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28/08/2013

Pourquoi nous sommes mal payés

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Voici un premier extrait d'un livre que j'ai lu cet été et dont je vous reparlerai très prochainement :

    "..., l'idée que l'on doit mériter son salaire par l'effort n'imprègne pas d'emblée le tissu social. Les ouvriers eux-mêmes ne sont pas motivés par l'idée de "mériter" leur salaire. Comme le raconte André Gorz dans Les métamorphoses du travail*, le travailleur des premières manufactures n'a pas l'objectif de "travailler plus pour gagner plus", autrement dit de mériter son salaire par l'effort. Si on le paye davantage, il travaille moins : il travaille le temps qui lui est nécessaire pour vivre. D'où la stratégie des premiers capitalistes : payer les ouvriers une misère, afin qu'ils soient obligés de travailler pour vivre.

    Dans tous les cas, si les "libéraux" de l'époque des lumières attendaient l'avènement d'un  peuple de travailleurs indépendants, ce qui s'impose est bien plutôt la réalité d'un misérable prolétariat, littéralement condamné à la survie. Caractérisant le libéralisme économico-politique, l'idéal révolutionnaire du travailleur, sujet de droit, possédant sa force de travail, laisse place à l'idéal libéral (au sens d'un libéralisme cette fois purement économique) du travailleur comme "objet" dans le processus de production : un travailleur qu'il s'agit de bien gérer, de manière à assurer une productivité maximale. Le capitalisme transforme la "liberté de travailler" en une nouvelle forme d'esclavage, vidant de sont sens le "mérite" des textes et idéaux révolutionnaires."

Angélique Del Rey, "La tyrannie de l'évaluation",
ed. La Découverte, Paris 2013, pp 17-18

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Cet extrait n'est pas représentatif du contenu du livre d'Angélique Del Rey (non, rien à voir avec Lana ! ;0) mais si je savais déjà que "Travailler plus pour gagner plus" était une escroquerie (sarkozyste)**, j'ai appris qu'elle vient de loin.

Je reviendrai très vite sur le contenu de ce bouquin passionnant, qui explique et démystifie quelques croyances simplistes de nos sociétés du "mérite", et des classements et évaluations qui les sous-tendent soi-disant de façon "objective".

Ça cogne.

Dur.

Arf !

Zgur_

 

 

* André Gorz, Les Métamorphoses du travail, Gallimard, 2010

 

** Les gens les plus riches ne tirent pas de leur travail  la plus grande partie de leurs revenus , n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas, demandez donc à Mme Bettencourt qui n'a jamais travaillé. CQFD

 

 

 

 

Commentaires

Je n'ai jamais compris pourquoi tant de gens se sont entichés de ce slogan, "travailler plus pour gagner plus". Pour ma part, dès que je l'ai entendu, je me suis fait la réflexion que c'était mauvais signe, et qu'il n'était pas question de revaloriser le travail, entendant par là qu'on ne lui donnerai pas plus de valeur en espèces sonnantes et trébuchantes. Ce truc, pour moi, a été une arnaque de première grandeur, au point qu'il y a des gens qui y succombent encore.

Écrit par : Zap Pow | 28/08/2013

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