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07/06/2009

Elections européennes : Un peu plus de merde dans ce monde de merde

Voilà.

La "majorité" présidentielle pavoise.

Les vieux et les de droite sont sortis voter, eux. Donc elle est première. Elle est loin devant le PS. Mission accomplie.

Certes elle n'a que 28% de 40% des inscrits soit seulement 11,2% des inscrits mais elle nous emmerde, elle est devant, "ce qui n'était jamais arrivé à un parti au pouvoir"  dixit le storytelling appris et répété ce soir par les Bertrand, Copé et ocnsorts.

D'ailleurs la propaganda est à l'oeuvre : "Le parti présidentiel n’est qu’à trois points du score de Nicolas Sarkozy lors du premier tour de la présidentielle." selon France Info ! alors que la participation aux élections présidentielles de 2007 fut de 83,77 % ! Cherchez l'erreur!

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L'UMP en tête ! "Au moins il nous dirige quelque part !"

 

...

Alors merci à tous.

Merci au Parti Solférinesque, incapable de réunir ses propres électeurs.

Merci aux sondeurs qui nous ont raconté des conneries (comme d'hab.)

Merci aux journalistes, toujours aussi nuls et incompétents.

Merci aux apparatchicks de tous partis rabougris dans leur querelles d'appareils et d'amibitions petit-bras.

Merci aux abstentionnistes qui sont tombés dans le piège.

Et merci aussi aux abstentionnistes de gauche.

...

 

La démolition va continuer.

Fallait déjà pas les inviter en 2007.

Alors fallait encore moins les conforter en 2009.

Prochain round électoral en 2010 pour les régionales.

Puis en 2012.

...

2012 ou la fin du monde selon les mayas.

Au moins, ça nous évitera un deuxième quinquennat de Sarko !

Arf !

Zgur

 

04/06/2009

Abstention, piège à cons

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A l'approche des prochaines élections européennes, la question de l'abstention est revenu dans les discussions. J'y ai souvent participé et il ne surprendra aucun lecteur de ce modeste blog que je suis pour le vote et contre l'abstention. J'ai tenté de synthétiser mes différentes interventions en ce qui suit :

Nous avons trois options "offertes" par notre système de représentation "démocratique" :

- s'abstenir

- voter blanc ou nul (inscrire "connards" ou "merde" sur son bulletin, tant qu'on a un bulletin)

- exprimer son vote

sans oublier le fait que de nombreuses personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales.

Cela fait donc plutôt quatre options possibles, en tenant compte du refus de s'inscrire :

 

1) Ne pas être inscrit (volontairement)

C'est rejeter le système. Par principe.

C'est une position honorable mais qui n'est cohérente QUE si on rejette tout le système et qu'on crée le sien dans son coin. Quelqu'un qui refuse de s'inscrire et de voter et qui vient après réclamer une hausse du RMI me semble particulièrement incohérent. Voire un simple parasite du système qu'il honnit mais qui ne peut vivre qu'en symbiose avec ce même système qu'il prétend rejeter.

 

2) S'abstenir

A priori, c'est une autre façon de rejeter le système, de refuser l'offre qui nous est présentée.

Mais s'abstenir, c'est laisser les autres décider du choix. Jusqu'à les laisser, même peu nombreux, même moins nombreux, choisir le pire. On ne sait pas pas non plus déterminer dans les abstentionnistes qui sont ceux qui rejettent le système et qui sont ceux qui s'en foutent ou ont simplement oublié (?) ou sont dans l'impossibilité temporaire de voter.

 

3) Voter blanc ou volontairement nul

C'est rejeter le choix qui nous est offert. Et le faire savoir.

Ce vote n'est pas pris en compte dans le calcul des pourcentages. Le chiffre brut des "blancs et nuls" n'est d'ailleurs pas communiqués dans les résultats. Comme il m'a toujours intéressé, j'ai toujours du le déduire approximativement à partir du pourcentage et du nombre de votants. Les tenants de la prise en compte du vote blanc sont nombreux. J'en fais partie à deux conditions, celle de rendre le vote obligatoire et celle d'annuler le vote (et de recommencer) si les blancs atteignent un certain niveau (à déterminer mais plutôt élevé).

Je considère qu'un vote blanc est plus marquant de l'expression du rejet qu'un abstention. Et si on atteignait 40% de votes blancs (et nuls) plutôt que 40% d'abstention, cela aurait plus de poids dans le débat politique. C'est ce que veut montrer l'écrivain portugais et Prix Nobel de Littérature 1998 José Saramago dans son roman "La lucidité" (1)

 

4) Exprimer son vote

C'est exprimer son choix.

Et choisir, c'est bien connu, c'est renoncer.  C'est donc souvent voter à son corps défendant pour un(e) candidat(e) ou une liste qui ne nous convient pas tout à fait. Hélas, c'est le cas dans la plupart des choix que nous avons à faire dans la vie. Très rares sont les  moments de notre vie où nos choix, nos actions, les objets de nos choix sont  en accord total avec nos convictions profondes. Si rares d'ailleurs qu'on s'en souvient généralement  toute notre vie.

J'ai vraiment l'impression que celles et ceux qui disent ne pas vouloir aller voter parce que "Ils" n'ont pas tenu compte de notre vote NON au TCE (donc que voter ne sert à rien) sacralisent le vote bien plus que je ne le fais.

Mon choix est de d’abord virer les plus nocifs ou de les empêcher d’arriver au pouvoir, qu’il soit local, régional ou national. "Primus non nocere", comme dit le serment d’Hippocrate, "D’abord ne pas nuire".

S je partage l'avis de beaucoup sur Ségolène Royal et le P"S", je préfèrerais quand même aujourd’hui être en train de contester sa politique social traître plutôt que d’avoir envie de dégueuler chaque fois que mon oeil se pose sur Sarko dans tous les journaux. Et je rappelle que quelques personnes seraient encore en vie plutôt que de s’être (entre autre) jetés par la fenêtre pour éviter les rafles de notre belle police sarkozyste. Pour moi ça fait déjà une grande différence. "Primus non nocere" ...

Et pour les élections européennes, ne pas voter c’est rater la seule occasion de voter à la proportionnelle (même faussée par les scrutins régionaux) et de peut-être trouver une liste correspondant mieux à nos idées. Certes, on n’empêchera pas, par exemple, Barnier et Dati d’être élus en Ile de France, mais on peut limiter le nombre de leurs amis.

Et cela aura un impact puisque le parlement européen a plus de pouvoir que le parlement (de godillots umpistes) français (voir le cas du temps de travail, dans la chronique de Gérard Filoche dans Siné Hebdo de cette semaine).

Bref, la tactique de François Ruffin et ses amis à Amiens (on se débarrasse d’abord de de Robien et ensuite on rappelle aux nouveau élus le lendemain même de la victoire pourquoi on l’a fait et ce qu’on veut vraiment) me semble bien plus intéressante.

Mon cauchemar est une France qui se comporterait comme Levallois (2) suivant la loi de Blakany et qui conforterait ainsi Sarko et sa clique avec plus d’abstentionnistes que de votants pour eux  !

Alors même si la couverture de Siné Hebdo me fait rire :

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Je suis sûr que tant qu'à se faire baiser, il vaut mieux quer ce soit avec de la vaseline et en le sachant qu'à sec et par surprise.

Et ce n’est surement pas en s'abstenant dimanche prochain qu’on empêche(ra) l’élection au parlement européen de quelques connards  de droite de plus, ou de ceux qui se prétendent de gauche.

Si élections = piège à cons, je sais, mais c'est parfois utile et très simple pour se débarrasser de fâcheux.

Alors, évitons de les inviter.

Votons (et PAS nul, ni blanc, si possible).

Arf !

Zgur

 

 

Notes :

(1) "Ce que je dis, c’est que on peut choisir de voter pour un parti, on peut rester chez soi, on peut rayer son vote ou on peut voter blanc. L’abstention, c’est la solution la plus facile, mais ce n’est guère significatif. Tandis que les gens qui font l’effort d’aller voter peuvent, par le vote blanc, exprimer d’une manière claire un mécontentement. Et dire qu’ils en ont marre de voter depuis si longtemps sans voir, dans les faits, de changement. Même 20% de votes blancs pousseraient les gens à réfléchir. Vous savez, je ne fais pas mystère de mes convictions, je suis communiste. On me l’a souvent reproché, comme si j’étais un ennemi de la démocratie. C’est absurde. Je suis, au contraire, un communiste qui dit : sauvons la démocratie. Car ce que nous avons là, que nous appelons démocratie, n’est qu’un simulacre. On se rit des pauvres dans les cabinets du pouvoir. On rigole du troupeau que nous sommes. Il est temps de faire quelque chose."

cf entretien avec Saramango là : http://partiblanc.blogspot.com/search/label/saramago

 

(2) L'éléction de Blakany en 2001 à Levallois ayant été annulée, il a été réélu, rappellons le, en septembre 2002 avec environ 4 500 voix (sur 34 500 inscrits) d'avance sur son plus proche adversaire avec 15 700 abstentionnistes (45% des inscrits).   Les chiffres bruts sont toujours plus parlant à mon humble avis:

Patrick Balkany (divers droite) 9 839 voix (53,78 %) ELU

Union pour Levallois (divers droite) 5 053 (27,62 %)

Union de la gauche 3 404 (18,61 %).

Total contre Balkany = 8 457 voix

Blancs et nuls 480

Et nombre d'abstentionnistes : 15 733 ... sur 34 500 inscrits!!!

Les asnièrois, eux, se sont débarrassés de Aeschliman (condamné depuis en première instance).

 

02/06/2009

Catastrophe aérienne : 24 heures de journalisme de remplissage

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Depuis qu'on a appris hier qu'un avion d'Air France a disparu entre Rio et Paris, les journalistes de tous les médias confondus nous offrent un splendide exemple de journalisme de remplissage :

Tout ce qu'il savent faire :

Remplir les gazettes, saturer les écrans et dégueuler des ondes avec ce que l'on sait en ce moment :

C'est à dire avec ... RIEN !

Sauf des heures de commentaires et de supputations sans intérêt et sans information pertinente.

Aucune

Rien

Nib

Queue dalle

Podzébi

...

Et qu'on ne viennent pas me parler de la douleur soudaine des familles (douleur qui est réelle et que je ne méconnait pas), mais on ne fait pas autant de ramdam pour les familles qu'on appelle le dimanche à 6h00 pour leur annoncer les morts dans l'accident du samedi, ou pour les familles afghanes écrasées par "erreur" par les bombes de nos amis et alliés (exemples parmi bien d'autres tout aussi pertinents).

 

A croire qu'il ne s'est rien passé d'autre dans le monde et en France ces derniers temps.

C'est lamentable.

Et la gent journalistique va bientôt encore couiner qu'on ne l'aime pas et qu'on n'a pas confiance en elle.

Ou que c'est encore la faute à Internet, et ragnagnagna !

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Un peu de décence et de professionnalisme leur ferait du bien.

Mais en sont-ils encore capables ?

Pour beaucoup, c'est clair que non.

Devraient prendre plus souvent l'avion, ceux-là, tiens !

GRRRRArf !

Zgur

 

 

Images trouvées et

17/05/2009

Elections européennes : la campagne commence enfin

Alors on peut aussi commencer par acheter Ch'Fakir la livraison nationale du grand fakir amienois (avec des morceaux de Charançon dedans):

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On le trouve partout (même, en cherchant autre chose, au rayon presse d'un magasin Carrefour en province, c'est dire).

Alors, informez vous.

Achetez et lisez Ch'Fakir.

Et le 7 juin, votons !

Arf !

Zgur

 

Ajout 18.05.2009 : lire aussi Elections Européennes : L'Elysée envisage d'interdire le journal Fakir

13/05/2009

Le Charlie Hebdo libéré


Non, ce n'était pas un poison d'avril. Valtaire est nommé à France Inter dans les valises de Jean Luc Hees à la direction de Radio France, sur décision du minimonarque qui a si peur de se faire siffler dans les stades.

La bonne nouvelle, c'est que Charlie Hebdo est libéré du patron qui selon son successeur ressemblait si peu à son journal (reste à savoir qui y sera tondu pour faits de collaboration et pour fêter la Libération...)

La mauvaise nouvelle, c'est que France Inter va subir le knout du prognathe, peu réputé pour sa souplesse dans la gestion du personnel.

Enfin, on est toujours sans nouvelles de Baruch Spinoza, toujours retenu en otage depuis quelques milliers de jours dans les éditos de Spinoval.

Après Charlie, libérez Baruch ! (et Julien Coupat, tiens!)

Arf !

Zgur

 

Lire aussi : Hommage à Philippe Val chez Acrimed

08/05/2009

"HADOPI : LA CRÉATION SACRIFIÉE" ou l'avis des Producteurs et Editeurs Indépendants d'Aquitaine

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Concernant la bouse législative "Création et Internet" dite loi "Hadopi", je relaie aujourd'hui l'appel de la FEPPIA, la fédération des Producteurs et Editeurs Indépendants d'Aquitaine qui date du 20 avril (et qu'on m'a signalé hier) mais qui n'a rien perdu de son acuité.

En effet ce texte à destination des député(e)s avant la reprise de la "discussion" de la loi a le mérite de mettre en avant certains faits opportunément oubliés par les défenseurs de ce projet, par ailleurs peu avares d'arguments "homme de paille" (genre: tu es contre Hadopi donc tu es pour le vol, ou encore qui télécharge un mp3 vole un croissant, etc.) :

- la responsabilité des majors dans la dévalorisation de la musique au yeux du public

- la mauvaise foi des fournisseurs d'accès à Internet (FAI) qui prétendent n'être pour rien dans tout ce bazar mais qui faisaient et font de l'accès à la musique et aux films un de leurs arguments massue pour l'abonnement, particulièrement au haut débit (eh, qui a vraiement besoin de haut débit pour envoyer et recevoir des mails et lire la presse (ou les blogs) en ligne ou wikipédia ? Mais pour YouTube ou le pitoupi, c'est une autre affaire.)

Il y a beaucoup de choses intéressantes dans cet appel qui émanent de ceux qui se démènent pour la création, et non pas des momies qui cherchent à maintenir leurs rentes et leurs positions de pouvoir. Finalement, je préfère encore certains neuneus qui ne disent pas que des conneries ;0).

 

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“HADOPI : LA CRÉATION SACRIFIÉE”
Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Députés.


Alors que la Loi « Création et Internet » revient très prochainement au Parlement, nous, producteurs indépendants de musique, voulons vous interpeller en apportant un éclairage radicalement différent de celui généralement promu par les grandes compagnies du disque.

Les Producteurs Indépendants de musique (communément aussi appelé Labels Indépendants) sont aujourd’hui plus de 600 en France et cumulent plus de 3 000 productions par an. Ils sont très souvent de toutes petites structures (sarl, scoop, association) comportant de 0 à 5 salariés en moyenne. Pour paraphraser le Syndicat de l’Artisanat, ils sont aujourd’hui la plus grande maison de disques de France, produisant 90% de la création originale, soit généralement les première, seconde ou troisième œuvres d’artistes de tous horizons et de toutes esthétiques musicales. Très souvent hors des sentiers battus, ils représentent la véritable diversité culturelle que ce pays se flatte à raison de défendre. Sans eux, les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback, High Tone... n’auraient jamais débuté (la liste pouvant être longue). Aujourd’hui, cette liberté de créer est menacée, car la majorité de ces structures indépendantes est au bord de l'asphyxie.

Les labels indépendants sont partagés quant à cette Loi. Pourquoi ? Parce qu’au fond, si elle rappelle le droit inaliénable des ayant droits à être rémunérés, elle en oublie la réalité vécue par des milliers d’artistes et de producteurs, en même temps qu'elle pose de vraies questions sur les libertés individuelles.

Pour les acteurs indépendants, les conditions de travail n'ont jamais été faciles et idéales, crise ou non. Mais la dévalorisation constante de la musique orchestrée par les majors a rendu ces conditions difficilement tenables aujourd'hui. Dès 2006, la mort annoncée (pour 2010) du CD, par une presse n’écoutant que les poids lourds de l’industrie musicale, a précipité cette chute du marché et conforté un large public dans la totale dévalorisation du support. Non seulement il n’en est rien, mais encore aujourd’hui, le physique représente près de 90% des ressources des producteurs indépendants. Mais dans un pays qui a laissé détruire son réseau traditionnel de disquaires au profit de chaînes omnipotentes, ces ressources traditionnelles chutent désormais, sans que le numérique vienne à les compenser. Et il y a, malheureusement, fort à parier qu’il n’en sera jamais ainsi.

La politique de fuite en avant des majors a très largement contribué à la dévalorisation de la musique. Par un discours inique contre le public, désigné comme voleur potentiel avant d'être amateur de musique, les majors ont radicalisé le phénomène, en développant en même temps une politique de prix cassé qui cherche à condamner le physique (moins rentable pour eux que le numérique). Après avoir bradé leur catalogue dans des offres parfois aberrantes (accès à l'ensemble d'un catalogue à volonté pour le détenteur de telle carte bancaire par exemple), les majors adoubent des sites de streaming tel Deezer.

Deezer est non seulement une escroquerie, mais surtout le dernier degré de la dévalorisation de la musique.

Deezer a fondé son succès sur la gratuité totale d’écoute de musique piratée. Il est paradoxal que les majors du disque aient depuis tant d’années vilipendé les internautes pour adouber une société commerciale qui aujourd’hui encore propose du contenu piraté.

– Deezer n’est pas une radio. En effet, avec Deezer, vous choisissez d'écouter ce que vous voulez, quand vous voulez, autant de fois que vous voulez, là où vous le souhaitez. C’est une discothèque à distance écoutable depuis n’importe quel ordinateur ou téléphone mobile (type Iphone). Contrairement à une radio qui diffuse un programme choisie par ses soins.

– La rémunération de Deezer aux producteurs est ridicule et inadmissible : 24 185 écoutes = 22,85 euros.

Mais surtout Deezer avalise auprès du public l’idée que la valeur de la musique est égale à 0. Et c’est peut-être cela le plus grave car rien ne le justifie.

Si l’internaute grâce à Deezer peut se construire gratuitement sa propre discothèque consultable à volonté, pourquoi dès lors achèterait-il de la musique sur les sites de téléchargement légaux ?

Enfin, on propage l’idée que Deezer favorise la découverte par l’internaute de nouveaux artistes. Il n’en est rien dans la grande majorité des cas. Aujourd’hui, les producteurs indépendants vendent toujours moins de disques et ne constatent pas une augmentation du public venant voir leurs artistes en concerts. Il y a bien d’autres moyens de déocuvrir de la musique via par exemple les réseaux sociaux type Myspace.

Avec Deezer, les majors du disque abattent la valeur de la musique au profit d'une rentabilité à court terme (combien Deezer a-t’il acheté sa « légalisation » par Universal ? Quel est la rémunération de Universal et quelle en est la répartition Universal / artiste Universal ? Les majors du disque construisent leur rentabilité de groupe puissant sur le dos des producteurs indépendants que nous sommes et dont ils font peu de cas.


A cela, nous devons remarquer qu’à aucun moment il n’est fait état de la responsabilité lourde que portent les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) dans la situation actuelle. Les FAI ont construit leurs réseaux, communiqué dans leurs campagnes publicitaires et acquis leur clientèle grâce à un contenu musical qui ne leur appartenait pas. Car à quoi bon souscrire du haut débit pour recevoir de simples courriels ? De télévision on ne parlait pas il y a encore quelques mois de cela, c’est donc bel et bien essentiellement la musique qui, avec le cinéma, a été le terreau du développement de l’internet commercial. Ces fournisseurs d’accès n’ont, à ce jour, jamais reversé le moindre centime à la musique. Au contraire, ce sont les chaînes de télévision publiques qui sont désormais en partie financées par une taxe versée par les FAI, par la grâce d'une décision politique.

 

Le débat doit aujourd’hui changer de nature et poser les vraies questions.

assigner en justice de façon systématique (et collective) les sites faisant commerce de nos contenus en toute illégalité,

créer une redevance prélevée sur le chiffre d'affaires des FAI destinée à la création,

éliminer définitivement les problèmes d’interopérabilité matérielle et donner la libre utilisation des fichiers acquis légalement, dans la limite de son cercle d’amis,

interpeller la sacem sur la nécessité d'adapter son système de perception et de répartition aux nouveaux modèles technologiques,

favoriser l’émergence de modèles économiques alternatifs aux grands conglomérats (qu’ils se définissent comme des majors ou des indépendants),

réintroduire et développer le réseau de diffusion du disque physique, loin d’être mort, avec les disquaires ainsi que d'autres commerces de proximité tels les libraires, salles de concerts…

lutter contre l'atrophie actuelle de l'offre physique dans les chaînes de magasins ; le disque est un objet culturel, pas un baril de lessive,

intégrer plus largement les producteurs et labels indépendants dans toutes les discussions, réflexions et prise de décisions concernant la filière musique.


Il n’existe pas une solution miracle mais un ensemble d’actions concrètes à mettre en place qui puisse tout à la fois permettre tant aux internautes, qu’aux artistes et producteurs de redonner sa véritable place à la musique et sa pleine dimension artistique. Il est grand temps de s’y mettre, en laissant de côté ces combats stériles qui, on le voit bien, ne mènent décidément à rien. Car au rythme où vont les choses, il n’y aura dans quelques années que les  majors du disque pour produire la musique et quelques sites adoubés par elles pour la distribuer. Il en sera alors fini des artisans de la musique que nous sommes, défricheurs depuis toujours d'une véritable diversité dans la création. Est-ce là le but recherché ?

 

De part l’urgence de leur situation, les producteurs indépendants que nous représentons par nos signatures, s’organisent enfin pour faire reconnaître et entendre leurs problématiques et leur importance primordiale dans la création. Nous sommes aujourd’hui prêts à prêter notre expertise et contribuer à construire enfin une vraie politique en faveur de la création, de la rémunération juste et équitable des artistes et producteurs, et d’un dialogue renforcé et constructif avec les internautes dont la grande majorité est toujours prêt à payer pour écouter de la musique.

 

 

Philippe Couderc

Président de la Feppia, fédération des Producteurs et Editeurs Indépendants d'Aquitaine (22 labels adhérents)

 

Eric Petrotto

Président de CD1D, fédération professionnelle de labels indépendants (100 labels adhérents)

Les premiers labels signataires : 6AM  /  ABS BELLISSIMA  /  ADONE  /  AILISSAM  / AIMEZ-VOUS BRAHMS ? /  ALBA CARMA  /  AMANITARECORDS  /  AMOR FATI  /  AURASKY MUSIC  /  AZA ID  /  BANZAI LAB  /  BEE RDS  / BLACKHORSES-STUDIO /  CH+  /  CLAC! RECORDS  /  CLAPPING MUSIC / CODA MUSIQUE /  COLLECTIF CA-I  /  COMPOSIT MUSIC  /  CRASH DISQUES  /  CRISTAL MUSIQUE  /  CRYPTOHYTE  /  DA SKUD REKORDZ  /  DAQUI  /  DIAMOND TRAXX  /  DURANCE / EMOUVANCE / EXPRESSILLON /  FACTO RDS  / FACTOTUM RECORDS /  FARGO  / FREMEAUX & ASSOCIES / GRRR /  HORSNORMES!  /  ICI D'AILLEURS  / IDWET /  IMAGO  /  INNACOR  /  IN SITU /  IOT  /  IRFAN [LE LABEL]  /  JARRING EFFECTS  / JAZZ BOND ASSOCIATION / JEAN-PAUL HERVE / JERKOV MUSIQUES /  KIUI PROD  / KIOSK ECLECTIC RECORDS /  LA BALEINE  /  LA CHAUDIERE PRODUCTION  /  LA PLAGE SONORE /  L'ASSOS'PIKANTE  /  LAST EXIT RECORDS  /  LE CHANT DU MONDE  /  LE PETIT LABEL / LES Z'IMBERT & MOREAU /  LEOPRODUCTION  /  LOGISTIC RECORDS / TELEGRAPH /  MARABI  /  MARTINGALE /  MARV  /  MEDIATONE  /  MILLE MILLIARDS  / MUSIVI / MUSIC PLUS /  NACOPAJAZ  /  NOIR DESIR MUSIQUE /  NEOMME  /  NEURONEXION  /  NOVA EXPRESS RECORDS  / OCEANIK CREATIONS /  ODETTE PRODUCTIONS  /  PATCHWORK  /  PLATINUM RDS  /  PRIKOSNOVENIE  /  ROGUEART / SAMARKAND /  SEASON OF MIST / SOUNDWORKS /  SENS INVERSE  /  SEVENTEEN RECORDS / SLACKNESS RECORDS /  SO YOUZ  / SORRY BUT HOME RECORDING RECORDS /  SUISSAMUSIC  /  SYNCOPE  /  TALITRES  /  TER A TERRE  /  TERRA INCOGNITA /  TROIS HEURES MOINS LE QUART  /  TROISQUATRE!  / ULTRABOLIC / ULTRACK /  VAÏ LA BOT  / VIBRATION CLANDESTINE /  VICIOUS CIRCLE  /  VINILKOSMO ESPERANTO-MUZIK-PROD /  VOLVOX MUSIC   /  YOUTH WAY RECORDS /  YY Ainsi que le réseau ZONE FRANCHE et les fédérations, FEPPIA, CD1D et PHONOPACA.


si vous désirez vous associer à ce texte, écrivez à : contact@feppia.org / 06 16 98 85 07

---------

 

J'aime bien Deezer (et les autres) mais je comprends les arguments des producteurs indépendants. D'ailleurs combien reçoivent les artistes sur ces redevances ? Et sur les CD à prix cassés à la FNAC, Virgin ou Leclerc ? Sans doute pas grand chose.

Alors les abruti(e)s qui prétendent que Hadopi est un bon début pour la défense des artistes et prétendent qu"en face", il n'y a aucune proposition feraient mieux d'écouter ceux qui en font, justement, des propositions.

Et d'en tenir compte.

Sinon, le paysage culturel risque de ressembler à ça :

deforestation-tree-removal.JPG
Paysage culturel après le passage de Le forestier ...

 

Même si il n'y a pas vraiment de quoi rire sur le fond du problème ...

Mwarf !

Zgur

 

05/05/2009

L'amendement est rejeté ou une soirée hadopitres à l'Assemblée Nationale

hadopi.jpg

Hier soir, suivant les conseils de l'ami Falcon et de Numérama, j'ai regardé et écouté en direct le débat sur la loi dite 'Création et Internet", redite Hadopi.

Et je dois dire que c'est hadopire en pire (Mwarf !)

La bêtise basse du front de taureau et le mensonge ont été les seules réponses données par Mme Albanel et son équipe de bras cassés aux diférentes demandes d'amendements proposés par les députés de l'opposition.

hadopi-creation-internet.jpg

Toutes les explications les plus techniques sur l'impossibilité de fonctionnement du dispositif choisi par le gouvernement,

Toutes les explications les plus juridiques sur la contradiction du texte avec les principes généraux du droit  et aussi plus particulièrement des législations européennes,

Toutes les remarques sur le manque d'évaluations des lois précédentes (comme dadvsi), pourtant inscrites dans le texte même des lois non évaluées,

Toutes les craintes exprimées sur les pouvoirs exorbitants accordés à une autorité administrative sur des droits intellectuels mais qui avaient été justement restreints pour l'autorité judiciaire et les procédures pénales,

Tous les avertissements au gouvernement d'éviter de recommencer les mêmes erreurs commises dans le passé,

Tout ça n'a servi à rien contre la morgue, l'arrogance, les mensonges éhontés et la surdité d'une ministre (et de son équipe) en service commandé.

...

Donc, le texte passera.

Tel quel ou presque.

Il ne servira à rien sinon à encombrer les dossiers du conseil d'état et du conseil constitutionnel qui vont en refuser les principales dispositions.

Il ne servira en rien les artistes et leurs droits légitimes.

Il ne permettra pas d'arrêter les téléchargements gratruits et illégaux.

Il ne permettra pas toujours pas  de télécharger en payant raisonnablement ce qu'on a choisi d'acheter.

Il va couter des millions d'euros d'impôts en pure perte, en gaspillage d'argent public qui devrait être utilisé plus rationellement et efficacement, ailleurs et autrement.

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CE TEXTE EST UNE MERDE

A l'image de ceux qui le défendent bêtement sans le connaitre

A l'image de ceux qui le défendent en le connaissant (c'est encore pire).

Et à l'image de ce pouvoir sarkozyste qui prétend réformer alors qu'il saccage, qui prétend défendre x ou y alors qu'il tresse la corde pour les garroter, qui ment (de plus en plus) en prétendant dire la vérité.

Putain, deux ans que ça dure.

Je vous l'avais pourtant dit qu'il ne fallait pas les inviter.

Arf !

Zgur

 

 

 

26/04/2009

Hadopi : Christine is watching you

anti_hadopi_manif.jpg

 

J'avais prévu de participer à la manif anti Hadopi ce samedi 25 avril.

Mais je n'ai pas pu.

Alors si vous voulez un compte rendu (pas celui de l'AFP qui s'est ridiculisée en mentionnant 100 manifestants quand même la police en comptait 500), allez voir là chez Korben.

Et la très belle affiche est de Geoffrey Dorne.

Bravo et merci à eux et à toutes celles et tous ceux qui ce sont déplacés samedi, à Paris et en province.

Mais il manque le son de l'incompétence au pouvoir.

Le voilà :

 

 

Incompétence, mensonge, abus d'autorité, persistence dans l'erreur...

Tout le sarkozysme en marche est là.

Fallait pas les inviter.

Et faudrait voir à les arrêter.

Vite.

Commençons par stopper la loi Hadopi, stupide, inefficace, inapplicable, gaspilleuse de deniers publics...

Ce n'est qu'un début ...

Arf !

Zgur

 

 
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