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03/08/2014

3 août 14

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"Les hommes ont bêtes et ignorants. De là vient leur misère. Au lieu de réfléchir, ils croient ce qu'on leur raconte, ce qu'on leur enseigne. Ils se choisissent des chefs et des maîtres sans les juger, avec un goût funeste pour l'esclavage.

Les hommes sont des moutons? Ce qui rend possibles les armées et les guerres. Ils meurent victimes de leur stupide docilité.

Quand on a vu la guerre comme je viens de la voir, on se demande : "Comment une telle chose est-elle acceptée ? Quel tracé des frontières, que honneur national peut légitimer ça ? Comment peut-on grimer en idéal ce qui est banditisme et le faire admettre ?

On a dit au Allemands : "En avant, pour la guerre fraiche et joyeuse ! Nach Paris et Dieu avec nous, pour la plus grande Allemagne !" Et les lourds Allemands paisibles qui prennent tout au sérieux se sont ébranlés pour la conquête, se sont mués en bêtes féroces.

On a dit aux Français : "On nous attaque. C'est la guerre du Droit et de la Revanche. A Berlin !" Et les Français pacifistes, les Français qui ne prennent rien au sérieux, ont interrompu leurs rêveries de petits rentiers pour aller se battre.

Il en a été de même pour les Autrichiens, les Belge, les Anglais, les Russes, les Turcs, et ensuite les Italiens. En une semaine vingt millions d'hommes civilisés, occupés à vivre, à aimer, à gagner de l'argent, à préparer l'avenir, ont reçu la consigne de tout interrompre pour aller tuer d'autres hommes. Et ces vingt millions d'individus ont accepté cette consigne qu'on les avait persuadés que tel était leur devoir.

Vingt millions, tous de bonne foi, tous d'accord avec Dieu et leur prince... Vingt millions d'imbéciles ??? Comme moi !

Ou plutôt non, je n'ai pas cru à ce devoir. Déjà, à dix-neuf ans, je ne pensais pas qu'il y eût de la grandeur à plonger un arme dans le ventre d'un homme, à me réjouir de sa mort.

Mais j'y suis allé tout de même."

Gabriel Chevallier, in "La Peur" (1930)
Le livre de poche - pp. 21-22

 

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«Tout le monde devrait lire et relire La Peur Jacques Tardi


"A Berlin, ceux qui ont voulu cela paraissent aux balcons des palais, en grand uniforme, dans la posture où il convient que soient immortalisés les conquérants fameux.

Ceux qui lancent sur nous deux millions de fanatiques, armés de canons à tir rapides, de mitrailleuses, de fusils à répétition, de grenades, d'avions, de la chimie et de l'électricité, resplendissent d'orgueil. Ceux qui ont donné le signal du massacre sourient à leur gloire prochaine.

C'est l'instant où devrait être tirée la première bande de mitrailleuse - et la seule - sur cet empereur et ses conseillers, qui se croient forts et surhumains, arbitres de nos destinées, et ne sont que misérables imbéciles. Leur vanité d'imbéciles perd le monde.

A Paris, ceux qui n'ont pas pu éviter cela et que cela surprend et dépasse, et qui comprennent que les discours ne suffisent plus, s'agitent, se consultent, conseillent, préparent en hâte des communiqués rassurants et lancent la police contre le spectre de la révolution. La police, toujours zélée, cogne dans les  figures qui ne sont pas assez enthousiastes.

A Bruxelles, à Londres, à Rome, ceux qui se sentent menacés font le total des forces en présence, supputent les chances et choisissent un camp.

Et des millions d'hommes, pour avoir cru à ce qu'enseignent les empereurs, les législateurs et les évêques, dans leurs codes, leurs manuels et leurs catéchismes, les historiens dans leurs histoires, les ministres à la tribune, les professeurs dans les collèges et les honnêtes gens dans leurs salons, des millions d'hommes forment des troupeaux innommables que des bergers galonnés conduisent vers les abattoirs au son des musiques.

En quelques jours, la civilisation est anéantie. En quelques jours, les chefs ont fait faillite. Car leur rôle, le seul important était justement d'éviter cela.

Si nous ne savons pas où nous allions, eux, du moins, auraient dû savoir où ils menaient leurs nations. Un homme a le droite d'être bête pour son propre compte, mais non pas pour le compte des autres."

Gabriel Chevallier, in "La Peur" (1930)
Le livre de poche - pp. 24-25


Des propos tellement actuels.

Trop.

...


Zgur_ - 3 août 14 -

30/07/2014

Cent ans après, les hommes n'ont toujours rien appris de la guerre

Il y a cent ans presque jour pour jour commençait la première guerre mondiale, la fleur au fusil, les mensonges dans les journaux et la bêtise dans les conversations de bistrots (les réseaux sociaux de l'époque).

Mais derrière ces illusions et ces belles paroles, c'est la boucherie et la sauvagerie humaine qui se déchaîna.

D'où restèrent bien éloignés les plus acharnés en paroles.

Voilà deux livres à lire absolument dans le nombre considérable d'ouvrages déjà existants sur ce sujet et qui va encore se  grossir d'ouvrages plus ou moins dispensables à l'occasion du centenaire : "La Peur" de Gabriel Chevallier (surtout connu pour son "Clochemerle"), et "1914" de Luciano Canfora.

Je vous propose deux extraits des préfaces, à méditer en ce moment où cent ans après le début de la grande boucherie, des obus tombent sur des civils, en Syrie, à Gaza, où derrière et après les communiqués triomphants des états-majors des grandes puissances, RIEN n'est réglé en Irak, en Afghanistan, et dans tant d'autres pays ou régions du monde.

Décidément, les hommes n'ont toujours rien appris de la guerre.

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"Quand la guerre est là, ce n'est plus le moment d'avertir les gens qu'il s'agit d'une sinistre aventure aux conséquences imprévisibles. Il fallait le comprendre avant et agir en conséquence.

On enseignait dans ma jeunesse -- lorsque nous étions au front -- que la guerre était moralisatrice, purificatrice et rédemptrice. On a vu de quels prolongements ont eu ces turlutaines : mercantis, trafiquants, marché noir, délations, trahisons, fusillades, tortures; et famines, tuberculose, typhus, terreur, sadisme. De l'héroïsme d'accord. Mais la petite, l'exceptionnelle proportion d'héroïsme ne rachète pas l'immensité du mal. D'ailleurs peu d'êtres sont taillés pour le véritable héroïsme. Ayons la loyauté d'en convenir, nous qui sommes revenus."

...

"C'est aux hommes d’État -- qui se disputent âprement la fonction de gouverner et d'assurer notre bonheur - qu'il appartient de nous éviter la guerre. 'est même la plus essentielle de leurs tâches."

Gabriel CHEVALLIER, préface à l'édition 1951
de "La Peur",
Livre de poche, pp 9 et 11


«Tout le monde devrait lire et relire
La Peur Jacques Tardi


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 Extrait de la préface

 

Nos dirigeants et ceux qui aspirent à nous diriger sont-ils à la hauteur, eux qui sont TOTALEMENT imperméables à d'autres visions/idées que les leurs ?

J'ai comme un gros doute.

Des somnambules ...

Arf !

Zgur_

 

29/07/2014

Magnifique foutage de gueule du langage "Corporate" par "Weird" Al Jankovic

Billet du 28.07.2014 MAJ le 29.07.2014

Si vous travaillez ou avez un jour travaillé dans une grosse entreprise (ou une petite de la pseudo "nouvelle" économie), vous allez goûter la saveur subtile de cette nouvelle chanson du pasticheur génial étatsunien "Weird" Al Jankovic

Je (on) le connaissais surtout pour ses pastiches vraiment réussis de Michael Jackson dans les années 80.

Il s'attaque ici au langage "Corporate", cette novlangue si prisée dans ces entreprises pour vous faire croire que ce que vous y faites est utile, et qui recouvre si souvent la simple recherche du plus grand profit possible "by all means necessary "(même les moins avouables).

Voici la jolie mélodie de "Mission statement"


 

Il vient de sortir un nouvel album (actuellement en tête des ventes au Etats-Unis, une première pour lui, malgré ses déjà nombreux succès et récompenses.

Il publie même un clip par jour sur son compte YouTube depuis quelques jours.

Ça ne va pas durer éternellement, alors profitons-en !

Arf !

Zgur_

 

Bonus du 29.07.2014

Un conseil de lecture qui m'est revenu après le commentaire d'Agathe ci dessous

politique,economie,novlangue,corporate,weird al jankovic,mission statement

Un étonnant roman où on vit un conseil d'administration selon les points de vue successifs et simultanés des participants. Comme le dit fort justement son éditeur :

"Marge brute est une charge hilarante et cruelle contre la jungle du business et ses névroses."


Bonus :

"Word crimes", que j'adore. 

A faire suivre à tous nos profs d'anglais ;0)


30/05/2014

Pourquoi le FN ? Un début de reponse par la littérature et le polar

J'ai lu ce bouquin, "Le Bloc", de Jérôme Leroy il y a quelques mois, et cela fait quelques mois que je voulais faire un billet avec cet extrait. Le moment est venu, non ?

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Extrait :

"Tu reviens au souvenir de la maquilleuse beurette. C'était quoi, en 92, 93 ? Tiens, les grandes années du Fou Français, l'hebdo de François Erwan Combourg. Peur et haine, donc. Ce genre de mélange mortifère qui est le prélude aux carnages. Comme celui à bas bruit, qui se déroule, en ce moment même, un peu partout en France.

Tu voyais aussi à l'époque la même chose, les mêmes sentiments, quand tu accompagnais Agnès ou un autre candidat du Bloc en campagne, dans le regard des petits Blancs paniqués qui formaient le socle dur de votre électorat. Que ce soit dans les salles municipales de banlieue, avec à l'extérieur des bandes de cailleras et des associations antifascistes qui manifestaient contre votre venue. Ou dans les réunions électorales sous les préaux de villages de l'Est, qui n'avaient jamais vu un Arabe ni un Turc de leur vie mais qui vous filaient trente ou quarante pour cent des voix à chaque élection parce que, c'est bien connu, on déteste encore plus et on est encore plus angoissé par ce qu'on ne connait pas mais que l'on croit connaître.

Il avaient tous peur, les Français, de toute manière : la beurette maquilleuse avait peur, les petits Blancs avaient peur, les cadres délocalisables avaient peur, les mômes de cités avaient peur, les flics avaient peur. Les profs des collèges de ZEP, les toubibs en visite dans les HLM déglinguées , les retraités pavillonnaires, les ados blancs des zones rurbanisées avaient peur.

Les Chinois avaient peur des Arabes, les Arabes avaient peur des Noirs, Les Noirs des Turcs, les Turcs des Roms. Tous avaient peur, tous avaient la haine. Et d'abord la peur et la haine les uns des autres.

Ça ne s'est pas calmé depuis, c'est le moins que l'on puisse dire, et c'est même pour ça que tu risques de te retrouver secrétaire d'Etat la semaine prochaine.

L'explosion a eu lieu.

C'est étrange mais, à part le pouvoir qui panique, on dirait presque qu'il y a un soulagement suicidaire dans le pays. L'abcès est enfin crevé. Haïssez vous les uns les autres. Craignez-vous les uns les autres.

Contrairement à ce qu'a voulu faire croire la volaille médiatique - elle s'est calmée depuis quelques semaines, elle ne sait plus trop de quoi ses lendemains vont être faits si vous avez vos dix ministères, comme le laisse entendre la rumeur que vous démentez de plus en plus mollement - ce n'est pas vous le Bloc Patriotique, qui l'avez créée cette peur.

Que vous l'ayez entretenu cet affolement haineux, c'est une chose, mais d'autres avaient déjà bien sapé les fondations de la maison, quand vous avez décidé de la prendre. Quand le Chef s'était dit, de retour en France après avoir joué au mercenaire un peu partout en Afrique : c'est bon, le fruit est mur. Depuis toutes les vieilles solidarités avaient été méthodiquement détruites. La société était devenu une jungle. Vous vous êtes contentés de ramasser la mise."

 Le Bloc (pp. 17-18 ed. Folio)
(
Les passages en gras l'ont été par moi)


Un excellent roman à clefs (faciles à deviner) qui brasse toute l'histoire récente de l'extrême droite en France, et la met en perspective jusqu'à la prise de pouvoir*.

Un début de réponse, un bout de réponse sur pourquoi le FN est maintenant à 25% (et parfois plus haut dans certains coins) de l’électorat qui vote. Ce qui est effrayant même ramené aux 10% sur le nombre  d'inscrits, car il suffit de peu (et de beaucoup d'abstentionnistes) pour provoquer des situations devenant vite incontrôlables.

Une version romancée de ce que nous prédit Bernard Stiegler dans l'Express de cette semaine : "Le Front national sera majoritaire".

Mais rien n'est jamais sûr.

Jamais.

Encore faudra-t-il que l'on sorte de la nasse.

"le modèle fordiste et keynésien, qui consistait à redistribuer les gains de productivité pour distribuer du pouvoir d'achat et "faire tourner" la machine consumériste, est définitivement mort."

B. Stiegler

Or, "Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre"( Albert Einstein) et ces cons sont encore et plus que jamais au pouvoir, ou veulent y accéder by all means necessary !

Il y a du boulot.

Pour les dégager, d'abord.

Et ne pas voir le FN y faire son nid de coucou.

Pas si simple.

"J'aimerais que cette soirée de merde soit aussi la fin de l'antifascisme en peau de zob. Ce soir,  la France n'est pas menacée par les fachos. Elle est menacée par le capitalisme aux abois, en crise systémique. Ce ne sont pas des SS imaginaires qu'il faut défoncer, c'est le patronat. Marine Le Pen, ce n'est pas le masque de Hitler, juste celui de Gattaz.  Et en 2014, c'est bien plus inquiétant."

Jérôme Leroy, Réformer en profondeur dans ton cul
dimanche 25 mai 2014


Ne pas se tromper d'ennemi, du vrai ennemi !

Pas si simple

Arf !


Zgur_



A lire chez Rue89 en 2011 «Le Bloc», un polar qui se risque dans la peau de fascistes

Lire aussi ben sûr le blog de Jérôme Leroy Feu sur le quartier Général

 

 

 

 

13/09/2013

Des riches toujours plus riches ... et pour toujours ?

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NON,  malgré les incantations plus ou moins sincères,
le "ruissellement" de la richesse vers le bas ne fonctionne PAS !


Il y a des lectures, qui, au delà de leur grand intérêt, sont quand même un peu désespérantes.

Ainsi en est-il de l'article d'Emmanuel Todd dans Marianne n°855 sur le dernier livre de Thomas Piketty "Le capital au XXIe siècle" (Seuil, 2013).

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Extrait de l'article dans Marianne :

"Toutes les sociétés du passé peuvent être dites patrimoniales parce que dominées par une richesse héritée et concentrée. Que leur croissance moyenne ait été de 0.5%, 1 ou 2 % ne fait guère de différence dans la très longue durée si le taux de rendement du capital est de 5%. Nous aurons toujours au final, une société dans laquelle les 10% les plus riches détiennent 80% du capital et les seuls 1% des plus riches, la moitié.

1789 ne change rien. L'âge démocratique des livres d'histoire, entre 1789 et 1914, époque de l'alphabétisation de masse et de la diffusion du droit de suffrage, n'a permis aucune déconcentration du capital. Les 1% les plus riches détiennent un peu plus de 50% du capital en 1810, 60% en 1910. De tels résultats invitent à une sérieuse relecture de Tocqueville. Et des économistes : aucune autocorrection dans le temps, comme celle qu'avait suggéré Simon Kuznets au coeur de la guerre froide, aucun de ces retours automatiques à l'équilibre dont les économistes raffolent mais qu'on ne voit jamais. Ce sont les guerres du XXe siècle qui ont mis le capital et la rente au tapis, à travers les destructions physiques, l'inflation, les taxations d'urgence. En 1945, enfin le capital est maitrisé. L'âge du travail, des études et de la méritocratie peut s'épanouir. Les 1% supérieurs sont enfin définis par le travail plutôt que par l'héritage.

La démocratisation économique d'après 1945 ne prend cependant pas la forme d'une redistribution générale des cartes. Les 50% d'en bas continuent de ne rien posséder. L'innovation majeure de l'après-guerre est l'émergence d'une "classe moyenne patrimoniale", la possession de quelque choses par les "40% compris entre les 10% du haut et les 50% du bas : un logement, quelques réserves monétaires moins biens placées et moins rentables que la masse des très hauts revenus. Mais quand même, c'est une classe moyenne, selon Aristote, capable de donner à la société un socle de stabilité, et de la bloquer d'ailleurs."

[...]

"En l'absence d'une correction par l’État, la remontée de la société patrimoniale sera inexorable [après la période de la reconstruction].

Notre prise de conscience est lente. Les baby-boomers qui sont aux commandes croient encore que notre société est méritocratique, que l'effort et le succès scolaires sont la voie vers de hauts niveaux de vie. Les diplômes restent nécessaires, mais année après année, le poids de la fortune familiale détermine un peu plus le niveau de vie des individus, par héritage ou donation. Nous sommes en France à un point d'équilibre : les 1% des plus hauts revenus du travail s'équilibrent. Mais le retour aux commandes de riches non-diplômés et programmé."

[...]

"Au terme de ce livre, on a plutôt envie de se demander quelle crise surprenante et brutale permettra à nos pays vieillis, une remise à plat des compteurs et un redémarrage démocratique. Ou au contraire l'émergence, dans un monde toujours plus riche mais redevenu formidablement inégalitaire, de formes de domination souples et totales comme on n'en a jamais vu dans l'histoire."

(NB:  les mises en gras sont de moi. Z.)

Voilà.

Pas très optimiste, tout ça.

J'avoue que je ne le suis pas non plus et je ne suis pas tout seul (cf entre autres le livre d'Eric Verhaeghe dont j'ai déjà parlé ici).

Et ça fait un long moment que je vois venir une guerre civile et sociale généralisée.

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Car à moment donné, un catalyseur quelconque finira par allumer la mèche vers l'explosif social instable dans lequel nous baignons avec de plus en plus de conscience depuis que la "crise" est devenue chronique.


Comme disait avec justesse Alain Bertho :

"Une des raisons de l'exaspération, c'est que les préoccupations populaires ne sont pas mises à l'agenda politique officiel."

Cette exaspération croissante finira bien pas s'exprimer,

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Mais pas forcément en bien, et elle peut aussi être instrumentalisée (cf Aube Dorée en Grèce).

 

Mais encore, comme disait The Selecter en 1979 :

"Everyday... things are getting worse"

Déjà !

Mais ...

"Qui peut prédire quelle étincelle pourrait mettre le feu aux poudres?"

Et sur un mur de Paris :

politique,Piketty,Emmanuel Todd, Le capital au XXIe siècle,guerre civile, ploutocratie

Alors qui sait ?

...

Mais pas de quoi se réjouir d'avance.

Arf !

Zgur_



Voir aussi chez France Info : "La concentration du patrimoine est une menace pour la démocratie"


03/09/2013

Une heure avec Jacques Ellul, l'homme qui avait presque tout prevu

Billet revu et augmenté le 03.09.2013 à13h00


Dans son billet sur "La célébration du vide" du Grand Journal de Canal Plus, Authueil fait référence à un livre et à la pensée de Jacques Ellul.

La pensée d'Ellul est très intéressante mais j'avoue humblement que j'ai eu beaucoup de mal à lire en partie un de ses bouquins. Trop ardu pour moi.

Et il en a écrit une soixantaine !

Alors je me suis contenté de lire des articles sur lui ainsi que l'excellent bouquin de Jean-Luc Porquet dont je vous conseille vivement la lecture :

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Ou d'écouter ce qu'on trouve de lui

En voici pour presque une heure, très intéressante :


Extraits : 

"C'est un des aspects qui est très grave dans notre société, c'est que la technique ayant détruit tout ce que l'homme appelait ou considérait comme le sacré, dans la nature, etc., eh bien l'homme est spontanément amené à regarder la technique comme du sacré."

...

Je ne voudrais pas effectivement que mon discours soit trop pessimiste et trop fermé.

Je voudrais expliquer que l'homme étant encore, encore, un peu, un homme, ayant encore des besoins humains, étant encore capable d'amour, étant encore capable de pitié, étant encore capable d'amitié, ... et bien cet homme va - Est-ce qu'il va le faire ? Est-ce qu'il ne va pas le faire ? - prendre conscience de cette détermination par la technique, de cette suppression de ces obligations dans lesquelles il est engagé, de ces conditionnements techniques.

S'il prend conscience, alors là commence pour lui la liberté.

Parce que c'est lorsque nous prenons conscience de ce qui nous détermine que nous faisons le plus grand acte de liberté. A partir du moment où je suis capable de l'analyser comme j'analyserais un caillou comme j'analyserais n'importe quel objet, où je peux l'analyser ou je peux percer ses orientations à partir du moment où j'arrive à démonter les enchaînements de ce système technicien, et bien, c'est là que commence ma liberté.

Mais aussi, je sais que je suis déterminé, par ce système technicien.

...

Il faut toujours savoir que tout progrès technique se paie.
Que tout bonheur de l'homme se paie.
Et qu'il faut toujours se demander quel est le prix que l'on va payer.

Quand Hitler est arrivé au pouvoir, on a dit "Mais les allemands sont fous.  Ils ont tous été pour Hitler ou presque."
Bien sûr.
Hitler a fait disparaitre le chômage rapidement.
Il a redonné au Mark toute sa valeur très rapidement.
Il a fait multiplier brusquement la croissance économique très rapidement.
Comment voulez vous qu'une population peu informée et qui voit ces miracles économiques se produire, comment voulez-vous qu'elle soit contre ?
Il suffisait de se poser la question : Quel est le prix ?
Qu'est-ce  que l'on paye, ou qu'est-ce que l'on va payer en échange de ce progrès économique, de cette amélioration du Mark, de cette suppression du chômage etc.
Qu'est ce que ça va coûter ?
On se serait alors rendu compte que cela risquait de coûter très cher cette réussite là, mais ça, c'est typique de notre société moderne.

Alors que dans une société traditionnelle, on pose toujours cette question là. Toujours. C'est à dire, si je fait ceci qui perturbe l'ordre du monde, qu'est ce que cela va coûter ?"


Il a dit aussi quelque part :

 "Ce qui s'est produit a, presque chaque fois et dans tous les domaines, confirmé ce que j'avais prévu. Or, je ne puis m'en réjouir, ni m'en enorgueillir, car j'écrivais pour éviter qu'il en soit ainsi!"

 

Alors ? Ellul, un prophète de malheur ?

Ou (encore) quelqu'un trop en avance sur son temps et qu'on aurait du plus écouter ?


Arf !

Zgur_


28/08/2013

Pourquoi nous sommes mal payés

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Voici un premier extrait d'un livre que j'ai lu cet été et dont je vous reparlerai très prochainement :

    "..., l'idée que l'on doit mériter son salaire par l'effort n'imprègne pas d'emblée le tissu social. Les ouvriers eux-mêmes ne sont pas motivés par l'idée de "mériter" leur salaire. Comme le raconte André Gorz dans Les métamorphoses du travail*, le travailleur des premières manufactures n'a pas l'objectif de "travailler plus pour gagner plus", autrement dit de mériter son salaire par l'effort. Si on le paye davantage, il travaille moins : il travaille le temps qui lui est nécessaire pour vivre. D'où la stratégie des premiers capitalistes : payer les ouvriers une misère, afin qu'ils soient obligés de travailler pour vivre.

    Dans tous les cas, si les "libéraux" de l'époque des lumières attendaient l'avènement d'un  peuple de travailleurs indépendants, ce qui s'impose est bien plutôt la réalité d'un misérable prolétariat, littéralement condamné à la survie. Caractérisant le libéralisme économico-politique, l'idéal révolutionnaire du travailleur, sujet de droit, possédant sa force de travail, laisse place à l'idéal libéral (au sens d'un libéralisme cette fois purement économique) du travailleur comme "objet" dans le processus de production : un travailleur qu'il s'agit de bien gérer, de manière à assurer une productivité maximale. Le capitalisme transforme la "liberté de travailler" en une nouvelle forme d'esclavage, vidant de sont sens le "mérite" des textes et idéaux révolutionnaires."

Angélique Del Rey, "La tyrannie de l'évaluation",
ed. La Découverte, Paris 2013, pp 17-18

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Cet extrait n'est pas représentatif du contenu du livre d'Angélique Del Rey (non, rien à voir avec Lana ! ;0) mais si je savais déjà que "Travailler plus pour gagner plus" était une escroquerie (sarkozyste)**, j'ai appris qu'elle vient de loin.

Je reviendrai très vite sur le contenu de ce bouquin passionnant, qui explique et démystifie quelques croyances simplistes de nos sociétés du "mérite", et des classements et évaluations qui les sous-tendent soi-disant de façon "objective".

Ça cogne.

Dur.

Arf !

Zgur_

 

 

* André Gorz, Les Métamorphoses du travail, Gallimard, 2010

 

** Les gens les plus riches ne tirent pas de leur travail  la plus grande partie de leurs revenus , n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas, demandez donc à Mme Bettencourt qui n'a jamais travaillé. CQFD

 

 

 

 

04/04/2013

Philémon est orphelin et ma tristesse est grande

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Voilà.

Tristesse.

Fred, un des moustachus les plus sympas est mort.

Fred, le créateur d'un monde magique et poétique dont les "Aventures de Philémon" ne sont que la partie la plus émergée,

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Avec sa galerie de personnages les plus étonnants, comme le manu-manu

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Et plein d'autres.

Si vous ne les connaissez pas, découvrez-les vite ! Une réédition intégrale vous attend.

Et puis, il y a aussi les géniales aventures du "Corbac aux baskets"

Bande dessinée,Fred,Philemon,Manu Manu,Pilote,Corbac aux baskets

Et plein d'autres merveilles.

Comme dessinateur

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Ou comme scénariste

Bande dessinée,Fred,Philemon,Manu Manu,Pilote,Corbac aux baskets

 

Salut l'artiste.

Salut l'ami.

Tristesse.

Zgur_

 

 

 

 
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