque une heure, très intéressante :


Extraits : 

"C'est un des aspects qui est très grave dans notre société, c'est que la technique ayant détruit tout ce que l'homme appelait ou considérait comme le sacré, dans la nature, etc., eh bien l'homme est spontanément amené à regarder la technique comme du sacré."

...

Je ne voudrais pas effectivement que mon discours soit trop pessimiste et trop fermé.

Je voudrais expliquer que l'homme étant encore, encore, un peu, un homme, ayant encore des besoins humains, étant encore capable d'amour, étant encore capable de pitié, étant encore capable d'amitié, ... et bien cet homme va - Est-ce qu'il va le faire ? Est-ce qu'il ne va pas le faire ? - prendre conscience de cette détermination par la technique, de cette suppression de ces obligations dans lesquelles il est engagé, de ces conditionnements techniques.

S'il prend conscience, alors là commence pour lui la liberté.

Parce que c'est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine que nous faisons le plus grand acte de liberté. A partir du moment où je suis capable de l'analyser comme j'analyserais un caillou comme j'analyserais n'importe quel objet, où je peux l'analyser ou je peux percer ses orientations à partir du moment où j'arrive à démonter les enchaînements de ce système technicien, et bien, c'est là que commence ma liberté.

Mais aussi, je sais que je suis déterminé, par ce système technicien.

...

Il faut toujours savoir que tout progrès technique se paie.
Que tout bonheur de l'homme se paie.
Et qu'il faut toujours se demander quel est le prix que l'on va payer.

Quand Hitler est arrivé au pouvoir, on a dit "Mais les allemands sont fous.  Ils ont tous été pour Hitler ou presque."
Bien sûr.
Hitler a fait disparaitre le chômage rapidement.
Il a redonné au Mark toute sa valeur très rapidement.
Il a fait multiplier brusquement la croissance économique très rapidement.
Comment voulez vous qu'une population peu informée et qui voit ces miracles économiques se produire, comment voulez-vous qu'elle soit contre ?
Il suffisait de se poser la question : Quel est le prix ?
Qu'est-ce  que l'on paye, ou qu'est-ce que l'on va payer en échange de ce progrès économique, de cette amélioration du Mark, de cette suppression du chômage etc.
Qu'est ce que ça va coûter ?
On se serait alors rendu compte que cela risquait de coûter très cher cette réussite là, mais ça, c'est typique de notre société moderne.

Alors que dans une société traditionnelle, on pose toujours cette question là. Toujours. C'est à dire, si je fait ceci qui perturbe l'ordre du monde, qu'est ce que cela va coûter ?"


Il a dit aussi quelque part :

 "Ce qui s'est produit a, presque chaque fois et dans tous les domaines, confirmé ce que j'avais prévu. Or, je ne puis m'en réjouir, ni m'en enorgueillir, car j'écrivais pour éviter qu'il en soit ainsi!"

 

Alors ? Ellul, un prophète de malheur ?

Ou (encore) quelqu'un trop en avance sur son temps et qu'on aurait du plus écouter ?


Arf !

Zgur_


28/08/2013

Pourquoi nous sommes mal payés

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Voici un premier extrait d'un livre que j'ai lu cet été et dont je vous reparlerai très prochainement :

    "..., l'idée que l'on doit mériter son salaire par l'effort n'imprègne pas d'emblée le tissu social. Les ouvriers eux-mêmes ne sont pas motivés par l'idée de "mériter" leur salaire. Comme le raconte André Gorz dans Les métamorphoses du travail*, le travailleur des premières manufactures n'a pas l'objectif de "travailler plus pour gagner plus", autrement dit de mériter son salaire par l'effort. Si on le paye davantage, il travaille moins : il travaille le temps qui lui est nécessaire pour vivre. D'où la stratégie des premiers capitalistes : payer les ouvriers une misère, afin qu'ils soient obligés de travailler pour vivre.

    Dans tous les cas, si les "libéraux" de l'époque des lumières attendaient l'avènement d'un  peuple de travailleurs indépendants, ce qui s'impose est bien plutôt la réalité d'un misérable prolétariat, littéralement condamné à la survie. Caractérisant le libéralisme économico-politique, l'idéal révolutionnaire du travailleur, sujet de droit, possédant sa force de travail, laisse place à l'idéal libéral (au sens d'un libéralisme cette fois purement économique) du travailleur comme "objet" dans le processus de production : un travailleur qu'il s'agit de bien gérer, de manière à assurer une productivité maximale. Le capitalisme transforme la "liberté de travailler" en une nouvelle forme d'esclavage, vidant de sont sens le "mérite" des textes et idéaux révolutionnaires."

Angélique Del Rey, "La tyrannie de l'évaluation",
ed. La Découverte, Paris 2013, pp 17-18

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Cet extrait n'est pas représentatif du contenu du livre d'Angélique Del Rey (non, rien à voir avec Lana ! ;0) mais si je savais déjà que "Travailler plus pour gagner plus" était une escroquerie (sarkozyste)**, j'ai appris qu'elle vient de loin.

Je reviendrai très vite sur le contenu de ce bouquin passionnant, qui explique et démystifie quelques croyances simplistes de nos sociétés du "mérite", et des classements et évaluations qui les sous-tendent soi-disant de façon "objective".

Ça cogne.

Dur.

Arf !

Zgur_

 

 

* André Gorz, Les Métamorphoses du travail, Gallimard, 2010

 

** Les gens les plus riches ne tirent pas de leur travail  la plus grande partie de leurs revenus , n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas, demandez donc à Mme Bettencourt qui n'a jamais travaillé. CQFD

 

 

 

 

21/08/2013

Ce jeune homme a dit la vérité, Bradley Manning doit être exécuté

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Voilà.

Bradley Manning vient de se prendre 35 ans de prison.

La très grande démocratie étatsunienne dans sa très grande clairvoyance a décidé de punir et d'intimider.

Comme si souvent dans son histoire (1).

Or le très grand tort de Bradley Manning est avant tout d'avoir exposé une vérité - que beaucoup supposaient ou connaissaient déjà mais que les autorités étatsuniennes souhaitaient à tout prix garder secrète.

Parce que cette vérité n'est pas belle. Elle ne cadre pas avec la belle légende dorée et l'histoire officielle du pays de la démocratie et de la liberté.

Cette histoire m'a rappelé cette chanson de Guy Béart dont les paroles sonnent comme jamais aujourd'hui (même si Guy Béart est un "sale con de droite" comme dit JeandelaXR en commentaire) :

 

 La vérité (Guy Béart  - 1968)

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D´abord on le tue Puis on s´habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes Parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté.

J´affirme que l´on m´a proposé beaucoup d´argent
Pour vendre mes chances
Dans le Tour de France
Le Tour est un spectacle et plaît à beaucoup de gens
Et dans le spectacle
Y a pas de miracle
Le coureur a dit la vérité
Il doit être exécuté.

A Chicago un journaliste est mort dans la rue
Il fera silence Sur tout ce qu´il pense
Pauvre Président tous tes témoins ont disparu
En chœur ils se taisent Ils sont morts les treize
Le témoin a dit la vérité Il doit être exécuté.

Le monde doit s´enivrer de discours pas de vin
Rester dans la ligne
Suivre les consignes
A Moscou un poète à l´Union des écrivains
Souffle dans la soupe
Où mange le groupe.
Le poète a dit la vérité
Il doit être exécuté.

Combien d´hommes disparus qui un jour ont dit non
Dans la mort propice
Leurs corps s´évanouissent
On se souvient ni de leurs yeux ni de leur nom
Leurs mots qui demeurent
Chantent "juste" à l´heure.
L´inconnu a dit la vérité Il doit être exécuté.

Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha
La foule sans tête
Etait à la fête
Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas
C´est plus juste en somme
D´abattre un seul homme.
Ce jeune homme a dit la vérité Il doit être exécuté.

Ce soir avec vous j’ai enfreint la règle du jeu
J’ai enfreint la règle
Des moineaux, des aigles
Vous avez très peur pour moi car vous savez que je
Risque vos murmures
Vos tomates mûres
Ma chanson a dit la vérité Vous allez m’exécuter
Ma chanson a dit la vérité Vous allez m’exécuter
 

SI cette chanson était reprise (ou écrite aujourd'hui), il faudrait sans nul doute lui ajouter un couplet pour les "lanceurs d'alerte" comme Bradley Manning.

Et Julian Assange, Et Edward Snowden et tant d'autres.

Ces héros qui risquent leurs vies pour nos libertés.

Tiens, c'est ce que disait le monde "libre" et particulièrement les Etats Unis, des dissidents soviétiques.

Sale ironie de l'Histoire ...

Comme le dit Ben Wizner, Director, ACLU Speech, Privacy & Technology Project :

"This is a sad day for Bradley Manning, but it’s also a sad day for all Americans who depend on brave whistleblowers and a free press for a fully informed public debate."

 
"C'est un triste jour pour Bradley Manning mais aussi pour tous les américains qui dépendent de courageux lanceurs d'alertes et d'une presse libre pour un débat public pleinement informé."
 

Mais qui ose prétendre encore dans les hautes sphères que les citoyens doivent être pleinement informés ?

Qui l'a jamais prétendu en vrai (2)? 

...

TINA ?

Arf !

Zgur_


(1) Lire l'excellent livre d'Howard Zinn "Une histoire populaire des Etats-Unis - de 1492 à nos jours" et aussi, par exemple, le sort réservé aux Molly McGuire (chez Article11)

 (2) Lire "L'imposture démocratique" de Luciano Canfora

16/08/2013

Le perroquet soviétique, le banquier suisse et la marmotte

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Une petite blague d'avant la chute du mur de Berlin disait :

En 1950, l'URSS vit pleine période stalinienne.

Dans un appartement collectif de Moscou, il y avait un perroquet qu'Yvan avait sans doute racheté à un hoolligan déviationniste titiste qui l'avait dressé à répéter constamment :

- Rhoo ... Staline est un gros enculé capitaliste étatiste ... Staline est un gros enculé capitaliste...

Ce qui faisait beaucoup rire Ivan et ses colocataires.

Mais évidemment, le KGB fut averti de celà et déboula un jour dans l'appartement au perroquet.

L'agent demanda au propriétaire du perroquet :

- Fait parler ton perroquet !

Et le perroquet de clamer :

- Rhoo ... Staline est un gros enculé capitaliste étatiste... Rhoo... Staline est un gros enculé capitaliste...

Le kagébiste en colère dit au propriétaire du perroquet :

- Mais ça ne va pas du tout ça. Comment oses-tu avoir un oiseau qui insulte notre Père à tous bien aimé ? Tu vas avoir de gros, gros problèmes si tu ne règles pas ça rapidement. Ecoute, je suis dans un jour de bonté je te donne une semaine pour corriger ton perroquet. Sinon tu finiras en prison, et lui ... couic !

Ivan s'adresse alors au perroquet :

- Allez, parle bien sinon on va mal finir!

- Rhoo ... Staline est un gros enculé capitaliste étatiste ... Rhoo... Staline est un gros enculé capitaliste...

Faché, Ivan laisse le perroquet dans le noir jusqu'au lendemain. Puis lui redemande:

- Parle !

- Rhoo ... Staline est un gros enculé capitaliste étatiste ... Rhoo... Staline est un gros enculé capitaliste...

Encore plus faché mais commençant à prendre peur, Ivan réfléchit et décide de mettre son perroquet dans la chambre froide collective en attendant le retour du kagébiste.

Quand ce dernier revient après la semaine de grâce, il demande à Ivan :

- Alors, tovaritch, où est ton perroquet ? J'espère qu'il a changé de discours sur notre grand et bien-aimé Staline.

Et Ivan de répondre :

- Vois et écoute par toi même, camarade.

Ivan sort alors le perroquet de la chambre froide et celui-ci se met à déclamer

- Ô Grand Staline, Ô chef des peuples;
  Toi qui fais naître l'homme
  Toi qui féconde la terre
  Toi qui rajeunis les siècles
  Toi qui fais fleurir le printemps
  Toi qui fais vibrer les cordes musicales
  Tu es la fleur de mon printemps
  Un soleil reflété par des millions de cœurs humains. (1)

 Surpris mais satisfait, le kagébiste demande alors à Ivan :

- Très bien.
  Mais qu'as-tu fait ?

Et Ivan de répondre :

- Moi ? ... Rien !
  Mais quelques jours de Goulag ...

 

Aujourd'hui la presse raconte : le banquier suisse Condamin-Gerbier n'a pas de liste de politiciens français ayant fraudé le fisc.

 

Et la marmotte, elle aussi, évite d'aller au Goulag (2)  et met le chocolat dans le papier alu...

 

Arf !

Zgur_

 

(1) poème de Rahimov, publié dans la Pravda, 28 aôut 1936.

(2) Le Goulag a fait l'objet de nombreuses blagues, mais il n'en n'était pas une. Pour ceux qui n'y connaissent rien, je conseille la lecture des livres de Varlam Chalamov  et de Jaques Rossi, et aussi du livre "Goulag", de Tomasz Kizny.

 

 

02/08/2013

Lectures estivales 2013

Quelques conseils de lecture en cette periode estivale :

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Siné Mensuel - numéro double juillet-août 2013 - 5.90 €

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CQFD - juillet-août + supplément été 2013  - 4.50 €

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"D’abord, les Etats-Unis ont appuyé les Frères musulmans, puis ils ont maintenu leur aide militaire au Caire lorsque le président Morsi fut «déposé» par l’armée. Une alliance conservatrice entre celle-ci et les Frères aurait constitué le scénario rêvé de Washington ; il est par terre."

Serge Halimi - Le Monde Diplomatique - août 2013

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"Hollande a gâché sa première chance, peut-être en aura t il une seconde. La "tendance bancaire" l'a emporté au sein du PS - un courant désormais bien plus puissant que les "rocardiens", "jospiniens" et autres "emmanuelistes".

Emmanuel Tood, interviewé par François Ruffin, in Fakir n°61 - 3 €

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Article 11 Juillet-Août 2013 - 3 €

 

Comme ils dsent chez CQFD, "Sans papier, pas d'octets !"

Ces journaux ont TOUS besoin de sous.

Alors si vous en avez un peu, achetez les (ou abonnez vous) plutôt que de vous contenter d'en lire gratos les sites internet.

Et à propos d'internet, je vous conseille aussi de lire, si ce n'est pas déjà fait :

"J'écris d'en bas"

"Toto 30 ans"


De la "Food fo thought",

Une bonne "matière à réfléchir".

Ce que certains devraient apprendre à faire avant de parler.

Arf !

Zgur_

 

Et hop ! Encorre un billet de feignasse, pendant que je sue sang et eau sur des billets bien plus ambitieux. Soyez patients. ;0)

28/06/2013

Montée du FN, décidément le PS n'a toujours rien compris depuis le 21 avril 2002

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La semaine dernière, l'UMP a gagné à Villeneuve sur Lot la circonscription où était élu Jérôme Cahuzac, le pourri qui demandait de la rigueur budgétaire alors que lui s'était soustrait à sa participation fiscale à ce bugdet, et depuis longtemps.

Le FN a perdu.

Mais quel que soit le sens dans lequel on triture les chiffres de ce deuxième tour (ainsi que ceux du premier tour), il est clair que le FN n'a pas tout perdu lors de cette élection. Et surement pas la complaisance des médias à son égard, mais là n'est pas mon sujet d'aujourd'hui.

Parce que on entend de nouveau les pleureuses du PS qui se lamentent de la fin du front "républicain" et qui, une fois de plus, rejettent la faute du PS sur les autres.

Ca n'est pas nouveau.

C'est toujours comme ça depuis un certain 21 avril 2002.

A force, ça devient agaçant.

Alors, j'ai fait une petite recherche dans mes archives. Et j'ai retrouvé ce que j'y cherchais.

Un article de libé du 24 avril 2002 qui m'avait frappé alors, intitulé:

"Je croyais que la gauche, c'était la justice sociale"

Extraits :

"Ahmed, 50 ans. Depuis trente et un ans en France et chez Citroën. «Oh, vous savez, moi, je suis algérien, pas français, alors je vote pas. Mais c'est sûr, je n'aurais pas voté Jospin. Les ouvriers, ils en ont marre des promesses.» Comme beaucoup de ses collègues, Ahmed est très remonté contre la réduction du temps de travail. «Les 35 heures ont arnaqué tout le monde. Les 35 heures, ça a donné trop d'avantages au patronat, ça a aggravé l'exploitation. Moi, je travaille depuis plus de trente ans ici, alors je vais pas commencer à cracher dessus. Mais avant, quand je travaillais le samedi, j'avais des primes. Maintenant, on me demande tout le temps de travailler en week end, et je n'ai rien

...

Et les 35 heures ? «On avait une meilleure paye il y a dix ans, lorsqu'on pouvait faire des heures supplémentaires le samedi. Aujourd'hui, on s'en sort moins bien qu'avant», affirme Patrick.

 ...

«Les 35 heures à l'usine, c'est d'abord de la flexibilité et encore plus de précarité. Chez nous, par exemple, on met maintenant des intérimaires à des postes à temps plein. C'est ça la vérité»

 ...

«chez nous, les 35 heures c'est juste 9 minutes par semaine de gagné». En échange, «il y a le travail de nuit et bientôt le week-end, et les salaires bloqués. On ne profite de rien».

...

«Moi j'ai l'impression que la gauche s'est foutue de nous. J'ai toujours voté PS jusque-là, mais ils ne s'intéressent plus aux ouvriers. Tout le monde se fout de notre gueule.»

...

La gauche ne comprend pas nos problèmes. Aujourd'hui, il n'y en a plus que pour les cadres, nous on ne compte plus.»

 ...

«C'est bien fait pour Jospin. Quand le conflit social battait son plein chez nous, je lui ai écrit personnellement en tant que syndicaliste. Pas de réponse. Pas un signe, rien. J'étais déçue : je ne demandais pas le tapis rouge, mais je pensais vraiment que la gauche c'était la justice sociale.»

 ...

Olivier fait partie des 28 % d'abstentionnistes. Furieux de la campagne du PS. «Au lieu d'aller à la pêche aux idées, avancer des convictions, faire preuve d'audace, la gauche gouvernementale s'est résignée à faire du copier-coller, de la surenchère en négatif plutôt que de s'attaquer aux racines des insécurités.» Il parle des insécurités sociales et économiques. «Quand on a été chômeur, précaire, on est meurtri, et cette sensation colle à la peau. Il faut du temps pour qu'un changement psychologique se produise. Ces insécurités-là sont encore plus violentes que l'insécurité physique.»

 Les mises en gras sont de moi.

Que c'est-il passé depuis 2002 ?

La mondialisation "heureuse" a continué son travail de sape des sociétés civiles avec un "socialiste" (Pascal Lamy) à la tête de l'Organisation Mondiale du Commerce.

La France a eu droit à dix année de droite (Chirac+ Sarkozy)

La trahison du référendum du TCE 2005 et du projet européen avec l'aide active du PS, même revenu au pouvoir (signature du Traité de Lisbonne sans vrai changement ni amélioration).

La crise bancaire qui a prouvé au moins deux choses : le capitalisme ne fonctionne pas selon les règles qu'il affiche puisque régulièrement il vient ponctionner l'argent des États et aussi que le pognon est là, oui, mais pour les banques. La différence c'est que maintenant ça se voit. Très bien.Et ça énerve. Très fort. Pendant que la stratégie du choc, utilisant la dette comme prétexte, se déploie en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, ...

Le PS a continué de se détourner des préoccupations populaires (à la remorque de Terra Nova, leur "Terre Neuve", ce pays où ils pourront enfin changer de peuple) pour se concentrer (voire se coucher) sur les préoccupations de "classes moyennes" dont il n'a qu'une très mauvaise définition, disons très (trop) CSP+.

Ah oui, dix ans après les "35 heures" sont toujours là. La droite s'est bien gardée, malgré ses hauts cris, de supprimer ce dispositif pavé de bonnes intention mais qui a apporté l'enfer aux salariés du bas de l'échelle, tellement les socialistes voulaient le mettre en place et étaient prêt à toutes les concessions. L'annualisation du temps de travail, la fin des heures sup' bien payées qui en découlait sont des avantages sur lesquels le patronat ne voudra pas revenir. Alors un jour, pour la "compétitivité", "on" remontera à 39 heures mais on laissera tout le reste en place.

Voilà.

Il serait intéressant que le journaliste de Libé retrouve ses témoins et voient leur évolution.

Elle ne doit pas être très  favorable au PS, ni à l'UMP.

"Je croyais que la gauche, c'était la justice sociale"

C'est la leçon du 21 avril 2002 que le PS n'a jamais voulu tirer.

Il cherche avant tout à se faire élire et réélire.

Quitte à changer d'électorat, comme l'a exprimé clairement Terra Nova.

D'une certaine façon, le PS peut être rassuré. Il a perdu et perd encore son électorat "naturel" mais n'en gagnera pas d'autre, ou du moins pas de façon pérenne.

On en est là.

Et plus avec l'ambiance délétère et les odeurs de pourrissement qui émane d'une partie de nos élites, corrompues...

Ça risque de faire mal.

Bientôt.

Comme l'écrivait Luciano Canfora dans l'Imposture démocratique :

"Le fondement des révolutions est avant tout la tension morale"

On verra bien.

Puisque ...

1724906201.jpgClic clic sur l'image pour écouter
la jolie chanson de Kent


"La fonction du discours de la terreur est de servir de prétexte pour la métamorphose du capitalisme libéral en capitalisme autoritaire."

Peter Sloterdijk

 

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Arf !

Zgur_

 

 
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