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11/11/2013

De la responsabilité des somnambules qui nous emmenent hier comme aujourd'hui à la guerre

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Non, ce ne sont pas eux, les somnambules.


Voilà.

Nous y sommes.

Dernier onze novembre avant le centenaire du début de la guerre de 14-18.

Mais ces connards d'officiels ont déjà lancé le "Centenaire 2014" ... en 2013 !

On se demande bien pourquoi si tôt. 

Peut-être pour se sentir moins seuls dans l'histoire des gens dits "responsables" qui emportent leurs peuples à la guerre comme des somnambules ?

"Les somnambules", c'est le titre du livre de Christopher Clark sur les causes de la Grande Guerre.

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Sans aucun doute un des livres à retenir dans la marée éditoriale qui va nous engloutir dans les mois à venir.

Allez lire ce qu'en dit la revue d'histoire Hérodote :

"l'auteur expose avec rigueur et clarté l'enchaînement de causes minimes qui a conduit au cataclysme de la Première guerre mondiale.

[...]

Au demeurant, il ressort de son analyse qu'aucun de ces dirigeants de la Belle Époque n'a sciemment voulu la guerre. Tels des somnambules qui marchent sans savoir où ils vont, tous se sont laissés piéger par leurs petites ambitions et c'est de la rencontre malheureuse de celles-ci qu'est née la conflagration.

Celle-ci a, somme toute, tenu à trois coups de revolver. Non pas celui de Sarajevo, difficilement évitable, mais ceux qui ont mis hors jeu Joseph Caillaux et assassiné le Premier ministre russe Piotr Stolypine et Jean Jaurès, trois leaders attachés à défendre la paix envers et contre tout."

Ce somnambulisme, cette politique à la petite semaine et aux petits intérêts boutiquiers de chacun des "responsables" politiques, les fauteurs de guerre (à ne pas oublier) et les appétits financiers et nationalistes (serbe notamment), tout cela à concouru au carnage dont on va "honorer" les combattants et les victimes pendant quelques mois.

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Mais dans notre Europe d'aujourd'hui, construite après un second carnage né de la mauvaise résolution du premier, de nouveaux somnambules nous emmènent consciemment ou inconsciemment vers un nouveau chaos. Les raisons semblent différentes, mais elle ressortent des mêmes appétits financiers et des mêmes ressorts boutiquiers à la petite semaine de nos "dirigeants".

Comme toujours, c'est Anatole France qui a raison :

 

politique,guerre,14-18,ww1,11 novembre,tardi
"Les profiteurs"


"On croit mourir pour la patrie : on meurt pour des industriels"

Il y rajouterai sans doute les fonds de pension. Et aujourd'hui TINA est leur complice, la dette leur outil.

Réveillons-nous !

Réveillons-les !


J'accuse, d'Abel Gance (1919)

Et d'ailleurs, ...

Ils font quoi, les allemands, l'an prochain ?

Arf !

Zgur_


Dessins de poilus de Jacques Tardi (dont il faut lire tous les livres sur la guerre de 14-18)

L'autre a été trouvé sur le blog de JP Dionnet et probablement tiré du livre "The Great anti-war cartoons", publié chez Fantagraphics

 

Et aussi :

A voir et compléter : la Liste de livres et de films à propos de la guerre de 14-18


Lire mes autres billets sur le 11 novembre :

 

03/10/2013

Toujours plus ne fait pas le bonheur

Billet promis et dédié à l'ami Cuicui ;0)

 

Voici "More", un superbe court-métrage d'animation de Mark Osbourne,  multi-primé en festivals, sélectionné aux Oscars, que j'ai vu un jour par hasard à la télé.

Sur une musique lancinante de New Order, son message est assez clair.

Et en cohérence avec l'esprit cette zone générale d'urgence relative.


 

On ne corrige pas une injustice par une autre injustice.

Une illusion n'est  toujours qu'une illusion.

Mais il y a toujours une lueur d'espoir au bout de l'horizon.

Arf !

Zgur_

 

En savoir plus sur "More" sur Wikipedia [en anglais]

 

 

 

13/09/2013

Des riches toujours plus riches ... et pour toujours ?

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NON,  malgré les incantations plus ou moins sincères,
le "ruissellement" de la richesse vers le bas ne fonctionne PAS !


Il y a des lectures, qui, au delà de leur grand intérêt, sont quand même un peu désespérantes.

Ainsi en est-il de l'article d'Emmanuel Todd dans Marianne n°855 sur le dernier livre de Thomas Piketty "Le capital au XXIe siècle" (Seuil, 2013).

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Extrait de l'article dans Marianne :

"Toutes les sociétés du passé peuvent être dites patrimoniales parce que dominées par une richesse héritée et concentrée. Que leur croissance moyenne ait été de 0.5%, 1 ou 2 % ne fait guère de différence dans la très longue durée si le taux de rendement du capital est de 5%. Nous aurons toujours au final, une société dans laquelle les 10% les plus riches détiennent 80% du capital et les seuls 1% des plus riches, la moitié.

1789 ne change rien. L'âge démocratique des livres d'histoire, entre 1789 et 1914, époque de l'alphabétisation de masse et de la diffusion du droit de suffrage, n'a permis aucune déconcentration du capital. Les 1% les plus riches détiennent un peu plus de 50% du capital en 1810, 60% en 1910. De tels résultats invitent à une sérieuse relecture de Tocqueville. Et des économistes : aucune autocorrection dans le temps, comme celle qu'avait suggéré Simon Kuznets au coeur de la guerre froide, aucun de ces retours automatiques à l'équilibre dont les économistes raffolent mais qu'on ne voit jamais. Ce sont les guerres du XXe siècle qui ont mis le capital et la rente au tapis, à travers les destructions physiques, l'inflation, les taxations d'urgence. En 1945, enfin le capital est maitrisé. L'âge du travail, des études et de la méritocratie peut s'épanouir. Les 1% supérieurs sont enfin définis par le travail plutôt que par l'héritage.

La démocratisation économique d'après 1945 ne prend cependant pas la forme d'une redistribution générale des cartes. Les 50% d'en bas continuent de ne rien posséder. L'innovation majeure de l'après-guerre est l'émergence d'une "classe moyenne patrimoniale", la possession de quelque choses par les "40% compris entre les 10% du haut et les 50% du bas : un logement, quelques réserves monétaires moins biens placées et moins rentables que la masse des très hauts revenus. Mais quand même, c'est une classe moyenne, selon Aristote, capable de donner à la société un socle de stabilité, et de la bloquer d'ailleurs."

[...]

"En l'absence d'une correction par l’État, la remontée de la société patrimoniale sera inexorable [après la période de la reconstruction].

Notre prise de conscience est lente. Les baby-boomers qui sont aux commandes croient encore que notre société est méritocratique, que l'effort et le succès scolaires sont la voie vers de hauts niveaux de vie. Les diplômes restent nécessaires, mais année après année, le poids de la fortune familiale détermine un peu plus le niveau de vie des individus, par héritage ou donation. Nous sommes en France à un point d'équilibre : les 1% des plus hauts revenus du travail s'équilibrent. Mais le retour aux commandes de riches non-diplômés et programmé."

[...]

"Au terme de ce livre, on a plutôt envie de se demander quelle crise surprenante et brutale permettra à nos pays vieillis, une remise à plat des compteurs et un redémarrage démocratique. Ou au contraire l'émergence, dans un monde toujours plus riche mais redevenu formidablement inégalitaire, de formes de domination souples et totales comme on n'en a jamais vu dans l'histoire."

(NB:  les mises en gras sont de moi. Z.)

Voilà.

Pas très optimiste, tout ça.

J'avoue que je ne le suis pas non plus et je ne suis pas tout seul (cf entre autres le livre d'Eric Verhaeghe dont j'ai déjà parlé ici).

Et ça fait un long moment que je vois venir une guerre civile et sociale généralisée.

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Car à moment donné, un catalyseur quelconque finira par allumer la mèche vers l'explosif social instable dans lequel nous baignons avec de plus en plus de conscience depuis que la "crise" est devenue chronique.


Comme disait avec justesse Alain Bertho :

"Une des raisons de l'exaspération, c'est que les préoccupations populaires ne sont pas mises à l'agenda politique officiel."

Cette exaspération croissante finira bien pas s'exprimer,

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Mais pas forcément en bien, et elle peut aussi être instrumentalisée (cf Aube Dorée en Grèce).

 

Mais encore, comme disait The Selecter en 1979 :

"Everyday... things are getting worse"

Déjà !

Mais ...

"Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres?"

Et sur un mur de Paris :

politique,Piketty,Emmanuel Todd, Le capital au XXIe siècle,guerre civile, ploutocratie

Alors qui sait ?

...

Mais pas de quoi se réjouir d'avance.

Arf !

Zgur_



Voir aussi chez France Info : "La concentration du patrimoine est une menace pour la démocratie"


09/09/2013

Un peu de beauté (perdue) dans ce monde de merde (6) : Indiens par Edward S. Curtis & Talking Heads

Billet du 05.04.2009 maj 09.09.2013 (remis la chanson des T.H.)


On connait tous les photos d'indiens prises il y a un siècle par Edward S. Curtis sans connaitre forcément son nom.

En voici quelques unes choisies parmi les milliers de son oeuvre monumentale.

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Guerriers cheyennes
 
Canon De Chelly - Navaho.jpg
"Le canon de Chelly, en territoire navajo"

 

Et écoutons le vent avec Mojique, et avec les "Têtes parlantes".


 

Mojique sees his village from a nearby hill
Mojique thinks of days before americans came
He sees the foreigners in growing numbers
He sees the foreigners in fancy houses
He thinks of days that he can still remember...now.

Mojique holds a package in his quivering hands
Mojique sends the package to the american man
Softly he glides along the streets and alleys
Up comes the wind that makes them run for cover
He feels the time is surely now or never...more.

The wind in my heart
The wind in my heart
The dust in my head
The dust in my head
The wind in my heart
The wind in my heart
(come to) drive them away
Drive them away.u

Mojique buys equipment in the market place
Mojique plants devices in the free trade zone
He feels the wind is lifting up his people
He calls the wind to guide him on his mission
He knows his friend the wind is always standing...by.

Mojique smells the wind that comes from far away
Mojique waits for news in a quiet place
He feels the presence of the wind around him
He feels the power of the past behind him
He has the knowledge of the wind to guide him...on.

The wind in my heart
The wind in my heart
The dust in my head
The dust in my head
The wind in my heart
The wind in my heart
(come to) drive them away
Drive them away.

 

Et à celles et ceux qui ne comprendraient pas pourquoi certains n'ont pas confiance dans les traités signés par les occidentaux et les étatsuniens en particulier, je conseille d'aller réviser l'histoire des guerres indiennes.

Et pas la peine de me taxer d'antiaméricanisme primaire. Ce pays a de magnifiques qualités mais il a le gros défaut d'oublier ses propres défauts. Et d'oublier la tache indélébile sur laquelle il s'est bâti, comme beaucoup d'autres pays fondés sur le principe de Terra Nullius, justifiant la colonisation (ça vous rappelle pas autre chose?).

Alors profitez de la beauté perdue que nous évoquent les photographies de Curtis et la chanson des Talking Heads.

Poussières dans ma tête
Le vent dans mon coeur...

 

Paz y Salud !

Zgur

 

voir aussi Un peu de beauté dans ce monde de merde (5) et toujours chez l'ami Fleuryval



 D'autres "Un peu de beauté dans ce monde de merde"

04/09/2013

Mais puisqu'on vous dit depuis toujours que le nucléaire est sans danger

Billet du 16.03.2011 MAJ le 04.09.2013 (avec ajout du cadre 2013)

 

Tiens, j'ai retrouvé ce vieux dessin de Cabu* dans mes archives.

Il doit dater du début des années 90 et provenir du Canard Enchaîné.

Je l'avais gardé pour son sens ... finalement prophétique.

politique,nucléaire,japon,tchernobyl,fukushima


A vous de compléter le dernier rectangle.

Arf jaune !

Zgur

 

 

*Bien que j'aime beaucoup certains de ses dessins, je n'oublie pas le silence (la lâcheté ?) de Cabu lors de l'affaire Siné-Val-Charlie.

 

 

Et lisez le FUKUSHIMA REALTIME

03/09/2013

Une heure avec Jacques Ellul, l'homme qui avait presque tout prevu

Billet revu et augmenté le 03.09.2013 à13h00


Dans son billet sur "La célébration du vide" du Grand Journal de Canal Plus, Authueil fait référence à un livre et à la pensée de Jacques Ellul.

La pensée d'Ellul est très intéressante mais j'avoue humblement que j'ai eu beaucoup de mal à lire en partie un de ses bouquins. Trop ardu pour moi.

Et il en a écrit une soixantaine !

Alors je me suis contenté de lire des articles sur lui ainsi que l'excellent bouquin de Jean-Luc Porquet dont je vous conseille vivement la lecture :

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Ou d'écouter ce qu'on trouve de lui

En voici pour presque une heure, très intéressante :


Extraits : 

"C'est un des aspects qui est très grave dans notre société, c'est que la technique ayant détruit tout ce que l'homme appelait ou considérait comme le sacré, dans la nature, etc., eh bien l'homme est spontanément amené à regarder la technique comme du sacré."

...

Je ne voudrais pas effectivement que mon discours soit trop pessimiste et trop fermé.

Je voudrais expliquer que l'homme étant encore, encore, un peu, un homme, ayant encore des besoins humains, étant encore capable d'amour, étant encore capable de pitié, étant encore capable d'amitié, ... et bien cet homme va - Est-ce qu'il va le faire ? Est-ce qu'il ne va pas le faire ? - prendre conscience de cette détermination par la technique, de cette suppression de ces obligations dans lesquelles il est engagé, de ces conditionnements techniques.

S'il prend conscience, alors là commence pour lui la liberté.

Parce que c'est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine que nous faisons le plus grand acte de liberté. A partir du moment où je suis capable de l'analyser comme j'analyserais un caillou comme j'analyserais n'importe quel objet, où je peux l'analyser ou je peux percer ses orientations à partir du moment où j'arrive à démonter les enchaînements de ce système technicien, et bien, c'est là que commence ma liberté.

Mais aussi, je sais que je suis déterminé, par ce système technicien.

...

Il faut toujours savoir que tout progrès technique se paie.
Que tout bonheur de l'homme se paie.
Et qu'il faut toujours se demander quel est le prix que l'on va payer.

Quand Hitler est arrivé au pouvoir, on a dit "Mais les allemands sont fous.  Ils ont tous été pour Hitler ou presque."
Bien sûr.
Hitler a fait disparaitre le chômage rapidement.
Il a redonné au Mark toute sa valeur très rapidement.
Il a fait multiplier brusquement la croissance économique très rapidement.
Comment voulez vous qu'une population peu informée et qui voit ces miracles économiques se produire, comment voulez-vous qu'elle soit contre ?
Il suffisait de se poser la question : Quel est le prix ?
Qu'est-ce  que l'on paye, ou qu'est-ce que l'on va payer en échange de ce progrès économique, de cette amélioration du Mark, de cette suppression du chômage etc.
Qu'est ce que ça va coûter ?
On se serait alors rendu compte que cela risquait de coûter très cher cette réussite là, mais ça, c'est typique de notre société moderne.

Alors que dans une société traditionnelle, on pose toujours cette question là. Toujours. C'est à dire, si je fait ceci qui perturbe l'ordre du monde, qu'est ce que cela va coûter ?"


Il a dit aussi quelque part :

 "Ce qui s'est produit a, presque chaque fois et dans tous les domaines, confirmé ce que j'avais prévu. Or, je ne puis m'en réjouir, ni m'en enorgueillir, car j'écrivais pour éviter qu'il en soit ainsi!"

 

Alors ? Ellul, un prophète de malheur ?

Ou (encore) quelqu'un trop en avance sur son temps et qu'on aurait du plus écouter ?


Arf !

Zgur_


28/08/2013

Pourquoi nous sommes mal payés

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Voici un premier extrait d'un livre que j'ai lu cet été et dont je vous reparlerai très prochainement :

    "..., l'idée que l'on doit mériter son salaire par l'effort n'imprègne pas d'emblée le tissu social. Les ouvriers eux-mêmes ne sont pas motivés par l'idée de "mériter" leur salaire. Comme le raconte André Gorz dans Les métamorphoses du travail*, le travailleur des premières manufactures n'a pas l'objectif de "travailler plus pour gagner plus", autrement dit de mériter son salaire par l'effort. Si on le paye davantage, il travaille moins : il travaille le temps qui lui est nécessaire pour vivre. D'où la stratégie des premiers capitalistes : payer les ouvriers une misère, afin qu'ils soient obligés de travailler pour vivre.

    Dans tous les cas, si les "libéraux" de l'époque des lumières attendaient l'avènement d'un  peuple de travailleurs indépendants, ce qui s'impose est bien plutôt la réalité d'un misérable prolétariat, littéralement condamné à la survie. Caractérisant le libéralisme économico-politique, l'idéal révolutionnaire du travailleur, sujet de droit, possédant sa force de travail, laisse place à l'idéal libéral (au sens d'un libéralisme cette fois purement économique) du travailleur comme "objet" dans le processus de production : un travailleur qu'il s'agit de bien gérer, de manière à assurer une productivité maximale. Le capitalisme transforme la "liberté de travailler" en une nouvelle forme d'esclavage, vidant de sont sens le "mérite" des textes et idéaux révolutionnaires."

Angélique Del Rey, "La tyrannie de l'évaluation",
ed. La Découverte, Paris 2013, pp 17-18

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Cet extrait n'est pas représentatif du contenu du livre d'Angélique Del Rey (non, rien à voir avec Lana ! ;0) mais si je savais déjà que "Travailler plus pour gagner plus" était une escroquerie (sarkozyste)**, j'ai appris qu'elle vient de loin.

Je reviendrai très vite sur le contenu de ce bouquin passionnant, qui explique et démystifie quelques croyances simplistes de nos sociétés du "mérite", et des classements et évaluations qui les sous-tendent soi-disant de façon "objective".

Ça cogne.

Dur.

Arf !

Zgur_

 

 

* André Gorz, Les Métamorphoses du travail, Gallimard, 2010

 

** Les gens les plus riches ne tirent pas de leur travail  la plus grande partie de leurs revenus , n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas, demandez donc à Mme Bettencourt qui n'a jamais travaillé. CQFD

 

 

 

 

21/08/2013

Ce jeune homme a dit la vérité, Bradley Manning doit être exécuté

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Voilà.

Bradley Manning vient de se prendre 35 ans de prison.

La très grande démocratie étatsunienne dans sa très grande clairvoyance a décidé de punir et d'intimider.

Comme si souvent dans son histoire (1).

Or le très grand tort de Bradley Manning est avant tout d'avoir exposé une vérité - que beaucoup supposaient ou connaissaient déjà mais que les autorités étatsuniennes souhaitaient à tout prix garder secrète.

Parce que cette vérité n'est pas belle. Elle ne cadre pas avec la belle légende dorée et l'histoire officielle du pays de la démocratie et de la liberté.

Cette histoire m'a rappelé cette chanson de Guy Béart dont les paroles sonnent comme jamais aujourd'hui (même si Guy Béart est un "sale con de droite" comme dit JeandelaXR en commentaire) :

 

 La vérité (Guy Béart  - 1968)

Le premier qui dit se trouve toujours sacrifié
D´abord on le tue Puis on s´habitue
On lui coupe la langue on le dit fou à lier
Après sans problèmes Parle le deuxième
Le premier qui dit la vérité
Il doit être exécuté.

J´affirme que l´on m´a proposé beaucoup d´argent
Pour vendre mes chances
Dans le Tour de France
Le Tour est un spectacle et plaît à beaucoup de gens
Et dans le spectacle
Y a pas de miracle
Le coureur a dit la vérité
Il doit être exécuté.

A Chicago un journaliste est mort dans la rue
Il fera silence Sur tout ce qu´il pense
Pauvre Président tous tes témoins ont disparu
En chœur ils se taisent Ils sont morts les treize
Le témoin a dit la vérité Il doit être exécuté.

Le monde doit s´enivrer de discours pas de vin
Rester dans la ligne
Suivre les consignes
A Moscou un poète à l´Union des écrivains
Souffle dans la soupe
Où mange le groupe.
Le poète a dit la vérité
Il doit être exécuté.

Combien d´hommes disparus qui un jour ont dit non
Dans la mort propice
Leurs corps s´évanouissent
On se souvient ni de leurs yeux ni de leur nom
Leurs mots qui demeurent
Chantent "juste" à l´heure.
L´inconnu a dit la vérité Il doit être exécuté.

Un jeune homme à cheveux longs grimpait le Golgotha
La foule sans tête
Etait à la fête
Pilate a raison de ne pas tirer dans le tas
C´est plus juste en somme
D´abattre un seul homme.
Ce jeune homme a dit la vérité Il doit être exécuté.

Ce soir avec vous j’ai enfreint la règle du jeu
J’ai enfreint la règle
Des moineaux, des aigles
Vous avez très peur pour moi car vous savez que je
Risque vos murmures
Vos tomates mûres
Ma chanson a dit la vérité Vous allez m’exécuter
Ma chanson a dit la vérité Vous allez m’exécuter
 

SI cette chanson était reprise (ou écrite aujourd'hui), il faudrait sans nul doute lui ajouter un couplet pour les "lanceurs d'alerte" comme Bradley Manning.

Et Julian Assange, Et Edward Snowden et tant d'autres.

Ces héros qui risquent leurs vies pour nos libertés.

Tiens, c'est ce que disait le monde "libre" et particulièrement les Etats Unis, des dissidents soviétiques.

Sale ironie de l'Histoire ...

Comme le dit Ben Wizner, Director, ACLU Speech, Privacy & Technology Project :

"This is a sad day for Bradley Manning, but it’s also a sad day for all Americans who depend on brave whistleblowers and a free press for a fully informed public debate."

 
"C'est un triste jour pour Bradley Manning mais aussi pour tous les américains qui dépendent de courageux lanceurs d'alertes et d'une presse libre pour un débat public pleinement informé."
 

Mais qui ose prétendre encore dans les hautes sphères que les citoyens doivent être pleinement informés ?

Qui l'a jamais prétendu en vrai (2)? 

...

TINA ?

Arf !

Zgur_


(1) Lire l'excellent livre d'Howard Zinn "Une histoire populaire des Etats-Unis - de 1492 à nos jours" et aussi, par exemple, le sort réservé aux Molly McGuire (chez Article11)

 (2) Lire "L'imposture démocratique" de Luciano Canfora

 
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