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22/05/2008

Giscard, inventeur du gestionnaire castré

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Cela fait 34 ans que Giscard a été élu à l'Elysée, comme l'a rappellé Guy Birenbaum le jour anniversaire de cette élection le 19 mai.

Dans l'excellent livre de l'excellent John Saul "Mort de la mondialisation" (dont j'ai déjà parlé et sur lequel je reviendrai bientôt), j'ai trouvé ce cinglant portrait de Giscard qui méritait plus qu'une simple citation en commentaire chez Birenbaum :

"Giscard représentait un nouveau style d'homme politique. C'était le spécialiste. L'homme qui pouvait vous débarrasser de vos soucis grâce à son expertise financière. En comparaison de dirigeants comme Charles de Gaulle ou Konrad Adenauer - qui intégraient les sentiments des citoyens à leurs vastes schémas - c'était un dirigeant calme, dépassionné, moderne. Et même postmoderne. C'était le visage même de l'Etat-nation postnationaliste.

Cependant Giscard est parvenu au pouvoir en plein milieu des crises fondatrices du pétrole, de l'inflation, du chômage et de l'absence de croissance. Il a contre attaqué du ieux que pouvait un technocrate, c'est à dire sans le moindre impact. Les taux d'intérêt étaient si élevés qu'ils acculaient à la faillite le secteur privé sans pour autant permettre de contrôler l'inflation. Giscard est devenu perplexe, découragé.
Et puis un soir, il est apparu à la télévision pour s'adresser aux gens. Il leur a annoncé que de grandes forces globales étaient à l'œuvre. C'étaient des forces nouvelles. Des forces inévitables. Des forces tenant à l'interdépendance économique. un gouvernement national n'y pouvait pas grand chose,. Il était impuissant.

Cette apparition historique a sans doute représenté la déclaration initiale présentant la globalisation comme une force échappant au contrôle des hommes. Ce fut aussi l'invention du nouveau dirigeant : le gestionnaire castré. Cette vision a créé une vraie mode chez les dirigeants à tous les niveaux. La réponse facile à la plupart des problèmes difficiles consistait à se lamenter publiquement d'être sans pouvoir. Impuissants. [...] Ce n'étaient pas des problèmes à résoudre. C'étaient des manifestations de la réalité globale. Avec ses amis dirigeants ou gestionnaires dans d'autres pays, tout juste pouvait-on du mieux possible arrondir les angle grâce au management des détails."

 in John Saul "Mort de la globalisation" Payot 2006 pp 130-131

 
Sinon pour moi, l'élection de Giscard en 1974, c'est la vérification du pronostic électoral de ma maman qui avait dit "S'il se présente, il sera élu". C'est aussi la rumeur de la maladie qui aurait du limiter son mandat à un an ! Le syndrôme du mensonge médical pompidolien, sans doute.

Souvenirs partiels de jeunesse. Il faut dire qu'à l'époque, j'étais plus intéressé par le foot que par la politique.

Cela m'a vraiment passé.

Arf !

Zgur 

 

L'illustration est la couverture  par Wolinski d'un livre paru en 1975.

18/05/2008

Lectures du week-end

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Je n'ai pas beaucoup de temps ni de courage pour écrire quelque chose de vraiment à la hauteur de mes exigences. Alors je me contenterai de quelques citations d'articles ou de livres lus ce week-end.

Suivez les liens, le reste est intéressant aussi.

 "La plupart du temps, ce qu’on appelle la gauche, disons sa branche institutionnelle, se propose de faire la même chose que la droite, parfois un peu moins brutalement : c’est-à-dire, sur le plan interne, libéraliser et, au niveau international, s’ingérer dans les affaires intérieures des autres pays et, en fait, suivre les Etats-Unis. Et pour ce qui est de la gauche dite "radicale", elle se caractérise par un irréalisme extrême, une attitude quasi-religieuse, qui se traduit par des slogans, tels que "un autre monde est possible", sans préciser lequel ni surtout comment le construire ou "régulariser tous les sans papiers" (c’est-à-dire, en pratique, abolir tout simplement les frontières) ) par opposition à des régularisations partielles, qu’il faut évidemment soutenir autant que possible"

[...]

"Allant à l’encontre de ce modèle [américain], il faut approfondir le "modèle européen" de bien-être social, qui donne la priorité non pas à notre "compétitivité", en favorisant les profits, mais aux besoins de nos propres travailleurs, malades, retraités et enfants. Il faut fonder la cohésion sociale sur l’égalité et la sécurité d’existence."

Jean Bricmont, dans legrandsoir.info


"Défendre la common decency, c’est [...] défendre l’idée que l’égoïsme, l’esprit de calcul et la volonté de dominer ou d’exploiter ses semblables ont une valeur morale nécessairement inférieure à la générosité, l’honnêteté (ce qui inclut, naturellement, l’honnêteté intellectuelle), la bienveillance ou l’esprit de coopération. La mise en oeuvre quotidienne de ces vertus humaines de base, qui s’enracinent comme on le sait depuis Mauss dans la triple obligation immémoriale de « donner, recevoir et rendre » - fondement de tout lien social réellement humain - ne saurait en aucun cas être confondue avec cette adhésion purement idéologique à un catéchisme particulier, qui est presque toujours le masque du désir de pouvoir et des passions tristes."
Jean-Claude Michéa, à propos de son livre "L’Empire du moindre mal, essai sur la civilisation libérale" (Climats/Flammarion, 210 p., 19€) dans contreinfo.info

 

"Dans le monde animal nous avons vu que la grande majorité des espèces vivent en société et qu'ils trouvent dans l'association leurs meilleures armes dans la lutte pour la survie : bien entendu et dans un sens largement darwinien, il ne s'agit pas simplement d'une lutte pour s'assurer des moyens de subsistance, mais d'une lutte contre les conditions naturelles défavorables aux espèces.
Les espèces animales au sein desquelles la lutte individuelle a été réduite au minimum et où la pratique de l'aide mutuelle a atteint son plus grand développement sont invariablement plus nombreuses, plus prospères et les plus ouvertes au progrès. La protection mutuelle obtenue dans ce cas, la possibilité d'atteindre un âge d'or et d'accumuler de l'expérience, le plus haut développement intellectuel et l'évolution positive des habitudes sociales, assurent le maintien des espèces, leur extension et leur évolution future. Les espèces asociales, au contraire, sont condamnées à s'éteindre. "
Pierre Kropotkine dans "L'entraide, un facteur de l'évolution" (1902), Conclusion.

 

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J'ai aussi écouté avec intérêt Denis Robert qui était l'invité de Eclectik sur France Inter, disponible à l'écoute pendant une semaine ici  

Paz y Salud

Zgur 

 

 

 

17/05/2008

La peste et l'antidote

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"Je viens de lire le "Grenelle de l'environnement. Quelle poilade!" 

 

 

 "Je souhaiterais vous faire part d’une révélation surprenante.

J’ai longtemps observé les humains. Et ce qui m’est apparu, quand j’ai tenté de qualifier votre espèce, c’est que, vous n’étiez pas réellement des mammifères.

Tous les mammifères sur cette planète, ont contribué au développement naturel d’un équilibre avec le reste de leur environnement.

Mais vous, les humains, vous êtes différents.

Vous vous installez quelque part, et vous vous multipliez. Vous vous multipliez jusqu’à ce que toutes vos ressources naturelles soient épuisées. Et votre seul espoir de réussir à survivre, c’est de vous déplacer jusqu’à un autre endroit…

Il y a d’autres organismes sur cette planète qui ont adopté cette méthode.

Vous savez lesquels ?

Les virus.

Les humains sont une maladie contagieuse, le cancer de cette planète.

Vous êtes la peste, et nous, nous sommes l’antidote."

Monologue de l'agent Smith dans Matrix

 

Je vois qui est la peste (un bel exemple cité chez Me Eolas, un autre exemple buzzé par SuperNo), mais je me demande encore ce que peut être l'antidote.

Arf !

Zgur 

 

 


10/05/2008

Remontons la rivière de la rumba avec le merveilleux Wendo Kolosoy

(originellement publié le 29 septembre 2007 et mis à jour le 10 mai 2008) 

 

Allez, pour le week-end, un peu d'étrange beauté dans ce monde brutal. 

 

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Bientôt  Le 14 mai 2008 sortira en France le film documentaire consacré à Wendo Kolosoy,

"On the rumba river"

   

 

La musique de Wendo Kolosoy  est envoutante et entêtante.

Le film a l'air vraiment bien.

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La bande son du film est disponible chez Marabi.

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Grâces soient rendues à Christian Mousset

le créateur du festival des Musiques Métisses d'Angoulême.

 

Zgur

 

En savoir plus:

Wendo Kolosoy sur Mondomix

Le magnifique site du film "On the rumba river"  allez y voir, ça vaut vraiment le détour.

 

 

08/05/2008

TINA est une grosse salope ... et menteuse en plus

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En réponse à quelques commentaires quasi désespérés (de cui cui, tgb, coccinelle)  à mon billet précédent, je pourrai proposer de lire les "Que faire ?" de  Nikolaï Tchernychevsky ou de Lenine.

Mais ces textes, malgré leur interêt certain, datent d'une autre époque et l'un d'eux a fait l'objet d'une exprérimentation politique peu concluante.

Toutefois, je viens de commencer un livre de John Saul qui devrait nous redonner un peu d'espoir.

Extrait :

"Le fait de croire en la possibilité de changer représente quelque chose de bien précis.  Cela signifie que nous croyons en la réalité du choix,  que nous croyons qu'il existe bel et bien des choix, que nous avons le pouvoir de choisir dans l'espoir de rendre la socété meilleure. [...] Au coeur même de l'idée de civilisation en tant que projet commun, il y a la conviction que les citoyens possèdent ce pouvoir de choisir. Et plus les gens croient qu'il existe des choix rééls, plus ils veulent voter - acte minimal - et, ce qui est important, plus ils veulent s'impliquer dans la société."  (p. 13)

 

Parce que si tu ne t'occupes pas de politique, la politque s'occupe de toi quand même. 

Et TINA, cette grosse salope menteuse, n'est pas une fatalité.

Juste une idée (bien) reçue dans les sphères des gens actuellement au pouvoir.

 

Ajout de 19h30

J'ai continué ma lecture cet après midi :

"Croire en la réalité du choix est l'une des caractéristiques les plus fondamentales du pouvoir. Assez curieusement, beaucoup d'individus qui pensent être des leaders trouvent cette réalité très exigeante. Ils croient que leur boulot consiste à comprendre le pouvoir et le management, et peut-être à apporter des corrections mineures dans ce qu'ils pensent être le cours des évènements. Mais ils tiennent pour assurées les vérités dominantes du jour et sont donc fondamentalement passifs.

Par suite, c'est la réalité qui leur impose un changement. Ou bien on les remplace"

[...]

"Quest ce que la barbarie ?

C'est davantage que de la violence physique. Plus profondément, c'est un atteinte à la confiance en soi individuelle. C'est notre confiance en nous qui nous permet de discerner dans la complexité et l'incertitude de la réalité quelque chose de positif, de façon à ne pas être effrayés par la possibilité de choisir. La barbarie peut être considérée comme une violence infligée à la vision que l'individu a de lui-même comme citoyen. Et cette violence vient de la croyance selon laquelle la vérité s'est révélée par elle-même. Une vérité religieuse, une vérité raciale, une vérité économique.  Même une vérité scientifique. L'adjectif ne compte guère.

A la fausse lumière de la vérité , l'histoire s'étiole et semble toucher à sa fin. Le destin, semble-t-il, oeuvre implacablement. Et le pouvoir décline; plus de choix ni de civisme. Au lieu de cela, on privilégie l'exercice rafiné du pouvoir, qu'on peut acquérir et conserver en surfant habilement sur la vague de l'inévitable. " (pp. 21-22)

"Surfer habilement sur la vague de l'inévitable", ça me rappelle furieusement quelques uns.

Ce bouquin est décidément très intéressant et en phase avec ce que nous vivons.

 

Zgur

 

 

En savoir plus 

Sur John Saul :  biographie sur wikipedia, en anglais

en français sur l'encyclopédie canadienne

Site officiel : www.johnsaul.com C'est un homonyme

Je vous conseille aussi son livre "Le compagnon du doute", chez Payot,  excellent. 

06/05/2008

Mauvais anniversaire !

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Chers français, 

Il y a dans ce pays une fracture ...

Mwarf ! On se  croirait il a plus de douze ans quand l'ancien détenteur du titre national de SuperMenteur se répendait contre l'énarchie avant de ne composer que d'énarques (sauf un) son premier cabinet de président de la république.

Vous êtes aujourd'hui mécontents de Sarkozy et sa clique de bras cassés ?

Vous êtes déçus du sarkozysme et de son chef, le président du pouvoir d'achat qui ne  trouve pas d'argent pour vous qui en avez besoin dans les caisses qui seraient vides, mais qui en trouve pour ceux qui en avaient déjà.

 

BIEN FAIT POUR VOTRE GUEULE !

Vous ne pouvez pas dire que vous n'étiez pas prévenus.

FALLAIT PAS L'INVITER  !

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Ceci dit, on peut se demander on nous en serions si c'était Ségolène Royal qui avait été élue.

Elle serait sans doute presque aussi bas dans les  sondages. 

Elle aurait sans doute abandonné de nombreuses mesures de son programme électoral - qu'elle a d'ailleurs renié juste près l'élection - et mis plus de vaseline pour nous préparer à la mondialisation "heureuse" et "inévtable".

Mais il est clair que dans le camps d'en face, ils ne se regarderaient pas le nombril et taperaient sans retenue sur la politique de ce gouvernement (si peu) socialiste.

Mais dans le monde réél de la France sous Sarkozy, ils sont échoués où les "socialistes"

A jouer la remballe de leur viande avariée, croyant sans doute que changer l'emballage ou leur nom allait  duper l'odorat de l'électeur devenu méfiant.

 

Alors, préparons nous pour quatre ans supplémentaire de casse.

Putain, quatre ans, comme reprend Marianne

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Putain, quatre ans !

Il n'y a pourtant pas de quoi trop rigoler en voyant les dégats d'une première année.

Arf !

 

Zgur

 

05/05/2008

Marianne Faithfull sur France Inter, ma récompense de fin de semaine

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Je suis tombé par hasard ce week end sur l'émission de Rebecca Manzoni Eklectik sur France Inter.

Elle recevait Marianne Faithfull.

Et ce fut une heure (ou presque) de pur bonheur.

Comme je suis bon et généreux (parfois), voici le lien où vous pourrez écouter cette émission pendant 45 jours après sa diffusion initiale:

 

Et en bonus, un bon morceau de 1979 "Broken English", clippé par Derek Jarman :

 

 

 

Enjoy !

Paz y salud ! 

Zgur

01/05/2008

La boisson officielle des social-traitres

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Eh oui.

Le capitalisme recycle tout.

En toute liberthé

Arf !

 

Zgur

 

 
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