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12/10/2008

Mort de la globalisation : 1 - la promesse non tenue

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Un livre à lire, et pas cher : 9,50 €

 

"Les personnalités qui naguère déclaraient que les Etats-nations devaient se soumettre aux forces économiques clament aujourd’hui qu’on doit les renforcer pour faire face au désordre militaire global. Les prophètes de la globalisation qui répétaient «privatisez, privatisez, privatisez» avouent désormais qu’ils avaient tort, parce que l’Etat de droit national reprend de l’importance."

Dans cet extrait du début du livre "La mort de la globalisation" de John Saul publié en 2005 (dont je vous ai déjà parlé ici et ici) remplacez militaire par financier et vous avez la situation d’aujourd’hui. Le retour de l'Etat au secours de ceux qui n'ont eu de cesse d'en réduire l'importance !

Mais il faudra quand même aussi leur rappeller ,à ceux-là, les promesses qu'ils faisaient en vantant et vendant la globalisation et l'ultra libéralisme financier qui en fut le bras armé. Promesses synthétisées comme suit aux pages 27-28 de son livre :

La promesse liée à la globalisation était celle-ci :

Le pouvoir des Etats-nations est en voie de réduction

Ces Etats tels que nous les connaissons pourraient même mourir.

Dans l’avenir, le pouvoir échoira aux marchés globaux.

Dès lors, c’est l’économie, et non la politique ou les armées, qui façonnera les événements humains.

Libérés du cadre étroit des intérêts nationaux et des régulations inhibitrices, ces marchés globaux créeront petit à petit des équilibres économiques internationaux.

Ainsi résoudrons-nous finalement l’éternel problème des cycles à la hausse et à la baisse.

Ces marchés libéreront des vagues d’échanges. Et ces vagues à leur tour, produiront une vaste marée de croissance économique.

A son tour, cette onde de marée élèvera le niveau de tous les bateaux, y compris celui des pauvres, que ce soit en Occident ou dans les pays en voie de développement.

La prospérité qui en résultera remettra aux individus qui sont foulés au pied de passer de la dictature à la démocratie.

Bien sûr ces démocraties ne jouiront pas du pouvoir absolu des anciens Etats-nations. Nous verrons donc se racornir le nationalisme, le racisme et la violence politique irresponsable.

Sur le front économique, la taille des nouveaux marchés exigera des entreprises toujours plus grandes. Et la taille de ces dernières les élèvera au-dessus des risques de la faillite. Ce sera une autre source de stabilité internationale.

Ces multinationales seront tout près de détenir le leadership de la civilisation par les marchés. Elles deviendront presque des Etats virtuels. Et leur domination envahissante les rendra insensibles aux préjugés politiques locaux.

Tout cela créera les conditions d’une saine gouvernance, et non verrons émerger des gouvernements libérés de l’endettement. Le marché ne tolère pas moins.

Ces comptes publics stables, à leur tour, stabiliseront nos sociétés.

Bref, libérés des chaînes de l’entêtement des hommes, nous pourrons vaquer à nos intérêts individuels pour tendre vers une vie de prospérité et de bonheur général.

Les cycles de l’histoire auront été brisés.

L’histoire sera bel et bien morte.

 

Rien de moins que la fin de l'histoire, même si l'expression s'est faite plus discrète ces dernières années.

Je partage l'avis de John Saul qui poursuit plus loin:

On ne peut manquer de remarquer la naïveté politique qui affleure lorsque les économistes traitent du monde dans son intégralité.

 

Pourtant, si une bonne part de cette promesse a malgré tout été réalisée, principalement en terme d'augmentation du commerce.

Pourquoi alors tant d’aspects de la globalisation et de sa promesse s’évanouissent-ils ? […°]

Parce qu’il semble de plus en plus que même les promesses remplies n’ont pas l’effet attendu.

Prenez l’explosion révolutionnaire des marchés monétaires. La plus grande partie des mouvements de change sont spéculatifs et ne concernent pas des investissements ou de la création de richesse. »

« L’idéologie globaliste est elle alors un échec complet ? Pas du tout. C’est seulement que lorsque des gens normaux considèrent notre situation, ils ne voient pas une relation équilibrée entre la promesse et le résultat. »  […]

« Le déséquilibre entre une croissance spectaculaire de la richesse sur le papier, une croissance marginale de la richesse réelle, et une baisse des moyens publics et sociaux suggère une nouvelle forme d’inflation – une vaporisation d’argent par obsession excessive pour l’économie de la consommation et toute une gamme d’activités de marchés imaginaires, comme le révèlent les marchés monétaires et le monde des fusions-acquisitions. »

 

"Une vaporisation d’argent" !

On est en plein dedans, non ?

Arf !

Zgur

 

A SUIVRE ...

 

06/09/2008

J'ai marché dans une grosse référence. Si ça porte bonheur, va falloir que je joue au Loto !

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"Attention ! Journalisme de caniveau !"

 

Merde, j'ai marché dans "Le Monde" du 4 août 2008

Comme disait Bernard Langlois en juillet à propos de Charlie Hebdo  :

"À la rigueur, si l’on est superstitieux, on peut y mettre le pied gauche."

J'espère que ça va me porter bonheur (même si ça pue).

 

De ma part, soutien indéfectible à Denis Robert.

Prochain jugement le 16 novembre 2008.

 

Zgur

 

 

 

26/08/2008

Vomi

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"Si tu bois systématiquement quelque chose qui a déjà un goût de vomi au départ, tu n'est pas dépaysé quand tu dégueules à la fin"

in "La position du tireur couché" de Jean Patrick Manchette

 

au contraire de ce qui se dit chez les marins avant l'embarquement :


"Mangez beau, vous risquez de le revoir"

 

Mwarf !

 

Zgur

 

 

Spéciale dédicace aux  "La position du tireur couché". Le prochain sera "Nada" dont le film qu'en tira Claude Chabrol m'avait fort ému, enfant, lors d'une diffusion télévisée ;0)

 

28/06/2008

L'imposture démocratique

Voilà un livre pour tous que j'ai découvert il y a trois ans par hasard sur une table de présentation des nouveaux achats de ma bibliothèque municipale (il faut aller plus souvent dans les bibliothèques municipales).

J'ai d'ailleurs plusieurs fois recommandé ce livre dans mes commentaires déposés ici ou , ou encore (alors autant réiterer ma recommandation ;0)

 

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Luciano Canfora

“L’imposture démocratique -Du procès de Socrate à l’élection de G.W. Bush”

Flammarion 2003 - 14 euros

 

Ça calme puis ça énerve, fort, très très fort.

Présentation de l’éditeur

Socrate condamné à mort par une courte majorité de trente voix; George W. Bush élu président des États-Unis parce que l’on décide d’arrêter le décompte des suffrages qui l’aurait donné perdant: le triomphe absurde de la loi de la majorité dans un cas, sa négation dans l’autre… Que devient la démocratie lorsque le vote se négocie sur le marché politique? Lorsque gouvernent des instances supranationales et non électives comme la Banque européenne et le Fonds monétaire international? À rebours de la pensée unique et du ” démocratiquement correct “, Luciano Canfora livre une analyse sans concessions des démocraties occidentales et de leurs errements.

 Quelques extraits :

” La frontière entre la conquête et la maniplulation de l’opinion publique est est vérité assez ténue; et il s’agit surtout d’une question de point de vue”

“En vérité, il est impropre de baptiser « démocratie » un système politique dans lequel le vote se négocie sur le marché politique et l’entrée au parlement oblige le candidat à engager des « dépenses » électorales considérables. Cet aspect attristant (sur un plan éthique, plus encore que démocratique), fondamental, du système parlementaire demeure en général dans l’ombre. Mais il est le pilier du système. La classe politique représente au fond la moyenne de la haute bourgeoisie et les possédants. Mais qui ose proférer ouvertement cette vérité d’évidence passe pour un adversaire du parlementarisme.”

“D’ailleurs, démocratie ne signifie pas non plus « gouvernement de la loi ». […] si le [gouvernement] avait une expérience du monde antique, il découvrirait même qu’en pleine bataille politique, à Athènes, quand furent traduits en justice les généraux qui avaient gagné la bataille des Arginuses (406 avant J.-C.), Socrate fut le seul à s’opposer, au nom de la loi, à leur condamnation sommaire pour n’avoir pas sauvé les naufragés, tandis que les démagogues galvanisèrent l’assemblée et passèrent outre l’opposition de Socrate en rappelant que la volonté du peuple est au-dessus de la loi (« voici qu’on prétend empêcher le peuple de faire ce qu’il veut! », crièrent-ils).”

“« Un des lieux communs les plus banals répétés contre le système électif, écrivait Gramsci, […] est que le nombre serait en soi la loi suprême[4]. » Et d’objecter : « Mais le fait est qu’il n’est vrai, en aucune façon, que le nombre soit la “loi suprême” ni que l’opinion de chaque électeur pèse d’un poids exactement équivalent. »

[…] Pour Gramsci — là encore en parfait accord avec la critique élitiste —, « les idées et les opinions ne naissent pas spontanément dans le cerveau de chacun : elles ont eu un centre de formation, de rayonnement, de diffusion, de persuasion […]. Le décompte des voix, conclut Gramsci d’une formule heureuse, est la dernière manifestation d’un long processus dans lequel l’influence maximale appartient » précisément aux centres de rayonnement les plus forts, aux élites décisives.”

“Dans les faits, il est fatal qu’une minorité organisée, qui obéit à un élan unique, l’emporte sur une majorité désorganisée. La force de la minorité, quelle qu’elle soit, est irrésistible face à tout individu de la majorité, qui se trouve seul face à la totalité de la minorité organisée ; et, dans le même temps, on peut dire que celle-ci est organisée précisément parce qu’elle est minorité.”

“Mais attention. Le capitalisme a une résilience immense qu’aucun système économique et social antérieur (à notre connaissance) n’a jamais possédée. Son appareil de manipulation des consciences a même mis à contribution les mots subversifs par excellence : la liberté, par exemple. Il s’agit en fait d’un système oligarchique, mais il vit et jouit d’une santé florissante parce qu’il a réussi à dénaturer et à faire sien le mécanisme démocratique.”

 

Voilà, c’est un livre qui fait réfléchir.

De plus, écrit par un italien, il a l’avantage de nourrir son propos avec d’autres références que celles habituellement rencontrées sous la plume des auteurs français.

Bonne lecture.

 

"Le fondement des révolutions est avant tout la tension morale" L.C.

Arf !

Zgur

24/06/2008

Ce beau pays de France où la chasse est ouverte

Dans ce beau pays de France qui est le mien, des institutions de la République piègent, raflent et déportent.
 
Ces mots vous choquent ?
 
Vous préférez sans doute contrôles de papiers, centres de rétention ou reconduites à la frontière.
 
Pourtant ces derniers jours, les executants du Ministère des nègres et des arabes dehors (avec quelques jaunes aussi)  sont sous le feu médiatique, leur grand guide spirituel et temporel s'étant vanté d'avoir explosé ses objectifs chiffrés, tel le commercial de base (tout en mentant sur une partie de ses résultats, comme le commercial en réunion avec son chef de secteur)
 
Il faut lire et faire lire simplement le compte rendu de Me Eolas sur cynisme engendré dans notre appareil d'état par la culture du chiffre. Et ses conséquences immorales.
 
 
 
Et ...
 
Et ...
 
Jusqu'où ?
 
 
La nouvelle chanson du Ministère des Affaires Populaires semble, hélas, promise à être le tube de l'été.
 
 

MAP "La chasse est ouverte"

 

 

"Immédiatement après la seconde guerre mondiale, Albert Camus a tenté d'expliquer publiquement pourquoi il avait choisi la résistance plutôt que la collaboration ou plutôt, ce qui était le cas le plus courant, labdication et la survie personnelle. "C'est une question  qui n'a pas de sens. [...] Je ne m'imaginais pas ailleurs, voilà tout." Et il ajoutait quelque chose qui est terrible pour ceux qui pensent que tout ce qu'il faut à l'imagination pour qu'elle soit utile et qu'elle ne soit pas dangereuse, c'est de l'organisation. "J'ai compris alors que je détestais moins la violence que les institutions de la violence."

in John Saul "De l'équilibre" PAYOT, 2003, p.131

 

"Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques."
Léopold Sédar Senghor

 

Je n'étais pas le seul à vous le dire ...

Mais ...

Fallait pas les inviter.

Vraiment ... fallait pas !

 

Zgur

 

Plus d'infos sur l'actualité de la chasse : chez antennerelais

22/05/2008

Giscard, inventeur du gestionnaire castré

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Cela fait 34 ans que Giscard a été élu à l'Elysée, comme l'a rappellé Guy Birenbaum le jour anniversaire de cette élection le 19 mai.

Dans l'excellent livre de l'excellent John Saul "Mort de la mondialisation" (dont j'ai déjà parlé et sur lequel je reviendrai bientôt), j'ai trouvé ce cinglant portrait de Giscard qui méritait plus qu'une simple citation en commentaire chez Birenbaum :

"Giscard représentait un nouveau style d'homme politique. C'était le spécialiste. L'homme qui pouvait vous débarrasser de vos soucis grâce à son expertise financière. En comparaison de dirigeants comme Charles de Gaulle ou Konrad Adenauer - qui intégraient les sentiments des citoyens à leurs vastes schémas - c'était un dirigeant calme, dépassionné, moderne. Et même postmoderne. C'était le visage même de l'Etat-nation postnationaliste.

Cependant Giscard est parvenu au pouvoir en plein milieu des crises fondatrices du pétrole, de l'inflation, du chômage et de l'absence de croissance. Il a contre attaqué du ieux que pouvait un technocrate, c'est à dire sans le moindre impact. Les taux d'intérêt étaient si élevés qu'ils acculaient à la faillite le secteur privé sans pour autant permettre de contrôler l'inflation. Giscard est devenu perplexe, découragé.
Et puis un soir, il est apparu à la télévision pour s'adresser aux gens. Il leur a annoncé que de grandes forces globales étaient à l'œuvre. C'étaient des forces nouvelles. Des forces inévitables. Des forces tenant à l'interdépendance économique. un gouvernement national n'y pouvait pas grand chose,. Il était impuissant.

Cette apparition historique a sans doute représenté la déclaration initiale présentant la globalisation comme une force échappant au contrôle des hommes. Ce fut aussi l'invention du nouveau dirigeant : le gestionnaire castré. Cette vision a créé une vraie mode chez les dirigeants à tous les niveaux. La réponse facile à la plupart des problèmes difficiles consistait à se lamenter publiquement d'être sans pouvoir. Impuissants. [...] Ce n'étaient pas des problèmes à résoudre. C'étaient des manifestations de la réalité globale. Avec ses amis dirigeants ou gestionnaires dans d'autres pays, tout juste pouvait-on du mieux possible arrondir les angle grâce au management des détails."

 in John Saul "Mort de la globalisation" Payot 2006 pp 130-131

 
Sinon pour moi, l'élection de Giscard en 1974, c'est la vérification du pronostic électoral de ma maman qui avait dit "S'il se présente, il sera élu". C'est aussi la rumeur de la maladie qui aurait du limiter son mandat à un an ! Le syndrôme du mensonge médical pompidolien, sans doute.

Souvenirs partiels de jeunesse. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais plus intéressé par le foot que par la politique.

Cela m'a vraiment passé.

Arf !

Zgur 

 

L'illustration est la couverture  par Wolinski d'un livre paru en 1975.

18/05/2008

Lectures du week-end

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Je n'ai pas beaucoup de temps ni de courage pour écrire quelque chose de vraiment à la hauteur de mes exigences. Alors je me contenterai de quelques citations d'articles ou de livres lus ce week-end.

Suivez les liens, le reste est intéressant aussi.

 "La plupart du temps, ce qu’on appelle la gauche, disons sa branche institutionnelle, se propose de faire la même chose que la droite, parfois un peu moins brutalement : c’est-à-dire, sur le plan interne, libéraliser et, au niveau international, s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays et, en fait, suivre les Etats-Unis. Et pour ce qui est de la gauche dite "radicale", elle se caractérise par un irréalisme extrême, une attitude quasi-religieuse, qui se traduit par des slogans, tels que "un autre monde est possible", sans préciser lequel ni surtout comment le construire ou "régulariser tous les sans papiers" (c’est-à-dire, en pratique, abolir tout simplement les frontières) ) par opposition à des régularisations partielles, qu’il faut évidemment soutenir autant que possible"

[...]

"Allant à l’encontre de ce modèle [américain], il faut approfondir le "modèle européen" de bien-être social, qui donne la priorité non pas à notre "compétitivité", en favorisant les profits, mais aux besoins de nos propres travailleurs, malades, retraités et enfants. Il faut fonder la cohésion sociale sur l’égalité et la sécurité d’existence."

Jean Bricmont, dans legrandsoir.info


"Défendre la common decency, c’est [...] défendre l’idée que l’égoïsme, l’esprit de calcul et la volonté de dominer ou d’exploiter ses semblables ont une valeur morale nécessairement inférieure à la générosité, l’honnêteté (ce qui inclut, naturellement, l’honnêteté intellectuelle), la bienveillance ou l’esprit de coopération. La mise en oeuvre quotidienne de ces vertus humaines de base, qui s’enracinent comme on le sait depuis Mauss dans la triple obligation immémoriale de « donner, recevoir et rendre » - fondement de tout lien social réellement humain - ne saurait en aucun cas être confondue avec cette adhésion purement idéologique à un catéchisme particulier, qui est presque toujours le masque du désir de pouvoir et des passions tristes."
Jean-Claude Michéa, à propos de son livre "L’Empire du moindre mal, essai sur la civilisation libérale" (Climats/Flammarion, 210 p., 19€) dans contreinfo.info

 

"Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu'ils trouvent dans l'association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s'agit pas simplement d'une lutte pour s'assurer des moyens de subsistance, mais d'une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces.
Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l'aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d'atteindre un âge d'or et d'accumuler de l'expérience, le plus haut développement intellectuel et l'évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s'éteindre. "
Pierre Kropotkine dans "L'entraide, un facteur de l'évolution" (1902), Conclusion.

 

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J'ai aussi écouté avec intérêt Denis Robert qui était l'invité de Eclectik sur France Inter, disponible à l'écoute pendant une semaine ici  

Paz y Salud

Zgur 

 

 

 

08/05/2008

TINA est une grosse salope ... et menteuse en plus

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En réponse à quelques commentaires quasi désespérés (de cui cui, tgb, coccinelle)  à mon billet précédent, je pourrai proposer de lire les "Que faire ?" de  Nikolaï Tchernychevsky ou de Lenine.

Mais ces textes, malgré leur interêt certain, datent d'une autre époque et l'un d'eux a fait l'objet d'une exprérimentation politique peu concluante.

Toutefois, je viens de commencer un livre de John Saul qui devrait nous redonner un peu d'espoir.

Extrait :

"Le fait de croire en la possibilité de changer représente quelque chose de bien précis.  Cela signifie que nous croyons en la réalité du choix,  que nous croyons qu'il existe bel et bien des choix, que nous avons le pouvoir de choisir dans l'espoir de rendre la socété meilleure. [...] Au coeur même de l'idée de civilisation en tant que projet commun, il y a la conviction que les citoyens possèdent ce pouvoir de choisir. Et plus les gens croient qu'il existe des choix rééls, plus ils veulent voter - acte minimal - et, ce qui est important, plus ils veulent s'impliquer dans la société."  (p. 13)

 

Parce que si tu ne t'occupes pas de politique, la politque s'occupe de toi quand même. 

Et TINA, cette grosse salope menteuse, n'est pas une fatalité.

Juste une idée (bien) reçue dans les sphères des gens actuellement au pouvoir.

 

Ajout de 19h30

J'ai continué ma lecture cet après midi :

"Croire en la réalité du choix est l'une des caractéristiques les plus fondamentales du pouvoir. Assez curieusement, beaucoup d'individus qui pensent être des leaders trouvent cette réalité très exigeante. Ils croient que leur boulot consiste à comprendre le pouvoir et le management, et peut-être à apporter des corrections mineures dans ce qu'ils pensent être le cours des évènements. Mais ils tiennent pour assurées les vérités dominantes du jour et sont donc fondamentalement passifs.

Par suite, c'est la réalité qui leur impose un changement. Ou bien on les remplace"

[...]

"Quest ce que la barbarie ?

C'est davantage que de la violence physique. Plus profondément, c'est un atteinte à la confiance en soi individuelle. C'est notre confiance en nous qui nous permet de discerner dans la complexité et l'incertitude de la réalité quelque chose de positif, de façon à ne pas être effrayés par la possibilité de choisir. La barbarie peut être considérée comme une violence infligée à la vision que l'individu a de lui-même comme citoyen. Et cette violence vient de la croyance selon laquelle la vérité s'est révélée par elle-même. Une vérité religieuse, une vérité raciale, une vérité économique.  Même une vérité scientifique. L'adjectif ne compte guère.

A la fausse lumière de la vérité , l'histoire s'étiole et semble toucher à sa fin. Le destin, semble-t-il, oeuvre implacablement. Et le pouvoir décline; plus de choix ni de civisme. Au lieu de cela, on privilégie l'exercice rafiné du pouvoir, qu'on peut acquérir et conserver en surfant habilement sur la vague de l'inévitable. " (pp. 21-22)

"Surfer habilement sur la vague de l'inévitable", ça me rappelle furieusement quelques uns.

Ce bouquin est décidément très intéressant et en phase avec ce que nous vivons.

 

Zgur

 

 

En savoir plus 

Sur John Saul :  biographie sur wikipedia, en anglais

en français sur l'encyclopédie canadienne

Site officiel : www.johnsaul.com C'est un homonyme

Je vous conseille aussi son livre "Le compagnon du doute", chez Payot,  excellent. 

 
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